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Le + grand musée

Une expo à voir : plongée dans la préhistoire à la découverte des Mammouths…

A la Préhistoire, les mammouths parcouraient la steppe glacée
22 avr. 2022 à 06:43 - mise à jour 22 avr. 2022 à 06:43Temps de lecture5 min
Par Jean-Pol Hecq

L’origine du mot " mammouth " est incertaine. Il pourrait dériver du nom du géant biblique " Béhémoth " ou encore d’une racine " ma " ou " mama " qui signifie " terre " dans les langues des peuples sibériens. Le terme pourrait aussi provenir du russe “мамонт” qui signifierait “corne de terre”. C’est dans ces lointains territoires que les premiers restes de ce gigantesque mammifère ont été découverts. Ces milliers d’ossements, de défenses et de carcasses congelées ont suscité toutes sortes d’interprétations.

L’espace muséal d’Andenne propose une exposition temporaire “MAMMOUTH ! Steppe by steppe” (du 02.12.2021 au 01.05.2022) pour mieux les découvrir.

À propos de l’exposition

L’exposition MAMMOUTH ! Steppe by steppe s’adresse aux petits comme aux grands amateurs de découvertes archéologiques et scientifiques. Avec le titre, le lecteur devine directement l’environnement dans lequel ce géant disparu a évolué. Dès ses premiers pas dans l’exposition, le visiteur découvre petit à petit (step by step), les spécimens de mammouths entourés de leurs contemporains le rhinocéros laineux, la hyène des cavernes, le loup, le renne, le harfang des neiges, et tant d’autres exposés à l’Espace muséal d’Andenne jusqu’au 1er mai 2022.

Cette scénographie poétique est le fruit du travail d’un binôme mère-fille talentueux : Ludivine Nys (scénographe) et Véronique Françoise-Nys (aquarelliste). Grâce à elles, d’un coup d’œil, nous sommes plongés dans la " steppe à mammouth ", ses couleurs, son ambiance et sa végétation, qui est le décor pour la valorisation de spécimens issus des collections de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, du Musée du Malgré-Tout, du Préhistomuséum, du département de Géologie de l’Université de Liège et de l’Espace muséal d’Andenne.

Tendez la main à Véronique de Miomandre qui vous emmène, grâce à l’audioguide consacré, dans un voyage conté à travers la " steppe à mammouths ".

Paysage de « steppe à mammouth » par l’aquarelliste Véronique François NYS
Paysage de « steppe à mammouth » par l’aquarelliste Véronique François NYS © Tous droits réservés

Un fragment de défense de mammouth, une mâchoire de bébé mammouth, retrouvés dans les sédiments de la Grotte Scladina à Sclayn. Le pachyderme a bien foulé le sol de notre région il y a plusieurs dizaines de milliers d’années…

Pendant plus de 400.000 ans, l’éléphantidé a arpenté avec les steppes de l’Eurasie et côtoyé les hommes préhistoriques, nourrissant mythes et légendes. Aujourd’hui encore, il s’invite dans notre imaginaire collectif. Mais que sait-on vraiment de lui ? Quel était son écosystème ? Quelle était sa relation avec les hommes ? Et que dit sa disparition du changement climatique ?

Le visiteur est invité, au fil de l’exposition, à se poser ses propres questions sur son impact sur notre environnement actuel mais aussi à s’engager, symboliquement, à mettre en place de petits gestes qui permettront que d’autres espèces ne subissent le sort qu’a connu le mammouth.

Exposition réalisée à partir du concept de l’exposition " Au temps des mammouths " du Muséum national d’histoire naturelle à Paris, et de son adaptation " Un temps de mammouth, portrait d’un géant disparu " par ARCHÉA, Archéologie en Pays de France.

Un parcours step (pe) by step (pe)

© Tous droits réservés

Que savons-nous du Mammouth ? D’où venait-il ? Qui était-il ? Quelles étaient ses relations avec les Hommes préhistoriques ? Pourquoi a-t-il disparu ? Est-ce que les moteurs de sa disparition étaient les mêmes que ceux qui poussent ses cousins, les éléphants d’Afrique et d’Asie, sur les chemins immuables de l’extinction ?

