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Un Œil sur demain : le gaz de mine, une énergie de transition

Et si le gaz de mine permettait d'alimenter des villes en électricité et en gaz ? En Belgique, de nombreux projets sont en cours pour réaliser cela… À Anderlues, c'est même déjà le cas. On récupère le grisou pour en faire de l'électricité, mais pas encore de la chaleur. En Wallonie, le potentiel du gaz de mine est énorme, mais il faut encore lui permettre d'exprimer son potentiel. Un potentiel qui nous permettrait d'être moins dépendant des importations externes et de réduire la facture d'énergie.

Du grisou à l'électricité

Le châssis à molette du site minier d'Anderlues, toujours à sa place
Le châssis à molette du site minier d'Anderlues, toujours à sa place © RTBF

Le châssis à molette n'est plus qu'un élément de décor du site minier d'Anderlues.

Il y a bien longtemps que les mineurs ne descendent plus dans les galeries pour capter le grisou, ce gaz qui a fait de nombreuses victimes.

Sur place, Pascal Mittelberger, responsable des relations publiques de la Française de l’énergie nous explique : "Ici on est au puits numéro 2 d’Anderlues. Le puits a fonctionné de 1937 à 1969. Des milliers de mineurs de charbon sont descendus ici, par ce puits, qui va jusqu’à 1.200 mètres de profondeur. Depuis la fermeture de ce puits, le gaz de mine, le grisou, que connaissent bien les mineurs, il continue à circuler dans les anciennes galeries. Et ce qu’on fait aujourd’hui, c’est capter ce gaz, directement par ce tuyau qu’on a juste ici."

L'aspect de l'entrée de la mine aujourd'hui
Au-dessous de cette grille, 1.200 mètres de galeries de mine
Un seul tuyau pour capter tout le gaz de mine

L'équivalent de 20 éoliennes

Générer de l'électricité à partir du gaz de mine, grâce à ces kits de cogénération
Générer de l'électricité à partir du gaz de mine, grâce à ces kits de cogénération © RTBF

Après avoir été filtré, le gaz est acheminé vers ces grandes machines bleues nommées "kits de cogénération". Elles génèrent de l’électricité. Pascal Mittelberger avance les chiffres, et c’est plutôt édifiant : "Là, avec les 5 moteurs actuellement, on a l’équivalent de 20 éoliennes, et de la consommation électrique de 35.000 habitants."

Cette électricité est récupérée par ORES et redistribuée sur le réseau. Entre 2.000 et 3.000 foyers sont déjà alimentés par cette production, et ce pour les 25 prochaines années. Le Directeur des Infrastructures pour ORES nous en cite les avantages : "Cette injection est faite à un niveau de tension qui lui permet d’être à la fois redistribuée en local et à plus grande distance. Contrairement à de l’éolien ou à du photovoltaïque, qui sont très liés à la nature, ici on a une réserve de gaz qui alimente ces cogénérations en continu. Ce qui est plus facile à exploiter en termes de gestion de réseau et de besoins de la population."

De la chaleur plus verte

Avec des millions de tonnes de gaz à récupérer, le potentiel du bassin minier wallon est important.  

D’ici 5 ans, de nombreuses productions pourraient voir le jour et alimenter des localités en électricité, mais aussi en chaleur.

Comme ici, à Béthune, dans le nord de la France.

Mairie, écoles, théâtres, logements sociaux... Tous ces bâtiments bénéficient d'un réseau de chaleur. Un système similaire au chauffage central mais à l’échelle de toute une ville ou d’un quartier pendant 20 ans.

La ville de Béthune se chauffe au gaz de mine
La ville de Béthune se chauffe au gaz de mine © RTBF

Le point de départ, cette petite station urbaine. Le gaz de mine vient d’anciens puits situés à 15 kilomètres de là.

Yann Fouant est directeur des projets chez Gazonor Benelux. Il décrit le processus : "Aujourd’hui on a la technologie pour récupérer la chaleur produite par ces moteurs. Ca se fait au niveau du système de refroidissement des moteurs et au niveau de la grande cheminée que vous voyez derrière, donc des gaz d’échappement."

Les gaz d'échappement sont récupérés et réutilisés
Les gaz d'échappement sont récupérés et réutilisés © RTBF

Selon lui, en Belgique, la volonté de créer ce type de production existe, mais il faut encore trouver des partenaires adéquats : "Si la commune à proximité n’a pas la volonté ni la densité énergétique pour vouloir ou pouvoir réaliser un réseau de chaleur, aujourd’hui ça peut être problématique. Donc à Anderlues par exemple, c’est un petit peu un appel qu’on lance aujourd’hui à des industriels ou à des développeurs de réseaux de chaleur, à venir se connecter sur les 7.5 Mégawatts thermiques qui partent malheureusement aux petits oiseaux aujourd’hui."

Chez nous, le captage du gaz de mine permet aussi d'éviter l'émission de près de 810.000 tonnes de CO2 par an. L'équivalent des émissions d'une ville wallonne de 100.000 habitants.

Dans un contexte de crise, de dépendance et d'incertitude énergétique, le gaz de mine représente donc un espoir, une énergie de transition aux nombreux pouvoirs.

La séquence un Œil sur demain en vidéo

Un Œil sur demain

Le grisou, une importante mine énergétique

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