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Une Afghane accuse un haut responsable taliban de l’avoir violée et épousée de force

Des femmes afghanes participent à une manifestation devant le ministère de l’Éducation à Kaboul le 26 mars 2022, demandant la réouverture des lycées pour les filles.

© Ahmad SAHEL ARMAN / AFP

01 sept. 2022 à 15:03Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Théa Jacquet

Une jeune afghane a affirmé, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, qu’un haut responsable taliban l’a battue, violée et épousée de force. Des accusations démenties par le membre du régime islamiste fondamentaliste. La femme de 25 ans, qui se présente sous le simple prénom d’Elaha, explique avoir été agressée sexuellement par Saeed Khosty, un ancien porte-parole du ministère de l’Intérieur. Saeed Khosty a nié les accusations d’agression, affirmant qu’il avait divorcé d’Elaha après un "mariage consenti".

Dans la vidéo postée mardi, Elaha, qui se dit étudiante en médecine à l’université de Kaboul, raconte en pleurant le calvaire qu’elle a vécu pendant plusieurs mois. "J’ai été battue. J’ai été violée. Je ne savais pas ce que je devais faire. Il m’a filmée et a menacé de publier la vidéo", assure la jeune femme.

Elaha, qui affirme être la fille d’un ancien général afghan, explique qu’elle a tenté de fuir mais qu’elle a été rattrapée au poste de Torkham à la frontière avec le Pakistan, d’où elle a été emmenée dans une prison de Kaboul. Elle ajoute qu’on lui a ensuite demandé de s’excuser auprès du haut responsable taliban et qu’on l’a battue lorsqu’elle a refusé de le faire. On ignore d’où Elaha a posté cette vidéo et où elle se trouve actuellement.

"Elle avait quelques problèmes concernant ses croyances et sa foi. J’ai essayé de la corriger par des discussions et des conseils, mais cela n’a pas fonctionné", s’est défendu le haut responsable taliban dans une déclaration publiée sur Twitter. "Je ne l’ai pas battue, mais en utilisant mes droits islamiques, j’ai divorcé. Je regrette mon mariage avec elle contracté hâtivement", a-t-il poursuivi.

Il a ajouté que la jeune femme était libre de porter plainte contre lui. "Si ma culpabilité est prouvée, le tribunal peut me punir. Si elle ne croit pas aux tribunaux de l’Émirat islamique, alors je suis prêt à aller devant n’importe quel tribunal qu’elle souhaite", a assuré Saeed Khosty.

#justicepourElaha

Après l’apparition de la vidéo, le hashtag #justicepourElaha est devenu viral sur les médias sociaux. Saeed Khosty a également reçu des soutiens de certains talibans, y compris sur les réseaux sociaux.

L’année dernière, le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, a publié un décret ordonnant aux autorités de prendre des mesures strictes contre ceux qui "forcent les femmes à se marier par la contrainte ou la pression".

Les difficultés rencontrées par les femmes n’ont fait qu’augmenter depuis le retour au pouvoir des talibans l’année dernière. Les fondamentalistes islamistes ont fermé les écoles secondaires pour filles dans de nombreuses provinces et empêché les femmes d’accéder à de nombreux emplois publics. Ils ont également ordonné aux femmes de se couvrir entièrement en public, idéalement avec une burqa.

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