Une naissance sur cinq est donnée par une mère isolée

Cute little girl and Mother whit protective mask standing next to the window

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29 mai 2021 à 15:08Temps de lecture2 min
Par N.J.

L’âge à la première maternité ne cesse d’augmenter depuis ces dernières années. Selon une enquête de l’office des statistiques belge, Statbel, aujourd’hui, une mère a en moyenne 31 ans à la naissance de son enfant contre 28,2 ans en 2010. Mais ce n’est pas la seule donnée qui interpelle puisqu’aujourd’hui, dans 19,8% des cas, c’est une mère isolée qui donne naissance à l’enfant.

"Les gens peuvent avoir des enfants comme ils veulent quels que soient leurs situations et leur genre", explique Philippe Andrianne, Président du Conseil d’avis de l’Office de la naissance et de l’enfance.


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Avoir des enfants quelle que soit sa situation ou son âge est un évènement heureux dans la plupart des cas. Mais il peut nécessiter davantage d’investissement pour les parents isolés. Qu’il s’agisse de femmes ou d’hommes, l’apport financier ne sera pas le même.

"Le problème quand on est isolé, c’est qu’on a en général moins de revenus et qu’on est plus dépendant des garderies et des systèmes extrascolaires pour concilier la vie de famille. C’est là que le problème se situe. Il est plus difficile de s’organiser et on a moins de solidarité. Un enfant naît dans une famille unie, il y a très souvent deux salaires, des frais de garde en moins car l’un et l’autre s’arrangent pour garder et accompagner l’enfant", ajoute-t-il.

Prise de conscience de la part des mères isolées

Pour certaines femmes, c’est une obligation. Pour d’autres, c’est une volonté. C’est le cas de Sophie, à 39 ans, elle a décidé de fonder une famille.

"Cela faisait des années et des années que je rêvais de rencontrer quelqu’un et de fonder une famille. Malheureusement, les choses de la vie ont fait que je n’ai rencontré personne. À l’approche de la quarantaine, je me suis lancée et j’ai décidé de me faire inséminer. J’étais consciente de l’engagement que ça allait me prendre en cas de succès".


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Choisir d’avoir un enfant est toujours une grande décision où il faut prendre en considération l’aspect financier, émotionnel et psychologique.

"Faire ce choix n’a pas été difficile car je le voulais vraiment. Je voulais procréer et avoir un ou une mini Sophie. J’étais consciente du temps que ça allait me prendre et de l’investissement financier mais je ne m’inquiète pas".

Les femmes isolées souvent au chômage

D’autres parents isolés, hommes ou femmes, ont moins de chances et n’ont pas forcément un travail. C’est un constat observé par La Ligue des Familles. Au sein des familles monoparentales, ce sont les femmes qui sont clairement les plus malmenées avec un taux de chômage de 23,6%. À titre de comparaison, ce taux de chômage est de 11,1% pour l’ensemble des ménages avec enfants. Pour les papas solos, il est de 15,9%, pour les femmes en ménage, il est de 10,1%. Toutefois, un parent isolé à la naissance ne restera sans doute pas isolé toute sa vie.

"Il y a des gens en situation de séparation qui vont certainement se remettre dans un autre couple, un autre ménage. Dans les 19,8% de mère isolée, ce sont jamais les mêmes parents qui restent isolés. Il y a énormément d’enfants qui vont connaître plusieurs noyaux familiaux dans la recomposition des familles", témoigne Philippe Andrianne.

Cette recomposition des familles peut arriver à tout moment. En attendant, être un parent isolé ne change en rien le développement de l’enfant.

"En général, autour de la maman ou du papa isolé, il y a tout un réseau social qui participe à l’accompagnement de l’enfant. Donc le développement de l’enfant à mon sens et au sens de l’ONE n’entame en rien le développement de l’enfant", ajoute le Président de l’ONE.

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