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Politique

"Un appareil CO2 dans chaque classe" : qui va les fournir (et les payer ?)

07 déc. 2021 à 06:00Temps de lecture2 min
Par Johanne Montay

C’était l’une des décisions du dernier Comité de concertation, le 3 décembre dernier : "Les écoles auront l’obligation d’utiliser dès la semaine prochaine (ndlr : donc, au moment d’écrire ces lignes) des appareils de mesure du CO2 dans chaque classe ou local où se réunissent de nombreuses personnes."

La norme cible idéale pour la qualité de l’air intérieur est en effet une concentration de CO2 inférieure à 900 ppm (pour "parties par million"). Mais si l’air extérieur a déjà une concentration de CO2 supérieure à 400 ppm, on peut monter plus haut, et "une norme admissible de 1200 ppm peut-être prévue", taux à partir duquel il conviendra d’aérer ou ventiler le local.

Qui va payer ?

Une circulaire "informative", signée de la Ministre de l’Education Caroline Désir et du Ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Frédéric Daerden, datant déjà du 26 novembre dernier, a été adressée aux établissements et pouvoir organisateurs concernés. La Fédération a dégagé une première enveloppe budgétaire d’à peu près 3.000.000 d’euros pour soutenir les établissements d’enseignement dans l’achat de ce matériel.

La circulaire pointe assez vite la nécessiter d’élaborer une stratégie de priorisation, "compte tenu des délais d’acquisition de ces dispositifs sur un marché qui connaît une tension importante". En clair, il faudra choisir les locaux où l’utilisation des détecteurs de CO2 est la plus indiquée.

Combien ?

L’enseignement fondamental ordinaire et spécialisé bénéficiera d’un droit de tirage de 50 euros par tranche de 15 élèves ; l’enseignement secondaire, de 50 euros par tranche de 30 élèves ; pour l’enseignement supérieur artistique à horaire réduit, de 50 euros par tranche de 80 élèves.

Qui les fournit ?

La Fédération Wallonie-Bruxelles n’a pas passé de marché. A charge pour les pouvoirs organisateurs des écoles d’acquérir les détecteurs de CO2. Ils devront d’abord effectuer une analyse de risque ou s’engager à en faire effectuer une dans un délai de 6 mois.


►►►A lire aussi : "Où sont les détecteurs de CO2 dans les écoles" s’interroge Leïla Belkhir, infectiologue à Saint-Luc


Le problème, explique le SeGEC, le secrétariat général de l’enseignement catholique, c’est qu’il y a une grosse pénurie sur le marché. Via sa centrale d’achats, le SeGEC a mis la main sur 500 détecteurs, aussitôt commandés, aussitôt répartis. Il en a trouvé 1000 supplémentaires pour le 15 janvier, et 1500 encore pour le 25 janvier. Au total, cela ferait, pour le réseau catholique, 3000 CO2 mètres pour ses écoles, à condition que tous les appareils soient livrés dans les temps.

Chaque pouvoir organisateur, de chaque réseau, doit effectuer la même chasse aux appareils. Le vœu fédéral d’un détecteur de CO2 par classe dès ce lundi 6 décembre semble donc bien irréaliste.

 

Sur le même sujet: JT 07/12/2021

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