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Un Œil sur demain : les robots humanoïdes au service de l’homme, c’est pour bientôt ?

Un Œil sur demain

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30 oct. 2022 à 06:30 - mise à jour 03 nov. 2022 à 08:30Temps de lecture3 min
Par Alexis Gonzalez avec Maurizio Sadutto

Tesla entre dans l’ère de la robotique. Elon Musk, le fondateur de l’entreprise, a enfin présenté les prototypes de ses robots ultra-fonctionnels qu’il souhaiterait voir dans tous les foyers d’ici quelques années. Cependant, vous allez le voir, du rêve à la réalité, il y a encore quelques pas à franchir.

Moins cher qu’une voiture

Voici Optimus, une des versions des robots développés par Tesla, lors de sa présentation officielle par le fondateur de l’entreprise automobile, Elon Musk :

"Optimus est conçu pour être un robot extrêmement performant fabriqué en très grandes quantités. Probablement des millions d’unités. On voudrait aussi qu’il coûte beaucoup moins cher qu’une voiture."

Une tâche simple effectuée par Optimus : transporter un paquet.
Autre tâche simple : arroser les plantes de la maison.
Une tâche plus industrielle pour un robot.

Le prix envisagé : moins de 20.000 dollars. Capable de saluer, de danser, de porter des caisses et d’arroser les plantes. Les tâches qu’Optimus effectue sont simples. Mais on est encore loin des robots ultra-fonctionnels promis par Elon Musk.

Fabrice Goffin est co-directeur de la société de solutions en robotique, "Zora Bots". Il nous explique les problèmes sous-jacents :

Fabrice Goffin, co-directeur de la société de solutions en robotique, "Zora Bots".

"C’est un exploit de voir un robot humanoïde sur une période d’un an, d’arriver à ce qui se fait aujourd’hui. Mais finalement, les gros problèmes qui sont et que nous, on connaît parce qu’on est dans la robotique, ce sont les batteries. On a des robots humanoïdes, mais on sait tout de suite qu’après 30 minutes, après une heure maximum, la batterie est finie. Il y a d’autres soucis aussi, par exemple le chauffage des moteurs."

Une course à l’innovation un peu au point mort

Asimo, le robot développé par Honda, est capable de marcher.
Ford a de son côté mis au point un robot livreur qui peut transporter des paquets jusqu’à 18 kilos.
Atlas, le robot développé par Boston Dynamics est capable de courir et de sauter avec agilité.

Tesla n’est donc pas plus avancé que les autres constructeurs automobiles. Asimo, sorti en 2000 par Honda, marche déjà. Le robot livreur de Ford est lui capable de transporter des colis de 18 kilos. Atlas de Boston Dynamics va un cran plus loin puisqu’il court et qu’il saute. De belles avancées, même si aucun de ces projets n’a été commercialisé pour l’instant.

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D’après Fabrice Goffin, un robot ne méritera d’être commercialisé que s’il se révèle avoir une réelle utilité :

"Aujourd’hui, on est vraiment à l’utile et le seul robot qui va pouvoir être fabriqué à des millions d’exemplaires, ce sera le robot qui sera utile et qui fera une tâche que l’humain n’a pas envie de faire et que l’humain a besoin de remplacer par une machine."

Une adaptation qui prend beaucoup de temps

Même si les capacités robotiques évoluent, l’adaptation est très lente. La difficulté des constructeurs d’humanoïdes : la création de mouvements humains. Hugues Bersini, co-directeur de l’institut de recherches interdisciplinaires et de développement en Intelligence Artificielle de l’Université libre de Bruxelles, abonde dans ce sens :

Hugues Bersini, co-directeur de l’institut de recherches interdisciplinaires et de développement en Intelligence Artificielle de l'Université libre de Bruxelles.

"Pour les robots, la grosse difficulté c’est d’interagir dans des environnements qui ne sont pas formatés pour eux et surtout dans des environnements dans lesquels il y a des humains qui sont, comme vous le savez, parfois imprévisibles, dont il faut réussir à anticiper les gestes, comprendre les émotions. Et ça, pour un robot, on en est encore très, très loin, oui !"

Au Japon, cet androïde enseigne la sagesse dans un temple.
Ce gynoïde (robot qui a l’apparence d’une femme) est la directrice d’une entreprise de jeux vidéo en Chine.

On trouve des robots humanoïdes partout dans le monde. Au Japon, un androïde enseigne la sagesse dans un temple, alors qu’en Chine un gynoïde est devenu la directrice d’une entreprise de jeux vidéo. Malgré ces exemples, on ne devrait pas forcément rencontrer des robots sous cette forme, dans le futur. Il s’agirait plutôt d’améliorations robotiques sur des objets du quotidien, d’après Hugues Bersini :

"Chaque appareil va devenir beaucoup plus intelligent. Un frigo va prendre peut-être de lui-même la décision de renouveler un produit parce que la date de péremption est passée. Même une toilette va devenir plus intelligente. Donc en fait, tous ces appareils vont gagner en intelligence, vont gagner en autonomie donc d’une certaine manière, vont se robotiser. Mais ce ne seront pas forcément des robots humanoïdes comme on les voit beaucoup dans les films de science-fiction."

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Un monde rempli d’humanoïdes travaillant aux côtés des humains, le fantasme existe. Elon Musk, lui, y croit. Il annonce qu’Optimus entrera sur le marché d’ici 3 à 5 ans.

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