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Un féminicide jugé aux assises ce lundi à Liège

L'homme a déjà été condamné en correctionnelle. Il se retrouve aujourd'hui devant les assises de Liège.

Un procès pour féminicide a débuté ce lundi à Liège. Les faits remontent à 2017. Un homme a déjà été condamné en correctionnelle. Mais le Parquet a fait appel. Et c'est cette fois devant la Cour d'assises que l'accusé va être jugé.

La jeune femme qui est décédée à la suite des coups et blessures avait 17 ans. Les avocats qui défendent les intérêts de sa famille parlent très clairement de féminicide. "Il y a véritablement dans le comportement de Monsieur Touzani quelque chose qui est problématique par rapport à ses relations aux femmes" explique Me Séverine Solfrini, avocate de la partie civile. "Et le fait qu'il ne considère plus sa petite amie comme une personne mais comme quelqu'un qui est son objet et qu'il va mettre sous son emprise fait qu'on peut effectivement parler d'un féminicide."

L'accusé avait manifestement une grande emprise sur la victime, comme le souligne Me Solfrini: "Elle était très clairement sous emprise. Elle n'a plus le droit de rien faire sans avoir l'opinion, l'autorisation de Monsieur Touzani. Elle doit lui demander l'autorisation pour aller chercher ses cigarettes au night-shop, elle doit lui demander l'autorisation pour aller à la boulangerie chercher son sandwich sur le temps de midi lorsqu'elle est à l'école. Elle est très clairement sous son emprise. Elle ne peut plus rien faire sans son autorisation et son approbation."

L'avocat de l'accusé, Me Philippe Zevenne, a expliqué aux jurés qu'il n'était pas d'accord avec ce que son client avait fait. "C'est un sale type" leur dit-il, "c'est lâche et ce n'est pas acceptable."

Pour l'avocat, l'enjeu ici, c'est de savoir quelle était l'intention de son client au moment des faits: "L'enjeu ici du débat, ce n'est pas de dire si Monsieur Touzani s'est bien ou mal comporté, on est tous d'accord pour dire qu'il s'est mal comporté, mais de savoir s'il a voulu frapper sa copine, s'il a voulu faire mal ou s'il a voulu la tuer."

Pour la Défense, une question centrale se pose: y avait-il intention de tuer? "Le terme déjà de féminicide, je n'aime pas, parce qu'il ne fait pas partie du code pénal, c'est un terme qui est une invention finalement d'il y a quelques années" poursuit Me Zevenne. "Mais surtout, ça suppose une volonté de tuer, ça suppose une volonté de tuer une femme en l'occurence, c'est ça que ça signifie. Et la difficulté dans ce dossier, c'est que nous, nous considérons, et Monsieur Touzani l'a toujours dit, qu'il n'a jamais voulu tuer sa copine."

Les débats vont s'étaler sur 5 journées devant la Cour d'assises de Liège.

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