Toutes ces questions sont abordées dans le parcours grâce à divers médias qui naviguent entre la poésie des audioguides, des panneaux didactiques et les objets archéologiques et paléontologiques découverts sur le territoire européen, avec toutefois un accent particulier mis sur les collections belges qui sont à la fois riches et variées.

Statuette anthropomorphe du Trou Magrite, Dinant, découverte par E. Dupont (1865) et conservée à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique
Statuette anthropomorphe du Trou Magrite, Dinant, découverte par E. Dupont (1865) et conservée à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique IRSNB.

Le mammouth se retrouve sous toutes les formes : le squelette remonté, des fragments dentaires et osseux, parfois ciblés par les animaux charognards, comme les hyènes des cavernes, parfois transformés de la main de l’Homme comme la statuette du Trou Magrite finement sculptée dans de l’ivoire de mammouth.

Bien qu’il s’agisse d’un exemplaire unique sur notre territoire, les restes de mammouths ont été utilisés à différentes fins et ce dès le Paléolithique moyen où l’Homme de Néandertal a sculpté dans des ossements de mammouth, notamment, des outils en os (retouchoirs) destinés à modifier les tranchants de leurs outils en pierre. De véritables ateliers de fabrication de perles et d’ornements en ivoire de mammouth ont aussi été découverts dans d’autres sites comme la célèbre grotte de Spy où toutes les étapes de la fabrication de perles en ivoire de mammouth ont été mises au jour.

Bien que les hommes préhistoriques aient récupéré des matières premières sur les carcasses de mammouths et qu’ils les aient probablement chassés aussi, malgré la difficulté technique et le danger qu’engendre ce type d’activité, l’exploitation des mammouths n’était pas du tout “industrialisée” comme celle des ivoires d’éléphants, braconnés pour servir les intérêts mercantiles de “faiseurs de miracles” venant parfois de pays situés à des milliers de kilomètres des lieux d’abattage de ces mastodontes dont les populations sont de plus en plus clairsemées.

Bientôt clonés ?

Le mammouth est à la fois proche et lointain. Bien que l’essentiel de ces animaux ait disparu au tournant entre le Pléistocène et l’Holocène, il y a environ 10 000 ans, certaines populations ont survécu jusqu’à il y a environ 3500 ans, à l’époque où les Egyptiens bâtissaient leurs fameuses pyramides et où les Européens dressaient les pierres de Stonehenge.

Il s’agit aussi de l’un des mammifères préhistoriques les mieux documentés car grâce à la conservation exceptionnelle de centaines de carcasses prisonnières depuis plusieurs millénaires dans le permafrost sibérien que le réchauffement climatique altère, révélant à la fois de magnifiques peluches préhistoriques aux yeux du monde tout en libérant dans l’atmosphère des gaz à effet de serre produit par les cadavres en putréfaction. Ces découvertes n’ont donc fait que se multiplier et ont permis d’emmagasiner une série d’informations liées tant à son aspect, momifié dans la glace, qu’à son alimentation, conservée dans son tube digestif, et à son ADN.

Faut-il néanmoins le cloner et ramener sur terre une espèce éteinte naturellement ? Il est difficile de trancher objectivement cette question. Certes les enjeux scientifiques sont réels mais que serait un mammouth isolé dans un environnement qui ne cesse de se dégrader et qui est de moins en moins propice à sa survie.

Au-delà des prouesses techniques, il convient de raisonner sur la place qu’occuperait ce ou ces spécimens et l’utilisation, probablement mercantile qu’en feraient les financeurs de ce type de projet. Un “Pléistocène Park” a-t-il sa place ici et maintenant, à l’heure où nous peinons à trouver des solutions pour limiter notre impact climatique dont les répercussions sont directement visibles sur les populations de mammifères actuels comme les éléphants et les ours polaires ?

En pratique

A l’Espace Muséal d’Andenne jusqu’au 1er mai 2022

 

Le Phare – Promenade des ours

5300 Andenne

 

Infos et conditions de visite : www.lephare-andenne.be

 

Tél. : 085/84 96 95

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