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Environnement

Une COP "biodiversité" pour faire coexister l’Homme et 50.000 autres espèces sur la Terre

L'invité dans l'actu : Catherine Debruyne

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11 juil. 2022 à 11:19Temps de lecture3 min
Par Anthony Roberfroid, d'après une interview menée par Marie Vancutsem

Des animaux, des algues, des champignons, … 50.000 espèces sauvages répondent aux besoins de milliards d’êtres humains sur Terre. Mais cette coexistence se passe-t-elle dans les meilleures conditions sans nuire à la biodiversité ? Pas forcément…

Le GIEC de la biodiversité, qu’on appelle l’IPBES (la Plateforme Intergouvernementale Scientifique et Politique sur la Biodiversité et les Services Écosystémiques), vient de sortir un rapport pour analyser ces espèces et proposer des solutions de coexistence durable.

Cette analyse de milliers d’espèces et de leurs habitats concerne presque tous les êtres vivants de la Terre comme le révèle Catherine Debruyne, experte en biodiversité auprès du Service public de Wallonie : "Ça concerne à peu près tous les groupes d’espèces animales et végétales, que ce soit les poissons, les mammifères, les reptiles, les amphibiens et les plantes, mais aussi les arbres et les plantes", détaille-t-elle.

Ces deux derniers sont notamment fortement impactés par l’activité humaine : "Les prélèvements sont faits de manière assez différente. C’est le cas par exemple pour l’alimentation, mais il y a aussi pas mal de plantes qui sont prélevées pour des médicaments, pour des produits d’hygiène, et les arbres sont plutôt prélevés pour du bois de chauffage, pour cuisiner, mais aussi pour la construction, l’ameublement, etc.".

Une cohabitation difficile

Dans leur rapport, les experts de l’IPBES constatent plusieurs types de problèmes concernant la coexistence de l’homme avec les autres espèces.

Ils mettent notamment en exergue l’exploitation de la nature qui reste l’un des plus grands dangers pour la biodiversité : "La surexploitation est la première menace sur le milieu marin et la deuxième menace la plus importante sur les milieux terrestres", indique Catherine Debruyne.

Et d’ajouter : "Cette surexploitation est principalement due à la croissance démographique, à l’augmentation de la consommation de beaucoup de citoyens du monde et il y a aussi le fait qu’on a souvent une déconnexion, souvent dans les pays développés, entre le consommateur lui-même et le lieu d’origine du produit qu’il consomme. Donc, de ce fait, il ne voit pas l’impact que ça a sur son environnement."

Comment procéder pour que cette cohabitation se passe au mieux en respectant la biodiversité ?

Pour favoriser la cohabitation entre les Hommes et les différentes espèces, plusieurs bonnes pratiques sont sur la table. Et s’inspirer des peuples autochtones pourrait notamment être une piste intéressante à suivre : "Les peuples autochtones, qui vivent en général en harmonie au niveau local avec leur environnement direct, ne prélèvent en général que ce qui est nécessaire à leur survie au quotidien. Ils ne prélèvent pas plus, ils sont tellement bien connectés avec leur milieu environnant et en plus ils ne polluent pas", note la chercheuse.

Catherine Debruyne donne alors plusieurs conseils pour éviter de surexploiter les ressources animales et naturelles de la Terre : "On peut essayer de consommer plus local. On peut prendre l’exemple du bois, du bois d’œuvre ou du bois d’ameublement. C’est vrai que souvent on va chercher du bois qui vient de très loin et, du coup, on ne se rend pas compte que ce bois vient peut-être de trafics, ou même s’il est exploité de manière labellisée, on ne voit pas l’impact que ça peut avoir".

La chercheuse met également en exergue les pressions qui viennent s’appliquer sur le milieu forestier : "Il y a également l’augmentation des superficies agricoles de par le monde. Les endroits où on vient prélever, que ce soit le bois ou d’autres ressources forestières, s’intensifient dans des forêts qui s’amenuisent de plus en plus. Et donc, là aussi, ça met de plus en plus en péril les moyens de subsistance des communautés locales, qui se voient un petit peu souvent pillées de leurs ressources par des grandes multinationales qui viennent tout chercher."

Une COP "diversité" d’ici la fin de l’année

D’ici la fin de l’année, une COP consacrée à la biodiversité devrait avoir lieu. Une manière de se mettre d’accord à l’échelle internationale sur des règles à suivre : "Lors de cette COP, on est censé adopter un cadre mondial pour préserver la biodiversité dans son ensemble." explique Catherine Debruyne. "Les prélèvements d’espèces sauvages font partie des plus grandes menaces qui pèsent sur la biodiversité, et donc il y a toute une série de mesures qui sont déjà proposées dans ce cadre pour essayer d’intégrer la biodiversité dans les différents secteurs. Par exemple, dans le secteur de la pêche, demander à ce qu’on réduise ou à ce qu’on élimine les subsides négatifs. Ici, dans le secteur de la pêche, on voit qu’il y a beaucoup de subsides qui sont octroyés à des flottes de pêche de plus en plus grandes et non pas au petit pêcheur qui respecte plus son environnement. Il va aussi y avoir une demande de communiquer plus, d’intégrer la biodiversité dans les programmes d’éducation pour que tout un chacun se rende compte de ce qu’est la biodiversité et pourquoi il est important de la préserver", conclut-elle.

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