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Un Œil sur demain : comment recycler les batteries de voitures électriques ?

Un Œil sur demain

Comment recycler les batteries de voitures électriques ?

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D’ici 2030, on évalue à 500.000 tonnes le volume de batteries automobiles à recycler en Europe. Avec à l’intérieur, des minerais à la fois très polluants et rares. Comment recycler les batteries et ce qu’elles contiennent ?

La loi vient d’être adoptée par le Parlement européen : en 2035, les voitures thermiques - à de rares exceptions près - ne pourront plus être vendues sur le sol européen. Les véhicules électriques ont un bilan carbone plus favorable, à condition d’assurer la fin de vie de leurs batteries et de ce qu’elles contiennent. 

À Trappes, en banlieue de Paris, le laboratoire Eramet Ideas a décidé de recycler les métaux rares qui composent les batteries. À l'intérieur du caisson sont contenus de petits sachets comportant du lithium, du nickel ou encore du cobalt. Les équipes, qui ont déjà rôdé le procédé à l’échelle semi-industrielle, séparent les différents composants par hydrométallurgie. “On les trie et on récupère ce qu’on appelle une black mass," explique Sophie Lebouil, responsable de projet chez Eramet Ideas. "À partir de cette poudre, on va ensuite pouvoir extraire le lithium, le nickel et le cobalt.”

Un enjeu stratégique européen

Récupérer les métaux rares des batteries, comme le lithium, le nickel ou encore le cobalt.
Récupérer les métaux rares des batteries, comme le lithium, le nickel ou encore le cobalt. © Tous droits réservés

Sur le sol européen, les constructeurs automobiles dépendent aujourd’hui exclusivement de métaux importés. L’enjeu est donc très stratégique. Car à lui seul, un véhicule de type “Zoé” contient 30kg de nickel, 30kg de carbonate de lithium et une dizaine de kg de cobalt. Dans ce laboratoire, les éléments métalliques obtenus en fin de procédé sont de qualité optimale pour pouvoir être réutilisés dans de nouvelles batteries.

"L'objectif d’installer des capacités de raffinage de 'black mass' sur le sol européen, c’est bien de conserver ces métaux stratégiques ici pour pouvoir les produire et les réintroduire dans notre filière batterie”, renchérit Sophie Lebouil.

D’ici 2030, il devrait y avoir au moins 145 millions de voitures électriques en circulation dans le monde : la question d’une seconde vie pour les batteries électriques devient, elle aussi, cruciale.

Le x-Storage, une seconde vie

“Nous avons imaginé ceci : une fois que la batterie a fait sa vie dans la voiture, on doit l’installer pour d’autres utilisations, puisqu’elle a encore une certaine capacité de stockage”, explique Grégory Nève, directeur des véhicules électriques chez Nissan-Europe.

Des batteries en fin de vie réutilisées pour alimenter le stockage de données internet.
Des batteries en fin de vie réutilisées pour alimenter le stockage de données internet. © Tous droits réservés

C’est près du Havre, en Normandie, que l’expérience a d’abord été menée. L’entreprise Webaxys gère le stockage des données internet de ses clients. Pour faire fonctionner ses armoires, dans son centre de données, elle a besoin de 60 kW par jour. L’énergie est apportée par des panneaux solaires installés sur le toit du centre, puis elle est stockée grâce à des anciennes batteries de voitures Nissan.

Une ancienne batterie de voiture Nissan.
Une ancienne batterie de voiture Nissan. © Tous droits réservés

“Deux batteries permettent de stocker de l’énergie photovoltaïque produite sur le site. Elles sont liées a un servomoteur qui se trouve juste derrière et qui gère de manière intelligente cette énergie stockée dans les batteries. Elle est ensuite redistribuée dans les serveurs, en fonction des usages, de la temporalité du jour, du nombre d’heures ou des besoins des serveurs.”, décrit Emmanuel Assié, président de Webaxys.

Un stade de football alimenté

À Amsterdam, le stade de football est désormais en partie alimenté à partir de batteries de voitures.
À Amsterdam, le stade de football est désormais en partie alimenté à partir de batteries de voitures. © Tous droits réservés

C’est la méthode dite du x-Storage. À mesure que les batteries en circulation devront trouver une nouvelle vie, elles pourront être installées comme ici dans des hôpitaux, des entreprises ou même des maisons pour stocker l'énergie de source renouvelable. 

“On récupère de l’énergie qui est issue du renouvelable. Par définition, le renouvelable est intermittent. Le vent ne souffle pas tout le temps, le soleil ne brille pas tout le temps.", rappelle Grégory Nève. "À un moment, il faut pouvoir récupérer cette énergie quand elle est disponible et la réutiliser à un autre moment.”

À Amsterdam, le stade de football est désormais en partie alimenté à partir de batteries de voitures avec cette même méthode de stockage et de redistribution intelligente. Un test de 3 Mégawatts, à grande échelle, pour les bâtiments industriels de demain.

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