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Week-end Première

Une nouvelle hypothèse pour expliquer le long cou de la girafe

Pasquale ramène sa science

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Les girafes font l’objet depuis longtemps d’une polémique scientifique. Pourquoi ont-elles un long cou ? Serait-ce pour manger les feuilles des arbres les plus hautes ? Pas forcément ! La question fait débat parmi les spécialistes, et pourrait bien être tranchée avec une nouvelle découverte. Explications avec le scientifique Pasquale Nardone.

Fondamentalement, les girafes n’ont que 7 vertèbres cervicales, comme nous. La différence est que chaque vertèbre fait 40 centimètres de longueur, contre 4 centimètres chez l’humain. Leur cou fait donc déjà 2m80, sur une hauteur totale qui peut atteindre 5m50.

La vision darwinienne de l’évolution et de l’adaptation des animaux, veut que la sélection naturelle ait avantagé les girafes au long cou. Elles pouvaient ainsi atteindre les feuilles sur les branches les plus hautes.

Pixabay

Un fossile de type inconnu

Cette théorie est remise en question par une étude publiée récemment dans la revue Science, par une équipe chinoise menée par Shi-Qi Wang, de l’Institut de Paléontologie et de Paléoanthropologie des Vertébrés à l’Académie des Sciences de Pékin.

Les chercheurs ont découvert, au nord-ouest de la Chine, un fossile qui date de 17 millions d’années. Il est de type giraffoidea, il appartient donc à la famille des girafes, des okapis, qui donnera d’autres embranchements comme les bovins, les antilopes, les cerfs, les rennes, les chèvres…

Caractéristique commune : les mâles ont une technique particulière pour se battre entre eux pour l’accès aux femelles. Ils se donnent des coups de tête.

Une aptitude au combat

En étudiant l’ensemble des vertèbres de ce fossile, nommé Discokeryx xiezhi, les chercheurs ont pu découvrir qu’il s’agit bien d’un giraffoidea, qu’il a sur la tête un disque très épais et osseux, qui laisse penser qu’il y avait attaque à coups de tête entre mâles. Ils ont aussi constaté que les vertèbres cervicales sont extrêmement dures, comparées aux autres fossiles.

Ils ont remodélisé en 3 dimensions l’ensemble des vertèbres pour observer par simulation numérique ce qu’il se passe lorsqu’il y a un coup de tête entre mâles. Cette articulation spécifique tête-cou est tout à fait particulière et extrêmement complexe, la plus complexe connue à ce jour.

Ils ont pu démontrer que le coup de tête donné est particulièrement violent, grâce à ce disque osseux sur le crâne de l’animal, et que lorsque la taille des vertèbres augmente, l’impact est augmenté.

Une évolution liée à la sélection sexuelle

Les scientifiques ont donc émis l’hypothèse que la nature a sélectionné les mâles qui avaient les plus grandes vertèbres, parce que c’était eux qui arrivaient à donner les plus grands coups de tête et donc à vaincre les autres mâles pour se reproduire. La flexion de leur tête peut atteindre 50°, ce qui leur permet de donner des 'coups de boule' très intenses.

Par la reproduction, ce caractère s’est transmis pour en arriver à la girafe que nous connaissons, avec ses fameuses vertèbres de 40 centimètres de long.

Dans la théorie de l’évolution, on appelle cela une exaptation : une adaptation externe, une adaptation sélective opportuniste. Dans le cas de la girafe, ce caractère est apparu initialement pour favoriser le combat et donc la reproduction, mais il a servi à autre chose, à aller grignoter les hautes feuilles des arbres…

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