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Regions Bruxelles

Une cinquantaine de circulaires ministérielles pendant l'été : les directions d'école débordées

Les écoles plient sous le poids du travail administratif
07 sept. 2020 à 15:30Temps de lecture2 min
Par Philippe Carlot

47 circulaires totalisant 1327 pages : c'est, selon le décompte d'un directeur d'école, ce qu'ont reçu les directions des écoles fondamentales de la Fédération Wallonie-Bruxelles entre le 1er juillet et le 31 août. Pour l'enseignement secondaire, comptez une soixantaine de circulaires au cours de la même période. Et ajoutez-y celles qui sont arrivées depuis la rentrée de septembre. Pas étonnant, donc, que la Fédération Wallonie-Bruxelles éprouve de plus en de difficultés à trouver des candidat.e.s à la direction des établissements scolaires. 

Des circulaires sur tout

Toutes ces circulaires ne revêtent pas la même importance. Certaines consistent en de simples "errata", des correctifs d'erreurs dans des numéros de téléphone par exemple. D'autres, au contraire, font plusieurs centaines de pages et organisent la rentrée des élèves et des professeurs. En cette période de crise sanitaire, les protocoles de sécurité ont eux aussi nécessité la rédaction de circulaires supplémentaires. Ces textes représentent la voie de communication officielle entre la Fédération Wallonie-Bruxelles et les établissements d'enseignement. 

Outre le nombre de ces communications, la période de leur envoi aux directions d'école pose question. En principe, le mois de juillet et la première quinzaine du mois d'août, ce sont les vacances et les directrices et directeurs ont droit au repos et à la déconnexion comme les autres travailleurs. "On a beaucoup de mal à toutes les lire et à tout suivre", explique Bénédicte Thys, directrice de la section fondamentale de l'école Sainte-Louise de Marillac, à Schaerbeek. "Même pendant les vacances, on lit nos mails et heureusement qu'on l'a fait parce que sinon quand on rentrait après nos vacances, on était submergés de circulaires. (...) Donc oui, on reçoit du travail pendant les vacances. Eux (à la FWB), ils supposent qu'on les lira à la rentrée mais bon, nous on les lit quand on les reçoit parce qu'on a envie de se tenir au courant et c'est pas toujours évident. (...) Le droit à la déconnexion et au repos, depuis le début du Covid, on doit avouer qu'on ne l'a pas beaucoup parce que les circulaires arrivaient le vendredi à 17h58 ou le mercredi après-midi et donc on est à l'affût surtout quand ce sont des circulaires importantes qu'on attend."

Une surcharge due au Covid

Au cabinet de la Ministre de l'Enseignement Caroline Désir, on est bien conscient de la charge de travail induite par un tel afflux de circulaires. Mais une bonne partie de ces circulaires sont liées à la situation sanitaire et aux procédures à mettre en place, parfois en urgence. En outre, explique le porte-parole de la Ministre, "il a fallu attendre la fin des travaux du parlement, mi-juillet, pour rédiger bon nombre de circulaires mettant en oeuvre une série de réformes qui venaient tout juste d'être adoptées. Mais nous n'attendons pas des directions qu'elles lisent tout ce qu'elles reçoivent pendant les vacances." 

Par ailleurs, le cabinet a déjà mis en oeuvre une série de mesures destinées à réduire la charge administrative des écoles. Mais elles ne se font pas encore sentir en cette rentrée de septembre placée sous le signe du Covid-19.  

 

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