Regions

Une culture de grains de moutarde 100% belge et bio

© © Tous droits réservés

23 août 2022 à 13:35Temps de lecture1 min
Par Véronique Fouya

Une sécheresse historique au Canada en 2021, une chute de la production en France en 2022, la guerre en Ukraine, la flambée des prix des graines et du transport, le Covid aussi ... Tous ces éléments ont convaincu la moutarderie Bister qu'il était temps de s'affranchir de ces dépendances conjuguées et de relocaliser sa production. Aujourd'hui, le mouvement est en marche, l'entreprise produit des graines en Wallonie et les résultats sont encourageants. 

La tentation de la Wallonie

Bister, ce sont des moutardes de chez nous - l'entreprise est implantée à Ciney - mais elles sont élaborées avec des graines importées du Canada et des pays de l'Est. Pourtant, depuis 3 ans, une petite révolution interne est en marche, il s'agit ni plus ni moins de relocaliser petit à petit la production. "Nous poursuivons deux objectifs : d'abord, réduire notre dépendance face à nos fournisseurs étrangers et ensuite, diminuer notre empreinte carbone" précise Arthus de Bousies, le directeur de Bister. Depuis 3 ans, la moutarderie s'est donc lancée dans une filière locale et bio à laquelle contribuent 9 agriculteurs wallons . Avec l'aide de Farm for Good, et de l'UCLouvain aussi, ces agriculteurs se sont peu à peu familiarisés avec ces semences : "à quelle période faut-il semer? Comment se comporte cette culture face à une sécheresse ? Résiste-t-elle à l'humidité ? Qu'en est-il des insectes ? Il a fallu se réapproprier toute une série de savoirs et de connaissances".  Les résultats sont encourageants : 45 tonnes ont été produites de cette manière ce qui équivaut à 225 tonnes de moutarde. Un peu plus douces au palais que les autres gammes. 

Produire plus pour faire baisser le prix de vente

Bien sûr, cette production reste encore très limitée : elle représente à peine 3% du volume global écoulé par la moutarderie mais à terme, la volonté est bien de la développer au maximum. Côté consommateur, le fait qu'elle soit encore produite à petite échelle, et en bio, se répercute naturellement sur le prix et l'un des défis est de pouvoir la vendre à un prix qui reste attractif. Aujourd'hui, elle est 25% plus chère qu'une autre moutarde de la même gamme mais l'écart devrait diminuer parallèlement à l'augmentation de la production.

Articles recommandés pour vous