Psychologie

Une même vision du monde est plus importante que des caractères communs dans une relation

Une même vision du monde est plus importante que des caractères communs dans une relation

© Tim Robberts - Getty Images

07 oct. 2021 à 14:06Temps de lecture2 min
Par Chloé Rosier

Beaucoup ont déjà ressenti l’impression de coup de foudre. Que ce soit en amour ou en amitié, vous croisez cette personne et en quelques minutes, vous êtes sur la même longueur d’onde... En un mot, le courant passe (vous avez remarqué comme les métaphores sur ce type de relation sont fortement liées à l’électricité ?).

Mais pourquoi et comment avez-vous eu cette connexion sans même connaître l'autre ?


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Le secret serait dans notre vision du monde plutôt que dans des hobbys semblables comme Maya Rossignac-Milon, psychologue de l’Université Columbia (USA), interviewée par la BBC, l'appelle : "donner un sens au monde ensemble".

La réalité partagée : le secret des relations qui marchent

Si de nombreuses recherches se sont concentrées sur les sentiments que l’on ressent les uns pour les autres, très peu se sont posées la question de ce qu’appelle Maya Rossignac-Milon : le troisième partenaire de toute relation, "la réalité partagée".

Citant l’écrivain CS Lewis : "Ce qui pousse les gens à être amis, c’est qu’ils voient la même vérité. Ils la partagent."

Maya Rossignac-Milon et E Tory Higgins ont poussé les recherches et développé un questionnaire pour analyser cette réalité partagée dans les couples. Si elles se sont concentrées sur les relations amoureuses, elles expliquent malgré tout que cela fonctionne également pour les relations amicales.


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Dans leur étude, chaque partenaire doit évaluer son accord ou son désaccord avec des affirmations telles que "Nous pensons souvent aux choses exactement au même moment" ou "Grâce à des discussions, nous arrivons souvent à une perspective commune".

Selon leurs résultats, plus les personnes vivaient une réalité partagée avec leur partenaire, plus elles étaient engagées l'une envers l'autre. Plus on se sent fusionnel, plus on est proche de l'autre et on s'engage dans la relation. En toute logique.

Le coup de foudre se baserait sur la réalité partagée plutôt que sur les personnalités

La recherche de Maya Rossignac-Milon remet donc en question la fameuse idée reçue sur les nouvelles relations : nous sommes surtout attirés par des personnes qui nous ressemblent. Le fameux "qui se ressemble, s'assemble".

Selon Paul Eastwick, professeur de psychologie à l’Université de Californie à Davis qui étudie les relations : "Ce qui est particulièrement fascinant dans le travail du Dr Rossignac-Milon sur la réalité partagée, c’est qu’il rappelle que la similitude est souvent une chose que deux personnes créent ou découvrent ensemble dans l’instant. Ce n’était pas "là" sur papier avant que l’interaction n’ait lieu."

Une idée qui met à mal la manière de fonctionner de nombreux sites de rencontres. Pour l'instant, les algorithmes tentent de rapprocher les gens qui ont des hobbys parallèles ou des préférences physiques spécifiques. Et s'il fallait plutot se pencher sur la manière de voir le monde?

Un premier rendez-vous au musée plutôt qu’au café

"De toute façon les cafés et les restaurants sont fermés" vous allez nous dire et vous n’avez malheureusement pas tort. Mais en temps normal, il est conventionnel de se rencontrer pour la première fois dans un bar ou un café pour discuter de tout et de rien afin de faire connaissance et de voir si un lien s’établit, le fameux "petit truc".

Si l’on en croit l’étude Dr Rossignac-Milon, il vaudrait peut-être mieux se retrouver pour partager une activité culturelle telle qu’une visite au musée afin d’échanger sur ce que vous voyez et vivez et ainsi voir directement si vous partagez le même univers, la même vision du monde et ressentez ce "petit truc".

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