Un réveillon de Nouvel An historiquement cauchemardesque pour l’hôtellerie

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31 déc. 2021 à 17:07 - mise à jour 31 déc. 2021 à 20:20Temps de lecture3 min
Par E.B. , S.F. et K.A.

Taux d’occupation historiquement bas, prix des nuitées bradés... Le secteur hôtelier bruxellois ne sera pas à la fête pour ce réveillon de Nouvel An. Depuis la crise sanitaire, ce secteur se porte au plus mal. Si les hôtels bruxellois battaient leur plein au Nouvel An, force est de constater que les réservations en cette fin 2021 sont catastrophiques et ne présagent rien de bon pour les premiers mois de 2022.

Faire un Nouvel An à moins de 40% du taux d’occupation, c’est du jamais vu !

Avec les restrictions sanitaires prises dans différents pays européens, une vague d’annulations de réservation a déferlé sur le secteur hôtelier.

Olivier Lallement, directeur bruxellois des 9Hotel Collection, nous fait part du constat du taux d’occupation historiquement bas des hôtels de la capitale : "Faire un Nouvel An à moins de 40% du taux d’occupation, c’est du jamais vu ! Cela fait 15 ans que je suis à Bruxelles et, les hôtels sont d’habitude complets en fin d’année."


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"On n’y arrive pas même si on a baissé les prix à plus de 50%. Nous avons de la chance de ne pas mettre la clef sous la porte étant donné que nous sommes soutenus par le groupe hôtelier auquel nous appartenons."

Des annulations en cascade et une clientèle internationale absente

En plus des mesures sanitaires, le secteur hôtelier a dû affronter l’annulation de nombreuses festivités, la fermeture des bars et des restaurants dès 23 heures et l’absence d’une clientèle internationale pour ce réveillon habituellement prisé.

La présence de clients hollandais ne compense pas notre manque à gagner

Hans Van Der Biesen, directeur des hôtels Thon Benelux, précise que même si certains hôtels bénéficient de la présence d’une clientèle hollandaise, la réalité du secteur reste très compliquée en ces fêtes de fin d’année : "La fermeture des Plaisirs d’hiver, la succession des vagues de contamination n’ont pas joué en notre faveur. Et la présence de clients hollandais ne compense pas notre manque à gagner."

"Plus encore, l’absence des réunions et des conférences internationales pourrait amener certains hôteliers à fermer leur établissement pendant quelques semaines dès le début de l’année 2022."

C’est évidemment une catastrophe et le secteur s’inquiète face à cette perte d’activités

En deux ans de temps, la crise sanitaire a sans conteste eu un impact catastrophique sur la baisse des chiffres d’affaires. Mais le réveillon de ce Nouvel An cristallise une situation tellement alarmante qu’elle annonce déjà des perspectives encore plus sombres pour les premiers mois de 2022.

Rodolphe Van Weyenbergh, secrétaire général de la Brussels Hotels Association, nous livre toute l’inquiétude qui anime ce secteur : "Les taux d’occupation pour ce Nouvel An tournent autour des 30%. Par rapport à l’année 2019, c’est une baisse de 70% pour les trois premières semaines du mois de décembre. C’est évidemment une catastrophe et le secteur s’inquiète face à cette perte d’activités, d’autant plus que les livres de réservation pour ce début d’année 2022 sont quasi vides et peinent à atteindre les 10% de réservation."


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Dépendant des recommandations sanitaires, de l’évolution des contaminations et de l’absence historique des réservations, c’est tout le secteur de l’hôtellerie qui est à l’agonie. Certains hôtels, pour éviter de mettre la clé sous la porte, envisagent à contrecœur une fermeture supplémentaire dès le début 2022.

Les hôteliers gardent néanmoins l’espoir que le printemps mettra fin à cette situation pour le moins insoutenable.

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