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Une femme sur deux hébergée en maison d’accueil se déclare victime de violences conjugales

© JEFF PACHOUD / AFP

14 sept. 2022 à 14:05Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Théa Jacquet

Une femme sur deux hébergée dans une maison d’accueil en Belgique francophone est victime de violences conjugales et/ou intrafamiliales. Celles-ci sont exacerbées par la crise sanitaire, rapporte mercredi la Fédération des maisons d’accueil et des services d’aide aux sans-abri (AMA) qui émet des recommandations.

Parmi les personnes prises en charge par le secteur d’aide aux sans-abri, beaucoup sont des femmes ayant fui leur foyer à cause de violences conjugales, en témoignent le nombre croissant de femmes sans-abri. En Région bruxelloise, celui est passé de 329 en 2008 à 938 en 2019 pour atteindre 1110 en 2020, rapporte l’AMA.

Durant la crise sanitaire, la Région a créé des places d’accueil de crise, on y retrouvait une population de 300 femmes contre 101 hommes en 2020. En effet, depuis le début de premier confinement, les femmes ont été priorisées afin de les mettre à l’abri des violences conjugales.

Les violences exacerbées durant la crise sanitaire

En 2019, les centres d’hébergement wallons et bruxellois agréés ont accueilli au total 4260 victimes de violences conjugales : 2053 à Bruxelles et 2207 en Wallonie. Celles-ci sont majoritairement des femmes. "Ces chiffres seraient encore plus importants s’il était possible de comptabiliser le total des victimes prises en charge par l’ensemble du secteur de l’aide aux sans-abri", précise Isabelle Carles, coordinatrice de cette étude.

Ces violences ont été exacerbées pendant la crise sanitaire en raison du confinement obligatoire. Cela a provoqué une demande croissante de places d’accueil dans des structures déjà saturées et soumises à des restrictions sanitaires limitant encore leurs capacités.

Afin d’atténuer les effets néfastes de la pandémie sur l’accueil des victimes de violences conjugales, la Région a ouvert des places d’accueil à un public exclusivement féminin, notamment en mettant à disposition des chambres d’hôtel vacantes, faute de touristes.

La région a également garanti aux femmes sans-papiers un accueil gratuit, se réjouit l’AMA qui souhaite que cette mesure soit généralisée et pérennisée.

Plusieurs recommandations émises

La Fédération émet par ailleurs d’autres recommandations comme l’augmentation du nombre de travailleurs qualifiés dans les structures d’aides, notamment des psychologues. Elle souhaite également maintenir et généraliser l’accueil 24 heures sur 24 afin de garantir un meilleur suivi des victimes.

Elle recommande par ailleurs de favoriser la non-mixité des centres d’hébergement, et ce, afin de protéger les victimes de violences conjugales.

L’AMA plaide également pour un accès plus facile des victimes aux institutions médicales spécialisées mais aussi pour une augmentation de la capacité de la ligne d’écoute aux victimes et une meilleure formation des répondants.

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