Mode

Un défilé de mode pour changer le regard sur les seniors

Un défilé de mode pour changer le regard sur les seniors.

© Fabio Formaggio/EyeEm

27 oct. 2022 à 09:00Temps de lecture3 min
Par RTBF avec AFP

En parallèle d’un rapport sur la vie affective, intime et sexuelle des personnes âgées, l'association Les Petits Frères des Pauvres (France) organise un défilé baptisé "Un autre Regard sur la Vieillesse". L'objectif, combattre l’âgisme et faire voler en éclats toutes les injonctions autour de la vieillesse. Interview.

Les personnes âgées seront mises à l’honneur lors d’un défilé organisé par Les Petits Frères des Pauvres. Cet événement se tiendra le 27 octobre au cœur de Paris et sera "marrainé" par la mannequin et influenceuse Caroline Ida. L'idée ? Lutter contre les idées reçues et les diktats liés à l'âge. Un combat que l'association mène au quotidien via son tiers lieu "Au 19|46", où elle organise une programmation culturelle pour changer le regard sur les personnes âgées à travers des expositions et des débats.

En parallèle de ce défilé, Les Petits Frères des Pauvres ont mené une enquête sur la vie affective, intime et sexuelle des personnes âgées. On y apprend que 71% des sondés estiment qu’un corps qui vieillit peut rester désirable. "Cet événement écoresponsable a pour objectif de mettre le corps des seniors à l'honneur" explique Fanny Berriau, coordinatrice nationale des événements de l'association, qui revient sur la genèse de ce show d'un nouveau genre et nous parle de l'importance de lutter contre les discriminations liées à l'âge.

La mode est-elle un outil pour lutter contre l'âgisme ? 

La mode est un outil d’expression pour lutter contre toute forme de discrimination. Je pense qu'on est tous témoins que l'univers de la mode est en train d'évoluer, notamment sur le profil des mannequins. Maintenant, on se tourne vers des mannequins plus rondes, des mannequins seniors. C'est le cas de l’influenceuse Caroline Ida, qui marraine ce défilé et qui lutte contre l’âgisme. La mode peut être un moyen de lutter contre ça, et contre les représentations collectives chez soi, par rapport aux aînés, mais aussi par rapport aux femmes qui peuvent avoir le sentiment d'être différentes. C’est un changement de regard collectif. 

Il y a de plus en plus de mannequins de plus de 50 ans dans les magazines. Est-ce que vous pensez que les choses avancent doucement ? 

Je ne prétends pas avoir un regard d'expert, mon métier étant le social et le secteur associatif. J'ai un regard sur la mode relativement extérieur. Ce que j'en perçois, c'est qu’il y a du changement. Que ce soit sur les podiums, les défilés ou les magazines, il y a des mannequins avec une taille 44. Je pense qu'il y a eu une évolution qui s'est faite dans un premier temps sur la couleur de peau et progressivement qui arrive sur les standards du corps. De plus en plus, ce sont des femmes qui ressemblent à la femme française standard. 

Maintenant, il me semble que l’âge est un peu plus pris en compte en mettant en exergue des mannequins seniors. Et Caroline Ida me semble être un exemple assez notable. Elle a fait la couverture de la marque de lingerie Darjeeling il y a quelques mois. Elle était sur tous les abribus, tous les affichages publics. Cette femme a plus de 60 ans et elle pose pour de la lingerie. De mon œil extérieur, je vois un changement qui se fait petit à petit.

Pour organiser ce défilé, vous avez été en contact avec l'école de mode LISAA (L'Institut Supérieur des Arts Appliqués). Faire travailler les nouvelles générations sur cette thématique peut-il aider à changer les mentalités ?

C’est notre partenaire principal pour l’événement. On a lancé l'ouverture de l'année scolaire avec les 3e année par ce projet. C’était nouveau pour eux. Certains étudiants nous ont dit : "C’est le plus beau projet qu’on ait fait. Il donne du sens à la création. C'est exigeant et les personnes âgées sont trop mignonnes". Ils le disent avec leurs mots mais on sent qu’il y a une sensibilité chez les jeunes générations, contrairement à ce qu'on voudrait laisser croire. Les jeunes sont sensibles, sont engagés et veulent faire bouger les choses, pas seulement dans le domaine de l'écologie. 

C'était important pour vous d'avoir une démarche écologique pour cet événement ?

L'idée de départ était bien de récupérer des objets ou tissus donnés à l'association et de fournir ces éléments aux étudiants comme matière première. On n'a rien acheté, rien n'est neuf. Ces productions seront créées avec des objets de récupération et le fruit de leur créativité. 

Pour nous, c’était important aussi en termes de visibilité. On savait que c'était un événement qui allait être visible et on ne voulait pas que cela puisse nous être reproché. On ne pouvait pas faire l’impasse sur l’écologie. C'est une dimension très importante mais moins mise en avant que la lutte contre l’âgisme puisque ce n'est pas notre premier combat.

Il est possible de suivre le défilé en direct sur YouTube ou Facebook

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