RTBFPasser au contenu
Rechercher

Régions Brabant wallon

Un bout d’Italie à Rebecq après 20 ans de jumelage avec Monghidoro et des souvenirs d'immigration italienne

Une exposition consacrée aux ouvrier italiens venus travailler aux carrières de Quenast retrace l'incroyable histoire entre les deux villages qui fêtent aujourd'hui une amitié profonde.

Rebecq-Monghidoro, deux noms de villages ! Rebecq en Brabant wallon, Monghidoro, en Italie, près de Bologne. Deux noms, deux destins et bien plus qu’un simple jumelage ! Entre l’entité wallonne et le village italien, c’est une véritable histoire d’amour qui ne date pas d’hier, mais qui n’a pas pris une ride.

Ce dimanche et ce lundi, une délégation italienne célèbre à Rebecq le 20e anniversaire d’un jumelage officiel et hors norme. Les relations entre les deux villages sont étroites, pratiquement familiales et porteuses d’espoir.

Dans les faits, les relations entre les deux villages remontent à 1929 quand des Italiens décident de fuir le régime fasciste. Plusieurs d’entre eux trouvent refuge à Rebecq et dans les environs. Mais c’est surtout à partir de 1946 que l’histoire amicale des deux villages débute véritablement, année où les premiers ouvriers italiens quittent Monghidoro pour venir travailler à la carrière de Quenast, la plus grande carrière à ciel ouvert d’Europe. En dépit d’une vie très difficile, malgré l’accueil glacial de certains Wallons de l’époque, les échanges entre les deux entités vont se multiplier au fil des ans. Les liens se renforcent. Au point qu’il y a 20 ans, les autorités locales décident d’officialiser un véritable jumelage. Des liens forts. Qui semblent se renforcer au fil des ans !

De l’Italie aux carrières de Quenast

"En 1946, 33 jeunes hommes ont quitté l’Italie pour venir travailler ici, dans les carrières de Quenast", explique Patricia Venturelli, bourgmestre de Rebecq et fille d’un italien de Monghidoro. "Ce n’était pas une vie facile. Mais progressivement, des liens se sont créés. Des échanges culturels, sportifs, associatifs et familiaux ont eu lieu. Dans un sens et dans l’autre. Rebecq a donc décidé d’officialiser ces liens. Et aujourd’hui, je suis heureuse d’accueillir la délégation italienne pour ses 20 ans de charte marquant l’amitié entre nos villages. Plusieurs élus de Rebecq ont des origines italiennes. Mon père, tout comme le père du Président du CPAS Marino Marchetti, est originaire de Monghidoro".

Une maire à l’honneur

Parmi les membres de la délégation italienne présente à Rebecq : la maire de Monghidoro, Barbara Panzacchi. "Ces 20 ans de jumelage et ce passé d’immigration, c’est une histoire d’amitié et de cœur avec notre pays", explique la maire, visiblement enchantée de l’accueil réservé à la délégation.

Pour le député wallon Dimitri Legasse, ce jumelage représente beaucoup. "C’est plus qu’un simple échange. Il y a plus que des liens liés à cette immigration au travail. Il y a des mariages, il y a des plats, des plaisirs partagés, il y a des chansons, etc… C’est indescriptible !"

Des liens pérennes

En 1946, comme le prouvent les clichés de l’époque (cfr photos d’une exposition consacrée à l’immigration italienne à Rebecq), les ouvriers italiens n’ont pas eu la vie facile. Mais aujourd’hui, les deux communautés soulignent surtout l’amitié belgo-italienne. "C’est extraordinaire de voir que ces liens traversent les années et se renforcent au cours du temps. Aujourd’hui, à Rebecq, vous avez un tiers de personnes d’origine italienne, des restos italiens, etc…", souligne Sophie, petite-fille d’un ouvrier italien.

Croire en l’avenir

"Cette force qui lie les deux communautés est vraiment importante", commente Sarah Berti, autrice d’une série d’ouvrages sur le sujet et fille d’un ancien travailleur immigré qui a gravi les échelons pour devenir directeur des carrières de Quenast. "Il est capital de nouer des liens entre communautés, de partager, de se respecter. C’est la connaissance de l’autre qui permet de dépasser les préjugés. Le partage des cultures est d’autant plus important que nous vivons dans un monde en crise. Il faut plus que jamais jeter des ponts entre les communautés, car la paix, c’est quand même ce qu’il y a de plus important".

Aujourd’hui, un tiers des habitants de Rebecq a des origines italiennes. Les liens sont familiaux, porteurs d’espoir, dans un monde confronté à d’énormes défis.
Et pour se replonger dans l’histoire de l’amitié entre les deux villages, une belle exposition de photos et d’objets est à découvrir au Moulin d’Arenberg, dans le centre de Rebecq.

Articles recommandés pour vous