Environnement

Un échantillon de fruit sur trois contaminé au pesticide en Belgique ? L’Afsca nuance

24 mai 2022 à 14:43Temps de lecture2 min
Par Jean-François Noulet, avec M. Delporte

Distinction entre présence de résidus et limite maximale de résidus

Après les révélations de Pan Europe sur la présence de résidus de pesticides dans les fruits en Europe, l’AFSCA, responsable des contrôles sanitaires en Belgique apporte des nuances. D’abord, explique sa porte-parole, Aline Van den Broeck, "il est important de faire une distinction entre la notion de présence de résidus et celle de dépassement de la limite maximale de résidus". "Les limites maximales de résidus sont fixées par la législation européenne et sont là pour protéger la santé des consommateurs, mais elles ne sont pas des limites toxicologiques", ajoute la porte-parole de l’Afsca. "Il y a encore une marge de sécurité qui est fixée entre les limites maximales de résidus et un éventuel risque pour le consommateur", poursuit Aline Van den Broeck.

Les produits détectés ne sont pas forcément interdits

Autre nuance apportée par l’AFSCA, elle porte sur les produits phytopharmaceutiques. L’étude de Pan Europe épingle des produits de ce type interdits. "Ce n’est pas le cas", selon la porte-parole de l’Afsca. "Ce sont en fait des produits phytopharmaceutiques pour lesquels une alternative est, de préférence, utilisée", explique-t-elle. "Donc, il n’est pas anormal que ces produits qui ne sont pas interdits soient présents dans certaines denrées alimentaires", ajoute-t-elle.

 

Des contrôles plus nombreux en Belgique et donc, plus de détections

Si la Belgique est pointée comme des mauvais élèves de l’Europe par l’étude de Pan Europe, c’est explique-t-on du côté de l’Afsca, en raison de sa politique de contrôles sanitaires. "En 2020, nous avons contrôlé 3885 échantillons dans lesquels on a cherché des résidus de produits phytosanitaires. Pour chacune de ces analyses d’échantillons, on a analysé près de 400 molécules différentes et parfois même, jusqu’à 600 molécules différentes", explique Aline Van den Broeck. "C’est une analyse très poussée, alors que certains autres États membres se limitent à une analyse d’une moyenne de 233 molécules par échantillon", précise la porte-parole de l’Afsca. Donc, pour l’Afsca, cela place "inévitablement la Belgique parmi les moins bons élèves puisque le champ d’analyse est beaucoup plus vaste".

La porte-parole de l’Afsca précise aussi que, "malgré ces analyses très approfondies, les résultats indiquaient un niveau élevé de conformité". "On était à plus de 97% des analyses qui étaient tout à fait conformes", précise Aline Van den Broeck. Pour les quelques pourcents restants où la limite de résidus restants était trop élevée, "l’Afsca agit et prend des mesures pour éviter la consommation de ces denrées alimentaires. Elle fait des retraits de marché ou des rappels de produits auprès des consommateurs", rassure la porte-parole de l’Afsca.

Pour l’Afsca, l’étude de Pan Europe "n’est pas suffisamment nuancée". Pour l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, il y a "un niveau de sécurité alimentaire assez élevé en Belgique en ce qui concerne les pesticides", ajoute Aline Van den Broeck.

 

 

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