Un employé sur trois se dit moins engagé envers son entreprise depuis la crise sanitaire

Le marché matinal par Michel Gassé

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25 nov. 2021 à 10:04Temps de lecture3 min
Par Anthony Roberfroid, d'après le marché matinal de Michel Gassé

La crise sanitaire a laissé des traces profondes dans le monde du travail. Avec les différents confinements et la généralisation du télétravail, les Belges ont pris beaucoup de recul face à leur entreprise et le monde professionnel. À tel point qu’un employé sur trois se dit moins engagé envers son organisation depuis la crise sanitaire d’après une enquête menée auprès de 700 personnes par le cabinet de recrutement Michael Page.

Un constat qui n’est pas surprenant pour Gregory Renardy, le directeur général de la firme : "Ça a quand même été d’une forte violence. Du jour au lendemain, on n’a plus été en contact physique avec les membres de son équipe, avec sa direction. Les gens ont été confrontés à eux-mêmes, ont eu le temps de penser à autre chose, d’organiser autrement, ont eu le temps de faire leur bilan en se disant : 'est-ce que c’est encore ça que je veux, est-ce que je n’en profiterai pas ?'. Cela a été le cas avec toute crise et celle du Covid ne fait pas exception", note l’expert. 


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Et d'ajouter : "On sait qu’en sortie de Covid, on va quand même relancer un cycle, donc c’est aussi le bon moment pour se dire qu’on en profiterait peut-être pour faire autre chose, changer d’entreprise, changer d’employeur ou encore quitter le monde de l’entreprise. Ça aussi, c’est un vrai phénomène, avec des réorientations totales de carrière et de projets de vie."

Les candidats à l’emploi en meilleure position pour négocier

Même si c’était déjà le cas avant la crise sanitaire, quantité de métiers connaissent des pénuries. Le Covid-19 a amplifié le phénomène, ce qui profite aux candidats à un emploi. Ils sont aujourd’hui en meilleure position pour négocier avec un employeur potentiel. Le rapport de force employeur-employé, avec une sorte de fidélisation sur le long terme, est moins d’actualité aujourd’hui : "On est vraiment sur un équilibre aujourd’hui, voire même un déséquilibre, parce que je n’ai jamais vu autant de pouvoir dans les mains des employés, des candidats, pour le dire clairement. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les employeurs doivent aussi démontrer ce qu’ils peuvent apporter aux candidats pour pouvoir faire un bout de chemin ensemble".

L’employeur doit se rendre attractif

C’est donc maintenant aux employeurs d’avancer des arguments pour convaincre les chercheurs d’emplois. Et certains critères sont particulièrement recherchés : les trois quarts des salariés interrogés souhaitent une organisation du travail hybride. Ils désirent du télétravail et du travail en présentiel, des horaires flexibles, un meilleur équilibre vie privée-vie professionnelle ainsi que plus de formations.


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Huit personnes sur dix mettent en évidence la nécessité d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. 85% considèrent également que l’accès à des formations est un facteur déterminant dans la recherche d’un nouvel emploi.

Des formations qui vont en dehors du cadre du travail

Le rapport montre également que les employés accordent davantage d’importance à l’épanouissement personnel dans le travail. Cela se remarque notamment dans le désir de formations qui ne sont pas uniquement utiles à l’entreprise comme le précise Gregory Renardy : "Les entreprises font beaucoup de formations, mais principalement des formations assez opérationnelles sur le job en tant que tel. Mais en plus, on ajoute en effet une autre dimension, qui est cette appétence des candidats pour des formations qui ne sont pas liées uniquement à comment bien faire leur métier, mais qui sont plutôt liées à leur développement personnel, à leur bien-être. Il s’agit donc d’aller un peu au-delà, de se rafraîchir les idées, d’acquérir d’autres compétences."


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Reste que la grande majorité des entreprises sont plutôt en retard sur la réalité que vivent les salariés. Beaucoup ont pris la mesure des enjeux en termes de ressources humaines mais pour les retardataires, le risque est assez clair : sans critères de flexibilités ou de possibilité de quête de sens, elles ne sont plus concurrentielles.

Elles risquent donc de perdre leurs meilleurs éléments et s’exposent à des difficultés, notamment lors du recrutement de candidats au profil intéressant.

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