Cinéma

Une grande vadrouille de 55 ans déjà !

Et pour vous, c’est laquelle votre scène préférée dans cette vadrouille rigolote ?

© StudioCanal

06 déc. 2021 à 11:00Temps de lecture3 min
Par Nicolas Buytaers

Le 8 décembre 1966, il y a 55 ans, les spectateurs découvraient en salles ce qui allait devenir une comédie culte, l’un des films les plus populaires du Cinéma français. Son titre ? "La grande vadrouille", de Gérard Oury avec les deux stars de l’époque, Louis de Funès et Bourvil. Petit retour et détour sur cette grande échappée !

Il n’y a pas d’hélice hélas…

C’est là qu’est l’os !

Bon d’accord, ça, c’est l’une des dernières répliques de "La grande vadrouille". Pourquoi commencer par la fin quand depuis le début de cette histoire, les punchlines fusent ? Pourquoi pas, en fait ! ? Des punchlines comme celle-ci…

Mais comment ça merde alors ! But alors you are french !

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Voilà donc 55 ans que cette "Grande vadrouille" nous fait rire. Un demi-siècle pour une histoire qu’on ne se lasse pas de revoir et re-revoir et re-re-revoir. Mais au fait, elle parle de quoi cette histoire (pour ceux qui ne l’auraient jamais vue) ? Nous sommes en plein Seconde guerre mondiale à Paris. Les Allemands occupent la capitale française. Une capitale survolée par un avion de la RAF. Ouvrons une parenthèse : on peut voir 4 parachutistes anglais dans cet avion. Quand ils sautent, ils sont cinq. Et pendant le reste du film, on ne se préoccupe que de 3 d’entre eux dont Big Moustache et MacIntosh. Refermons notre parenthèse. Bref, sur le plancher des vaches, d’un côté, vous avez Augustin Bouvet, peintre en bâtiment, et de l’autre, Stanislas Lefort, chef d’orchestre à l’Opéra de Paris. Ces deux-là recueillent deux de nos parachutistes anglais. Leur mission ? Réunir les Anglais et les emmener en zone libre…

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À la sortie du film, la presse française est partagée. Deux camps se distinguent avec la Team Pro Grande vadrouille et la Team Anti Grande vadrouille. Pour les uns comme le journal L’Humanité, "La grande vadrouille est un grand film comique français […] et le premier de ce genre si difficile à manier". Pour les autres comme Le Nouvel Observateur, "ce film est une somptueuse misère, une médiocrité richissime […] J’enrage de voir un comédien aussi doué pour le comique que Louis de Funès galvauder son talent dans ça." Et puis, il y a le public. Des spectateurs qui ne se sont pas trompés en allant voir cette comédie. Des spectateurs qui sont même retournés la voir tellement ils l’avaient aimée. Je vous rappelle que "La grande vadrouille" est le 3e plus grand succès de l’Histoire du 7e Art de l’Hexagone avec 17 millions d’entrées derrière "Intouchables" avec 19 millions d’entrées et "Bienvenue chez les Ch’tis" avec 20 millions d’entrées. Même à l’international comme on dit, le film a cartonné avec, entre autres, plus de 34 millions d’entrées en ex-URSS.

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Et dire qu’au départ, ce film aurait dû s’intituler "Le corniaud 2" ! En effet, après le succès du film "Le corniaud" en 1964, Gérard Oury voulait reformer son duo magique et gagnant, à savoir Louis de Funès et Bourvil. Il a donc commencé à imaginer un "Corniaud 2" mais le film n’a jamais vu le jour car il a surtout préféré ressortir d’un fond de tiroir un autre scénario. Une histoire écrite des années auparavant avec des premiers rôles… féminins. Un détail confirmé par Danièle Thompson, coscénariste du film et fille du réalisateur, lors d’une interview accordée à nos confrères français du magazine Télé 7 jours : "Mon père a repris un script original du scénariste Jean-Charles Tacchella, qui n’avait jamais été adapté sur grand écran, à savoir la cavale de jumelles et d’une nonne, qui cachent des parachutistes anglais pendant la Seconde Guerre mondiale."

Et vous, combien de fois avez-vous déjà regardé ce film culte ?
Et vous, combien de fois avez-vous déjà regardé ce film culte ? StudioCanal

Autres détails et non des moindres. Aujourd’hui, via de bons guides et l’aide des différents offices du tourisme locaux français, vous pouvez vadrouiller sur les lieux de tournage de cette comédie. Des Hospices de Beaune (qui à l’époque n’étaient pas encore un musée mais un véritable hôpital) à Meursault (la scène de la Kommandantur a été réalisée dans la mairie qui était l’ancien château fort de Meursault), en passant par le parc zoologique de Vincennes (dans le 12e arrondissement de Paris, avec son bassin des phoques vidé de ses occupants pour la scène) et le fameux Opéra Garnier (dans le 9e arrondissement). D’ailleurs "La grande vadrouille" est le premier film à montrer au cinéma la grande salle de l’Opéra Garnier. Une autorisation spéciale avait été demandée à l’époque au ministre de la Culture, le romancier André Malraux.

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