Guerre en Ukraine

"Un mercenaire américain tué en Ukraine" : parti à la recherche de son fils, un Américain déclaré mort au combat est victime de la propagande russe

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25 avr. 2022 à 13:23 - mise à jour 25 avr. 2022 à 16:37Temps de lecture2 min
Par Victor de Thier

Cesar Quintana est tombé de haut il y a une semaine. Alerté par un ami, cet Américain a découvert une vidéo sur un compte Telegram pro-russe annonçant... sa mort.

La vidéo, publiée le 16 avril sur la chaine Telegram d'Andreï Rudenko, correspondant en Ukraine pour le groupe de médias russe VGTRK, a depuis été visionnée plus de 1,5 million de fois. On y aperçoit un soldat russe qui montre un passeport, affirmant qu'il appartient à "un mercenaire américain tué en Ukraine". Le document d'identité est au nom de Cesar Quintana. Sur le coin supérieur du passeport, on peut apercevoir les coordonnées inscrites avec un stylo du lieu où il est sensé être enterré, afin que ses proches puissent retrouver son corps.

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Vous voyez ici le passeport d'un citoyen américain, ce qui indique que ce citoyen se trouvait sur le territoire ukrainien, directement à Marioupol, participant aux opérations de combat sur le territoire. 

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"C'est de la pure propagande", se défend l'intéressé que nous avons contacté et qui se trouve actuellement en Californie. "Je n'ai jamais pris les armes pour l'Ukraine". 

À la recherche de son fils

La présence du passeport de Cesar Quintana en zone de guerre s'explique en réalité pour une toute autre raison. Depuis des mois, ce dernier tente de récupérer son fils - aujourd'hui âgé de deux ans - qui a été emmené en Ukraine par son ex-femme en décembre 2020.

"Un tribunal californien avait décidé de me donner la garde de mon fils mais sa mère l'a enlevé lors d'une de ses visites", explique-t-il. Celui-ci décide alors de se rendre en Ukraine en mars 2021 pour tenter de le retrouver. Il y arrive finalement en décembre. "J'ai réussi à le récupérer à Marioupol, nous nous apprêtions à quitter le territoire depuis Kiev, mais la police ukrainienne nous a arrêtés et m'a confisqué mon passeport".

C'est ce passeport que l'on peut voir sur les vidéos partagées par les médias pro-russes. "Je suppose que celui-ci se trouvait sur un soldat ukrainien", estime-t-il, étonné. 

Une pétition lancée

Il reçoit finalement l'ordre de quitter le territoire ukrainien en janvier 2022, alors que son fils est rendu à sa mère. "J'étais si prêt du but, puis un mois plus tard, la guerre a éclaté", s'inquiète-t-il. De retour en Californie, l'homme porte un regard amer sur les autorités ukrainiennes. "Nous les aidons et nous les supportons, mais qu'en est-il quand ça doit aller dans l'autre sens ?".

Selon lui, la mère s'est maintenant réfugiée avec son fils en Russie pour fuir les combats. Nous ne sommes pas parvenus à la contacter.  

"Je ferai tout ce qui est possible pour ramener mon fils", conclut Cesar Quintana qui a lancé une pétition afin que l'ambassadrice des États-Unis en Ukraine, Kristina Kvien, demande au ministre ukrainien de la Justice de renvoyer son fils chez lui.

Guerre d'images

Ce n'est pas la première fois que des images sont détournées par les Russes pour servir leur propagande. Depuis le début du conflit, les deux camps se livrent une véritable guerre de communication, que ce soit pour motiver leurs troupes ou sensibiliser leurs alliés. Ainsi, les Russes ont toujours nié être à l'origine des crimes commis à Boutcha, dénonçant une "provocation grossière et cynique" des autorités ukrainiennes. Cette version a cependant été mise à mal par l'analyse d'images satellite. 

Sur le même sujet : JT du 05/04/2022

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