Un ministre israélien invite le président libanais à des pourparlers en Europe

Un ministre israélien invite le président libanais à des pourparlers en Europe

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23 nov. 2020 à 09:15 - mise à jour 23 nov. 2020 à 09:15Temps de lecture2 min
Par Belga

Le ministre israélien de l'Energie a invité lundi le président libanais Michel Aoun à des pourparlers "face-à-face" en Europe afin de régler le différend sur la frontière en Méditerranée entre leurs deux pays, techniquement en état de guerre.

Israël avait accusé vendredi le Liban d'avoir "changé" sa position sur la démarcation de leur frontière en Méditerranée, ce qui pourrait conduire leurs pourparlers à une "impasse" et ainsi freiner la prospection d'hydrocarbures offshore dans la région.

Les deux voisins ont amorcé cet automne des pourparlers, au siège de la Force des nations unies au Liban (Finul) et sous l'égide de l'ONU et des Etats-Unis, afin de régler leur différend sur le statut d'une zone maritime contestée de 860 kilomètres carrés, selon une carte enregistrée auprès de l'ONU en 2011 mais que le Liban juge aujourd'hui erronée.

Ces discussions sont menées de chaque côté par de hauts fonctionnaires et non des membres des gouvernements des deux pays. Après trois rounds de pourparlers, qui n'ont pas permis pour l'instant de débloquer la situation, un quatrième round est prévu au début du mois de décembre.

Lundi, le ministre Steinitz a affirmé que le président Michel Aoun ne "connaissait pas tous les faits concernant les nombreux changements de position du Liban" dans cette dispute maritime, d'où l'idée de pourparlers de visu pour mettre, selon lui, à plat le différend et "contribuer ainsi à l'avenir économique et au bien-être des deux peuples".

Le président Aoun s'adresse à la nation à la veille du jour de l'Indépendance (21/11 - arabe)

Liban: le président Aoun s'adresse à la nation à la veille du jour de l'Indépendance (21/11 - arabe)

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Traduction de Michel Aoun, Président du Liban : 
"Il faut veiller à ce que le Liban conserve intégralement la souveraineté de ses frontières et espère que les négociations sur les frontières maritimes méridionales porteront leurs fruits, afin qu'il retrouve ses pleins droits fondés sur les accords internationaux et qu'il corrige la ligne bleue, y compris les frontières terrestres qui sont tracées, fixées et reconnues au niveau international." -
"Quant aux changements et transformations politiques radicaux qui se produisent autour de nous dans le monde, tant au niveau international que régional, ce qui est frappant, c'est la reconnaissance d'Israël par certains pays arabes et leur précipitation vers une normalisation complète avec lui, et en cela, malheureusement, une acceptation implicite de la perte de Jérusalem et des hauteurs du Golan." -
"Ces changements auront sans aucun doute des répercussions importantes sur le Liban, et il n'appartient à aucun fonctionnaire ou gouvernement de décider individuellement de la politique à adopter face à la nouvelle réalité qui nécessite beaucoup de solidarité, d'autant plus que nous sommes à la veille de défis qui pourraient changer le visage de la région." -
"Hier, le Liban a été informé de la décision malheureuse du cabinet d'audit médico-légal Alvarez et Marsal de se retirer de la tâche qui lui a été confiée, en raison de l'incapacité de la Banque du Liban à fournir les informations et les documents qu'elle demande et qui lui permettent d'effectuer son travail conformément aux normes internationales approuvées." - 
"Le moins que l'on puisse dire dans ces circonstances est qu'il s'agit d'un recul par rapport à la logique de l'établissement de l'État, de la divulgation, de la responsabilité et de la transparence. L'audit médico-légal est un point d'entrée pour toute réforme car il est capable de découvrir les sources de corruption et de gaspillage et de clarifier les causes de l'effondrement actuel et les responsables de celui-ci."