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Un Belge inscrit son nom dans l’histoire de Questions pour un Champion : il a atteint un record de victoires d’affilée

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29 sept. 2022 à 09:53 - mise à jour 30 sept. 2022 à 07:22Temps de lecture4 min
Par Ambroise Carton

- "Charles Plumier ?"

- "Bégonia !"

- "Hop hop hop hop hop !"

On pourrait croire à une partie de Kamoulox, mais c’est bien de Questions pour un Champion qu’il est question ici. En répondant à une question sur Charles Plumier qui a choisi le nom des bégonias donc, Nicolas, un Belge d’une trentaine d’années, a égalé le record de victoires d’affilée dans l’histoire du jeu. Un record jusqu’ici détenu sans partage par une certaine Aude.

"C’est énorme, c’est tellement difficile de gagner ici. C’est égalé ce soir", a réagi un Samuel Etienne ébahi. Et Nicolas ne s’arrêtera pas là puisqu’il a choisi de continuer l’aventure pour une quinzième émission.

"Jusqu’où ira-t-il, c’est très rare ce genre de parcours dans ce jeu", s’étonnait quelques jours plus tôt le présentateur de Questions pour un Champion sur France 3. Un parcours rarement vu dans un jeu exigeant tant au niveau mental que physique.

N’essayez pas de le coller sur une question de géographie ou de botanique, il connaît tout – ou presque – sur tout. Il faut dire que Nicolas n’en est pas à son coup d’essai. Sa première participation, victorieuse, remonte à 2012. A l’époque, il choisit de partir après une seule victoire. Mais c’est pour mieux revenir quelques années plus tard, notamment lors d’une spéciale "langue française" qu’il remporte en 2018.

Tout commence donc cette fois-ci le 12 septembre, quand celui qui enseigne le français en Croatie élimine le champion en titre. Cinq émissions plus tard, Nicolas décroche la cagnotte. Celle-ci s’élève alors à 20.800 euros, une somme certes dérisoire quand on la compare aux montants offerts sur d’autres chaînes françaises.

Il y a quelques mois encore, il aurait dû s’arrêter là. Mais une règle introduite l’an dernier permet au candidat qui remporte la cagnotte de rester tant qu’il le souhaite. La cagnotte est acquise, chaque nouvelle victoire rapporte 500 euros supplémentaires au gagnant. En cas de défaite, il repartira avec les traditionnels Larousse offerts aux perdants.

Une préparation "sur le temps long"

Pour enchaîner autant de victoires à la suite, le Belge originaire de Froidchapelle a mis toutes les chances de son côté et compare sa préparation à celle d’un sportif avant une Olympiade. La production impose un break de deux ans entre chaque participation. Depuis Zagreb où il vit, il a donc mis ce temps à profit pour se préparer. Et pas à moitié.

"La dernière fois, j’avais perdu au Super Champion au premier face-à-face, donc pas en finale. J’avais senti qu’il me manquait un niveau pour aller plus loin. J’avais deux ans devant moi, je me suis dit que j’allais me préparer sur le temps long", nous raconte-t-il.

Habitué de l’émission et féru de culture générale, le jeune homme qui a récemment publié son premier roman cible les thèmes les plus courants. Grâce à Anki, un logiciel open source qui permet de créer des sortes de fiches virtuelles, il se teste tous les jours et sort de sa zone de confort. "La culture générale n’est pas universelle. Questions pour un Champion, c’est très franco-français. Je me suis intéressé au sport français même si ça ne m’intéressait pas."

13 participations et autant de chemises.
13 participations et autant de chemises. © Tous droits réservés

A l’inverse, "il y a peu de questions sur la culture geek. Les people actuels, il y en a de temps en temps. Mais le gros des questions c’est tout ce qui est de la génération des années 60", s’amuse cet ancien étudiant en lettres. En phase avec le public de l’émission à cette heure-là sur France 3 ?

Et puis il y a les questions classiques qui s’apprennent par listes : les Oscars, les César, les palmes d’or… Autant de connaissances qu’on peut optimiser pour ne pas partir dans tous les sens. "En cinéma, il y a davantage de questions sur le festival de Cannes que sur ceux de Venise ou Berlin", analyse-t-il.

Affronter des candidats moins fatigués

Voilà pour la culture générale. Reste à gérer la culture physique. Car un tel enchaînement ne s’improvise pas. On le sait peu, mais les émissions sont enregistrées en banlieue parisienne les unes à la suite des autres. Parfois jusqu’à six par jour presque sans interruption. Soit plusieurs heures debout les mains sur le champignon.

Quand le gagnant lance le traditionnel "je reste" à la fin, il doit aussitôt enchaîner pour une nouvelle émission où il repart de zéro avec des candidats plus frais que lui. On est loin de "Tout le monde veut prendre sa place" sur France 2 ou "Les 12 coups de midi" sur TF1 où le champion garde un avantage sur les nouveaux venus en intervenant qu’à la fin de la partie.

Ce professeur de français s’est donc entraîné à buzzer rapidement, à ranger ses connaissances correctement pour les sortir avant ses concurrents (par exemple en donnant uniquement des noms de famille en guise de réponse pour éviter de s’embrouiller avec les prénoms). "Je suis aussi allé dans quatre clubs de fans de Questions pour un Champion : à Châtelet, à Lasne, à Locon (près de Béthune, dans le Nord de la France) et Saint-Amand-les-Eaux (au nord de Valenciennes)."

Avant de commencer les enregistrements, Nicolas était confiant : "Je savais que j’avais atteint un niveau qui me permettait de faire un gros résultat. Mon vrai objectif c’était de faire 5 émissions et de gagner la cagnotte". Premier objectif largement dépassé donc.

"Si tu joues un match de Questions pour un champion, tu cours un sprint. Toute la journée, c’est un marathon. Après le match, il y a le risque de se relâcher. Il ne faut pas et rester concentré à chaque fois. Tout seul, je n’y serais pas arrivé. Physiquement et nerveusement c’est vraiment très dur", rejoue-t-il.

Deux Nicola(s) entourent un Samuel Etienne.

Un assistant dans les coulisses

Nicolas n’est pas venu seul pour affronter les questions de Samuel Etienne. Un ami s’est joint à lui le premier jour pour l’encourager. Puis, comme les enregistrements s’étalaient sur plusieurs jours, un second est venu le remplacer au pied levé. Cet assistant, c’est Nicola (sans "s" à la fin celui-là). Ce coach sportif improvisé resitue l’action : "J’étais là pour l’encourager à fond, le mettre en mode sportif, en mode 'faut te battre sur tous les points'. Je lui amenais à boire, je lui amenais des oranges. Je vérifiais avec la costumière sa prochaine chemise…"

Nicolas jouera donc pour la quinzième fois ce vendredi 30 septembre. Sa dernière prestation ? Mystère. Ce qui est sûr, c’est qu’il a terminé sa course sur les genoux. "Je suis sorti de là dans un état de fatigue que je n’avais jamais connu dans ma vie", souffle-t-il. Et de glisser cette lapalissade : "Bien sûr, il y a toujours un moment où on perd : ça peut être la 20e ou la 2e."

Et tout ça se déroule sous le regard bienveillant de Samuel Etienne "très sympa, très relax" en studio comme dans la vie. "Il est gentil avec tout le monde. Il ne souhaite la défaite de personne." Comme dans un marathon.

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