Cuisine

Une nouvelle forme de viande cultivée à la saveur et à la texture "plus naturelles"

Une nouvelle forme de viande cultivée à la saveur et la texture "plus naturelles".

© ljubaphoto - Getty Images

22 janv. 2021 à 11:00Temps de lecture2 min
Par RTBF TENDANCE avec AFP

Fabriquée à partir de cellules de lapin, cette fausse viande ou viande synthétique, selon les nombreuses appellations existantes, pourrait se substituer à terme à celle que l'on connait tous, en raison de la crise de l'approvisionnement en viande et de ses conséquences sur l'environnement. Une alternative qui n'est pas encore viable aujourd'hui et de nombreux experts estiment d'ailleurs que renoncer à la viande partout dans le monde ne résoudra pas la crise climatique.

Alors que certains débattent sur le nom à donner aux nombreuses viandes de substitution qui ne cessent de voir le jour ces derniers mois, comme ce faux bœuf produit grâce à une imprimante 3D en Espagne et en Italie. Et alors que d'autres pointent du doigt le fait que ces alternatives ne s'apparentent en rien à de la viande, les chercheurs progressent à vitesse grand V sur de nouvelles formes de viande de culture, des viandes fabriquées à partir de cellules animales essentiellement. Comme par exemple du poulet artificiel réalisé pour la première fois à Singapour en décembre 2020.

Une technique inspirée de la culture de tissus pour les greffes

La dernière trouvaille en date vient tout droit du Canada, où des chercheurs disent avoir mis au point une nouvelle forme de viande cultivée reposant sur une technique adaptée de la méthode utilisée pour cultiver des tissus pour les greffes humaines. Une production lointaine mais moins délocalisée que la viande imprimée dans l'ISS en 2019.

Cette viande de substitution promettrait, selon eux, "une saveur et une texture plus naturelles que d'autres alternatives à la viande traditionnelle d'animaux". 

Publiée dans la revue Cells Tissues Organs, la méthode utilisée par les chercheurs de l'université McMaster au Canada repose sur le fait d'empiler de très fines couches de muscles et des cellules graisseuses cultivés en laboratoire, jusqu'à former des "tranches de viande".

Les chercheurs affirment pouvoir reproduire le persillage et la teneur en gras de n'importe quel morceau de viande avec cette nouvelle technique.

"Les consommateurs pourront acheter de la viande avec le pourcentage de matières grasses de leur choix - comme ils le font avec le lait", expliquent Ravi Selvaganapathy et Alireza Shahin-Shamsabadi de la School of Biomedical Engineering de l'université de McMaster.

Cette nouvelle méthode a été testée en fabriquant de la viande à partir de lignées de cellules de souris disponibles, autant dire qu'on n'a pas trop envie de la goûter en l'état. Mais les chercheurs précisent qu'ils ont ensuite fabriqué et cuit un échantillon de viande cultivé créé à partir de cellules de lapin. "Cela ressemblait et avait le goût de la viande", affirme l'un des deux chercheurs. 

Bientôt dans nos supermarchés ?

"Actuellement, la production de viande n'est pas durable. Il doit y avoir une autre façon d'en créer", expliquent les scientifiques. Ces derniers estiment également que cette nouvelle méthode peut être adaptée au bœuf, au porc ou encore au poulet et qu'elle peut se prêter à une production à grande échelle. 


Lire aussi : Le bœuf banni d'une université londonienne pour sauver le climat


Et pour celles et ceux qui pensent qu'il ne s'agit que de "science-fiction", la publication précise que les chercheurs ont d'ores et déjà créé une start-up pour commencer à commercialiser cette nouvelle technique.

Sur le même sujet

Les viandes in vitro ne sont peut-être pas la meilleure alternative à la viande traditionnelle, selon l'OMS

Environnement

Et si vous pouviez manger du foie gras sans tuer de canard ? Le foie gras de culture serait la révolution !

Environnement

Articles recommandés pour vous