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Environnement

Une cerise sur deux et 4 fraises sur 10 contaminées aux pesticides, pourtant interdits

24 mai 2022 à 08:43 - mise à jour 24 mai 2022 à 10:06Temps de lecture3 min
Par Belga, édité par Xavier Lambert

L’organisation non gouvernementale Pesticide Action Network Europe (PAN Europe) a relevé, via une étude, une augmentation de 53% en neuf ans de fruits contaminés par des pesticides censés être interdits sur le Vieux Continent depuis 2011. Quelque 97.170 échantillons ont été analysés entre 2011 et 2019. Dans son communiqué, l’ONG réclame l’interdiction immédiate des douze pesticides les plus dangereux ainsi que l’interdiction d’ici 2030 des autres produits contenant l’un des 55 pires agents chimiques.

 

L’étude se repose sur la compilation de données effectuée entre 2011 et 2019 par 30 agences européennes, dont l’Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA), garantissant la sécurité alimentaire dans leur pays.

En tout, ce sont 97.170 échantillons de fruits frais cultivés en Europe qui ont été analysés pour les neuf années concernées. D’après PAN Europe, ces analyses démontrent une augmentation drastique de 53% des résidus de pesticides extrêmement toxiques, pourtant censés être interdits à partir de 2011 en raison de leur dangerosité. "L’étude contredit les déclarations de la Commission européenne selon lesquelles les agriculteurs utiliseraient moins ces pesticides suspectés d’être liés à des cancers et autres maladies graves", claironne l’ONG.

Cette dernière signale qu’avec 29%, près d’un fruit sur trois était contaminé en 2019. La palme revient aux cerises, dont la moitié contenait des agents nocifs (soit une hausse de 152% par rapport à 2011). Les pommes, fruit le plus produit, étaient incriminées à hauteur de 34% (117% de plus que 2011). Sur l’ensemble des neuf années étudiées, ce sont les mûres (51%), suivies des pêches (45%) et des fraises (38%) qui ont présenté le plus de traces de pesticides.

Un échantillon sur 3 contaminé en Belgique

La Belgique s’illustre négativement dans cette étude, puisqu’elle présente 34% d’échantillons contaminés au niveau de la production entre 2011 et 2019. Dans ce mauvais classement, elle devance l’Irlande (26%), la France (22%), l’Italie (21%) et l’Allemagne (20%).

"Depuis 2011, les 27 gouvernements sont légalement tenus d’éliminer progressivement ces substances toxiques. Selon un rapport de la Commission européenne publié en 2019, aucune action en ce sens n’a été entreprise. Malgré cela, l’UE affirme qu’il y a eu une baisse de 12% en 2019 de l’utilisation de cette catégorie de pesticides très toxiques liée à une inflexion des ventes. Cette affirmation est remise en question par le rapport d’aujourd’hui. PAN Europe affirme que ces taux croissants de contamination (8% en 2019) sont des indicateurs plus fiables d’une tendance à l’augmentation et non à la baisse de l’utilisation de ces substances qui devraient déjà avoir été interdites", affirme l’ONG dans son message.

PAN Europe explique également que les chercheurs se sont aussi concentrés sur les 55 produits les plus nocifs utilisés pour la confection de nombreux pesticides. "Les agents sont identifiés par un règlement européen comme étant hautement toxiques pour les humains, les animaux et l’environnement, chacun étant suspecté de provoquer un ou plusieurs effets graves, tels que le cancer, des malformations congénitales ou des maladies cardiaques. Bien qu’ils soient censés être soumis à la réglementation européenne la plus stricte, 32 ont été détectés dans les fruits et légumes au cours de la période d’analyse de neuf ans."

En marge des nouveaux objectifs de réduction des pesticides devant être annoncés par la Commission Européenne le 22 juin prochain, PAN Europe se positionne clairement en faveur d’une solution à court et à moyen terme. "Le groupe demande une interdiction immédiate des douze pesticides les plus nocifs causant une large exposition du public, ainsi qu’une révision et interdiction de tous les autres contenant l’un des 55 pires agents chimiques d’ici 2030", conclut l’ONG.

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