Dans l'air du temps

Un jour, Blanche-Neige est venue, l’histoire de la musique du film qui a marqué l’animation

© 2021 Los Angeles Times

21 déc. 2021 à 09:57Temps de lecture2 min
Par Réal Siellez

À quelques jours de Noël, Réal Siellez revient sur une chanson de dessin animé qui a bercé l’enfance de plusieurs générations, Un jour mon prince viendra issu du premier long métrage d'animation sonore et en couleur Blanche-Neige et les Sept Nains.

La période des fêtes de fin d'année est, pour beaucoup, synonyme de vacances, de repos, de films de Noël et d'animation que l'on regarde sous un plaid avec une bonne tasse de chocolat chaut dans lequel flottent de petit bout de guimauve. Et puisque c'est bientôt Noël, revenons sur un film d'animation connu de tous, qui fête ce 21 décembre le 84e anniversaire de sa première mondiale, Blanche-Neige et les Sept Nains des studios Walt Disney. C’est en 1937 que l’on peut entendre pour la première fois cette chanson qui vous restera en tête pour le restant de la journée, Heigh Ho, le fameux chant de travail des nains à la mine.

Heigh ho, comme l’ensemble des chansons de Blanche-Neige et les sept nains, a été écrit par Larry Morey pour les paroles et Frank Churchill pour la musique, deux chevilles ouvrières majeures du royaume de Walt Disney.

A voir : Le documentaire "Walt Disney, l'homme qui voulait changer le monde"

Les "chansons à souhaits"

Si l’on a coutume de dire que Blanche-Neige est le premier long métrage d’animation de la firme aux grandes oreilles, il n’en est rien. En revanche il est bel et bien le premier long métrage d’animation sonore et en couleurs, ce qui, pour 1937, est soi est un exploit. Et c’est bien parce que la musique est quasi omniprésente que le travail a été dantesque… Les compositeurs Leigh Harline et Paul J. Smith étaient, quant à eux, en charge de toute la musique d’accompagnement.

Et puis Blanche neige en termes de chanson c’est surtout l’établissement d’une posture qui deviendra une tradition dans les longs métrages de Disney.

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One day my prince will come, chanté par son interprète originelle, Adriana Caselotti, qui sera la première à ouvrir la voie de "la chanson à souhait". Un personnage rêve d’obtenir soit un avenir meilleur, soit une histoire d’amour bouleversante… Et un peu comme on formule un souhait, ce personnage se lance dans une interprétation de rêves mise en mots. C’est un format de chansons qui était très utilisé déjà à l’époque dans les comédies musicales et qui se fait une place dans le monde de l’animation. Et c’est devenu une véritable tradition dans les longs-métrages Disney.

La réalisation de ce film d’animation n’a pas été une sinécure, un budget de production explosé, des dessinateurs qui travaillent jour et nuit au point de dormir au pied de leur chevalet pour reprendre le boulot dès le réveil, des polémiques avant même que le film ne sort, et des critiques méfiantes du genre qui disaient, "qu’aucun spectateur ne tiendra aussi longtemps devant un dessin animé sans devenir aveugle…"

En français, le texte est adapté par Francis Salabert, et originellement interprété par Béatrice Hagen. Lui succéderont Lucie Dolène pour la rénovation du monument Disney en 1962, et Rachel Pignot en 2001.

Mais en 1938, c’est Lucienne Dugard qui est choisie pour enregistrer la première adaptation phonographique des chansons. Et petit cocorico, la soprano belge Elyane Célis sera choisie pour interpréter les chansons dans la première version racontée aux enfants avec des paroles différentes de celle du doublage cinématographique.

"Un jour mon prince viendra" extrait du film Blanche neige et les sept nains, interprété par Eliane Célis en 1938… C’était dans l’air du temps, ça l’est toujours.

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