RTBFPasser au contenu
Rechercher

Monde

Un rapport d'Amnesty dénonce le refus de soins délibéré dans les prisons iraniennes

Amnesty International a enquêté.
12 avr. 2022 à 07:16Temps de lecture2 min
Par Belga

Les autorités carcérales iraniennes portent atteinte au droit à la vie de manière choquante, en privant délibérément de soins de santé vitaux des détenus malades, alerte mardi Amnesty International. Dans un nouveau rapport, l'ONG fait état de 96 décès en prison provoqués, notamment, par l'absence de soins.

"Le mépris glaçant des autorités iraniennes pour la vie humaine a dans les faits transformé les prisons d'Iran en antichambre de la mort pour les détenus malades, où des pathologies pouvant être soignées deviennent fatales", déclare la directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International, Diana Eltahawy. 

Le nouveau rapport, intitulé "Dans l'antichambre de la mort: décès en détention résultant du refus délibéré de soins de santé dans les prisons iraniennes", décrit les circonstances entourant la mort en détention de 92 hommes et quatre femmes dans 30 prisons à travers 18 provinces du pays depuis janvier 2020. Il se base entre autres sur des signalements effectués par des groupes indépendants de défense des droits humains.

Parmi les 96 détenus, 64 sont morts en prison, la majorité en cellule. Les autres sont morts alors qu'ils se trouvaient dans des infirmeries mal équipées et dont le personnel était en sous-effectif. Dans au moins six autres cas, des prisonniers gravement malades ont été placés en détention à l'isolement, dans des quartiers disciplinaires ou en confinement. Par ailleurs, au moins 26 détenus ont succombé durant leur transfert ou peu après leur arrivée à l'hôpital, après que le personnel médical et/ou la direction de la prison ont délibérément retardé leur prise en charge, note Amnesty International.ty.

Dans la grande majorité des cas, les prisonniers décédés étaient jeunes ou d'âge moyen (23 avaient entre 19 et 39 ans, et 26 étaient âgés de 40 à 59 ans).

Cette situation fait écho au cas du docteur Ahmadreza Djalali, médecin urgentiste irano-suédois et professeur invité de la Vrije Universiteit Brussel (VUB). Arrêté en Iran en 2016, il a été condamné à mort pour espionnage à l'issue d'un procès inique. "Les autorités pénitentiaires lui ont refusé, entre autres, des soins médicaux spécialisés après des analyses de sang dont les résultats étaient pourtant alarmants", dénonce l'ONG.

Compte tenu de ce contexte, Amnesty International demande une nouvelle fois au Conseil des droits de l'homme des Nations unies d'établir un mécanisme d'enquête chargé de recueillir et d'analyser des éléments en rapport avec les crimes les plus graves commis dans les geôles d'Iran.

L'ONG exhorte par ailleurs les autorités iraniennes à demander que les détenus nécessitant des soins urgents soient immédiatement transférés vers des établissements médicaux extérieurs aux prisons. Certaines dispositions qui donnent aux directeurs de prison et procureurs le pouvoir d'ignorer ou de rejeter un avis médical devraient également être abolies, plaide Amnes

Sur le même sujet

L'Iran annonce l'arrestation de deux "Européens", venus pour "déstabiliser le pays"

Monde

Traitements inhumains dans la prison de Forest : 5000 euros réclamés à 14 agents pénitentiaires

Justice

Articles recommandés pour vous