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Un Stonehenge espagnol émerge suite à la sécheresse

Espagne : la sécheresse a révélé le Dolmen de Guadalperal

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20 août 2022 à 15:44 - mise à jour 23 août 2022 à 07:50Temps de lecture1 min
Par Françoise Berlaimont avec Nathalie Massart

La sécheresse a des effets inattendus. Un peu partout en Europe, des roches qui avaient disparu sous les eaux redeviennent visibles. Et quelques fois, des merveilles du passé resurgissent, comme en Espagne où 140 dolmens, érigés il y a quelque 5000 ans, ont retrouvé l’air libre sur les berges du Tage. Les archéologues qualifient ce site exceptionnel de "Stonehenge espagnol".

Une nécropole préhistorique

Le Dolmen de Guadalperal est une nécropole préhistorique. Elle a retrouvé l’air libre après des décennies passées sous l’eau. Un couloir de 21 mètres de long mène à ce site exceptionnel qui contient 2 cercles de pierre composés de 140 monolithes de granite de 5 mètres de diamètre.


"Guadalperal est une tombe collective. Des enterrements y ont eu lieu pendant plus de deux mille ans. Donc, le fait que nous puissions maintenant le revoir est une opportunité que nous n’avons jamais eue par le passé. C’est donc très gratifiant", explique Enrique Cedillo, archéologue de l’Université de Complutense de Madrid.

Un Stonehenge espagnol émerge suite à la sécheresse
Un Stonehenge espagnol émerge suite à la sécheresse © RTBF

Un tourisme de la sécheresse

Ce site mégalithique érigé sur les bords du Tage, en Estramadure, avait été mis au jour il y a près d’un siècle, avant d’être englouti en 1963 par la construction d’un barrage et d’un réservoir. L’impitoyable sécheresse qui frappe la péninsule ibérique l’a fait resurgir des eaux, une aubaine pour les archéologues et les acteurs du tourisme.


"Cela me convient parce que le dolmen est bien visible. Il est recouvert d’eau la plupart du temps", se réjouit Ruben Argentas, propriétaire d’une compagnie locale d’excursions en bateau. "Donc, quand le réservoir descend à 35%, le dolmen émerge et le "tourisme du dolmen" démarre". Mais tous les habitants ne sont pas du même avis.

L’inquiétude des agriculteurs

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Les agriculteurs locaux s’inquiètent avant tout du manque d’eau pour leurs terres et leurs troupeaux. Rufino Guinea, agriculteur, constate : "la plupart des vergers n’ont pas poussé cette année au printemps. Tous les poivrons ont séché, ils ont été dévastés à cause de la chaleur et le bétail aura à peine de l’eau à boire".

L’impact du changement climatique est irréversible pour les agriculteurs.

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