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Cinéma

Un Singe en hiver, 60 ans d’ivresse

Jean et Jean-Paul, accoudés au bar

Le 11 mai 1962, il y a 60 ans, sortait en salles "Un singe en hiver". Le film du réalisateur Henri Verneuil réunissait deux monstres sacrés du cinéma français, l’un établi, l’autre en devenir… Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo. Petit retour sur ce classique entre Histoire et Tourisme !

Le Picon-bière, ça pardonne pas. C’est de ça que mon pauvre papa est mort. Il n’y a rien de plus traître !

De la sagesse, ce film n’en manque pas. De la drôlerie, aussi. De la profondeur, de l’amour, beaucoup. De l’ivresse, surtout ! Sorti en salles le 11 mai 1962, ce film c’est "Un singe en hiver" du réalisateur Henri Verneuil, avec des dialogues de Michel Audiard, le tout inspiré d’une des belles plumes de la littérature française (et de son roman éponyme), Antoine Blondin.

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Joselito est certainement le plus grands des toreros. Et pour lui rendre hommage, rien de tel que le plus grand de tous les acteurs (l’un des), Jean-Paul Belmondo. Levons nous aussi nos verres (avec modération) pour le remercier de tous ces moments de bonheur cinématographique. Allez hop, cul sec ! Des moments de bonheur comme "Un singe en hiver", un film emmené à l’époque par deux légendes, l’une déjà bien établie, Jean Gabin, et l’autre en devenir, Jean-Paul Belmondo. Ce film est important car c’est un passage de témoin, un relais comme les frères Borlée, une génération qui adoube la suivante.

Jean-Paul et Jean, deux générations pour un passage de relais
Jean-Paul et Jean, deux générations pour un passage de relais (Gaumont)

De quoi ça parle ? Nous sommes en juin 1944, en plein bombardement ennemi de la côte normande. Dans leur petit hôtel situé à Tigreville, Albert et sa femme Suzanne, les patrons de l’établissement, ont l’impression que leur dernière heure a sonné. Désespéré, Albert promet à sa femme d’arrêter de boire s’ils s’en sortent vivants ! Et c’est ce qui arrive. Sains et saufs, la guerre se termine et voilà Albert refusant la moindre goutte d’alcool. Des années plus tard, Gabriel débarque à Tigreville pour récupérer sa fille. Le jeune homme est complètement paumé. Il vient de se faire larguer par sa fiancée alors il boit. Il boit pour oublier, il boit pour voyager et rejoindre Madrid (où se trouve sa fiancée), il boit et joue aux toréadors (mauvaise idée). Et dans cette soûlographie, il est rejoint par Albert… qui boit à nouveau pour retrouver le goût de boire !

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Cette histoire se déroule donc à Tigreville en Normandie. Or Tigreville n’existe pas. Le film "Un singe en hiver" a été tourné à Villerville, un ancien village de pêcheurs situé dans le Calvados. Des pêcheurs de moules. La mytiliculture y est encore pratiquée. Il existe une moulière au large de sa plage. Des mollusques filtreurs qu’on aime tous (ou presque) avec du céleri, de l’oignon et noyés au vin blanc ! Et en parlant de noyés à l’alcool, ce nouvel extrait de film est culte. Un peu trop car à la sortie du film, le ministère français de la Santé a voulu le faire interdire n’y voyant là qu’une célébration, une ode, une apologie de l’alcool…

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Les Villervallais, soit les habitants de Villerville, sont assez fiers de ce tournage. Il y a 20 ans, une association s’y est créée et celle-ci a imaginé un parcours à travers les rues du village pour revivre les plus grandes scènes du film. Sur tous les lieux où des scènes ont été filmées, vous retrouvez des panneaux avec photos d’époque et anecdotes. Ce parcours démarre rue de la cabine, une très belle petite rue en pavés, devant le restaurant Le Cabaret Normand. Ce restaurant n'est autre que le café où Jean-Paul Belmondo commande un Picon-bière et croise pour la première fois Jean Gabin dans le film.

Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo dans "Un singe en hiver"
Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo dans "Un singe en hiver" (Gaumont)

Au bout de la rue de la cabine avec ses ravissantes maisons normandes aux murs colorés et aux balcons fleuris, vous avez la place du Guettoir. Une place où, jadis, les femmes des marins-pêcheurs guettaient et attendaient leurs maris. Ensuite, vous pouvez vous rendre sur la digue de Villerville, longue de 450 mètres (construite en 1810, elle était en bois mais depuis 1920, elle est en béton). Pour y accéder, il faut prendre un escalier en pierre assez abrupte au niveau de l’ancien casino. Et si vous aimez les balades nature, vous avez la plage des Graves et ses falaises de roches noires.

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Nous pourrions nous demander ce qu’il fait au carrefour de la Départementale 513 le Jean-Paul ? Il joue au toréro avec les voitures. On le voit là, avec sa veste tenue bras tendus bien devant lui, en train d’éviter des voitures alors que la foule crie "olé" à chaque passage. Juste comme ça, cette scène est en réalité la toute première cascade réalisée par Bébel au cinéma. Et en parlant de cinéma, Villerville est une véritable ville de cinéma. Si vous continuez sur la D513, vers le sud, vous arriverez à Trouville. Vous passez le pont et vous voilà à Deauville… où en 1966, il était encore possible de garer sa Ford Mustang sur la plage. Chabadabada chabadabada… Mais ça, c’est un autre film, un autre classique, une autre histoire…

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