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Régions Brabant wallon

Une nouvelle réserve naturelle à Lasne, grâce à l’intervention des castors

Un lieu où on peut observer de nombreuses espèces
20 mai 2022 à 11:15 - mise à jour 20 mai 2022 à 11:152 min
Par Stéphanie Vandreck

Ce site de six hectares en bordure de route était il y a encore quelques années exploité par l’homme : on y trouvait, d’un côté, un champ de maïs et, de l’autre, une exploitation forestière plantée de peupliers destinés à l’industrie du bois. Sur ce terrain, en zone inondable, dans la vallée de la Lasne, les castors ont progressivement trouvé un habitat favorable. "Six mois après leur installation, le champ était déjà devenu en partie un étang. Les bois sont devenus des marécages en l’espace de deux ans", raconte Frédéric Raes. Il est en charge de la gestion de cette nouvelle réserve du "Marais de Chapelle", rachetée il y a deux ans par Natagora.

Par son intervention, le castor favorise le retour de certains biotopes
Par son intervention, le castor favorise le retour de certains biotopes Luc Humblet (illustration)

C’est une espèce clé de voûte, dont la présence favorise toute une série d’autres espèces

Aujourd’hui, le site est le paradis des hérons, des aigrettes et des libellules. "Je n’ai pas le nombre d’espèces recensées en tête, mais c’est énorme, commente le naturaliste. En termes, d’oiseaux, de mammifères, d’insectes… Je crois qu’on a identifié plus d’une centaine de plantes. On a repéré des chauves-souris, des traces de putois". Le responsable du retour de cette riche biodiversité, n’est autre que le castor. "C’est une espèce clé de voûte, dont la présence favorise toute une série d’autres espèces qui dépendent du milieu que le castor entretient. Et plus il y a d’espèces différentes dans un écosystème, plus cet écosystème est résistant", rappelle-t-il. On est donc bien loin de l’image du castor destructeur, à l’origine d’inondations liées aux barrages qu’il construit pour protéger son habitat. "Bien sûr, il y a encore des problèmes, reconnaît notre guide. Mais c’est pour ça que Natagora a créé un groupe de travail autour du castor. Pour travailler à la cohabitation et aider les personnes qui ont des soucis avec la présence des castors".

Entre 200 et 250 castors en Brabant wallon

En Brabant wallon, le castor a été réintroduit il y a une vingtaine d’années sur le bassin de la Dyle. Aujourd’hui, il commence à s’installer également sur ceux de la Gette et de la Senne. On en recense entre 200 et 250 spécimens. "Ça ne devient pas un invasif pour autant parce que c’est un animal qui est territorial, précise Frédéric Raes. Comme il défend donc, si nécessaire brutalement, son territoire pour qu’aucun autre castor ne puisse s’installer, ça limite la population. Il faut aussi savoir que les castors se gardent un très grand territoire : sur deux kilomètres, il y a une seule famille de cinq, six castors. Et quand les jeunes deviennent grands, ils cherchent un nouveau territoire". Le Brabant wallon étant une zone très anthropisée, avec des zones bâties, des zones de cultures, le castor s’adapte à cet environnement. "Quand ils s’installent dans un endroit qui ne leur est a priori pas favorable, ils le transforment, en abattant des arbres, en ouvrant le paysage, en construisant des barrages, en transformant des terrains secs en marécages… De nouveaux milieux apparaissent, qui sont ceux que nous, humains, avons détruits au fil des millénaires, pour pouvoir les cultiver. Ils rétablissent donc ces anciens biotopes", ajoute-t-il.

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La bécassine des marais est une des espèces qu'on retrouve dans la réserve naturelle Bernard Brochier

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