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Une playlist spéciale "Halloween en musique... classique"

© Chattrawutt / Getty Images

28 oct. 2022 à 02:12 - mise à jour 28 oct. 2022 à 06:15Temps de lecture4 min
Par Anne Hermant

Pour fêter Halloween, partons au pays de l’étrange, avec Elfmann, Berlioz, Purcell, Fils, Tchaïkovski, Massenet, Pierre Henry, et un traditionnel irlandais.

La fête d’Halloween est issue d’anciennes traditions païennes irlandaises. Au milieu du XIXe siècle, à la suite de la Grande Famine en Irlande, plus de deux millions d’Irlandais quittent leur pays pour l’Amérique du Nord. Cette migration massive se poursuivra jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale. Les Irlandais apporteront leurs us et coutumes dans leurs nouveaux pays – Etats-Unis, Canada et Australie – et c’est à partir des années 1920 que la fête d’Halloween deviendra très populaire, avec son emblématique citrouille-lanterne. Le visage grimaçant sculpté dans une citrouille évidée représente Jack-o’-lantern, personnage lui-même issu d’une légende irlandaise. Chez nous, bien avant les citrouilles à l’américaine, on fabriquait déjà, à la fin des récoltes d’automne, des lanternes creusées dans des betteraves : en Wallonie, ces lanternes étaient appelées "Grign' Dints". Mais c’est seulement dans les années 1990 que la fête anglo-saxonne d’Halloween commence à être fêtée en Belgique.

L’Étrange Noël de monsieur Jack, film d’animation des Studios Disney sur un scénario de Tom Burton, date de cette époque. Jack, le héros, "Roi des citrouilles d’Halloween ville", déploie chaque année des trésors d’imagination pour organiser une fête toujours plus effrayante. Démons, citrouilles, vampires, serpents, araignées, chauve-souris, loups-garous, sorcières, arbre aux pendus, ombres noires, morts-vivants, cauchemars, squelettes, bienvenue à Halloween !

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Le Songe d’une Nuit du Sabbat est le 5e mouvement de la célèbre Symphonie fantastique d’Hector Berlioz. Sous-titrée Episode de la vie d’un artiste, la symphonie suit un programme précis, qui doit être considéré, ainsi que le mentionne le compositeur, "comme le texte parlé d’un opéra, servant à amener des morceaux de musique, dont il motive le caractère et l’expression". Le final nous entraîne dans une atmosphère démoniaque, puisque l’artiste "se voit au sabbat, au milieu d’une troupe affreuse d’ombres, de sorciers, de monstres de toute espèce, réunis pour ses funérailles", entouré de "bruits étranges gémissements, éclats de rire, cris lointains auxquels d’autres cris semblent répondre.” Commence ensuite “un air de danse ignoble, trivial et grotesque" : la femme aimée arrive au sabbat et se mêle à l’orgie diabolique, sur laquelle se greffe le glas funèbre du Dies iræ.

Le jeune Berlioz de 27 ans exprime ici tout son génie d’orchestrateur : choix et utilisation originale des instruments, combinaisons inédites, effets audacieux. Il utilise par exemple le col legno des cordes (mode de jeu consistant à frapper la corde avec le bois de l’archet) pour évoquer le cliquetis des os qui s’entrechoquent lorsque les squelettes sortent de leurs tombes pour entrer dans la danse. Brrr !

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Encore des sorcières, mais vues cette fois par le compositeur baroque anglais Henry Purcell. La scène se déroule dans une grotte : la Magicienne rassemble ses troupes pour fomenter la ruine de Didon et la destruction de Carthage. Les sorcières se réjouissent de ce plan machiavélique, et tandis qu’elles invoquent un orage maléfique, les furies, divinités cruelles et vengeresses, préparent un philtre magique, puis exécutent une danse diabolique.

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Connaissez-vous Anton Fils, compositeur et violoncelliste allemand du début de la période classique ? Son contemporain, le poète et musicien Christian Schubart, rapporte que Fils avait pour surnom “le mangeur d’araignées” : oui, oui, il avalait, bien vivantes, de grosses araignées, qui selon lui, avaient le goût de fraises ! C’est à cette étrange manie que l’on attribua sa mort prématurée, à l’âge de 26 ans.

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Nous avons vu que la fête d’Halloween a des origines irlandaises. Plus précisément, elle tire ses racines d’une fête celte, connue sous le nom de "Samain", célébrée au début de l’automne. Au Ve siècle, avec l’arrivée du christianisme, les fêtes druidiques disparurent d’Irlande. L’Eglise catholique déplaça la fête de la Toussaint – qui pouvait alors se célébrer après Pâques ou après la Pentecôte – à la date du 1er novembre, christianisant ainsi la fête de Samain.

Cette fête païenne a pourtant résisté : le 31 octobre, on célèbre ainsi Halloween, contraction de "All Hallows' Eve" ("la veille de tous les saints").

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En Angleterre, on l’appelait autrefois cette fête "la nuit de la pomme croquante" ou "la nuit du casse-noisettes". Les familles réunies autour du feu racontaient des histoires tout en mangeant des pommes et des noisettes.

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Après les noisettes, les citrouilles. Car qui dit Halloween dit citrouille, et qui dit citrouille dit Cendrillon.

Dans cet extrait de l’opéra de Jules Massenet, la magie a des effets bénéfiques puisqu’elle permet à Cendrillon d’aller au bal, vêtue d’une robe splendide, pour y rencontrer son prince. Mais gare ! La jeune fille doit impérativement quitter le bal avant minuit, car avant le douzième coup de l’horloge, le carrosse redeviendra… citrouille !

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On associe aujourd’hui la fête d’Halloween à tout ce qui est sombre, mystérieux, magique, et de nombreux monstres mythiques ou animaux inquiétants font partie de son imagerie : fantômes, goules, corbeaux, chats noirs, ombres maléfiques, morts-vivants, loups-garous et autres démons. Des personnages issus du cinéma d’horreur ou de la littérature fantastique sont venus renforcer cette cohorte de créatures diaboliques, comme le monstre de Frankenstein ou le vampire Dracula.

Le héros du roman de Bram Stoker est ainsi devenu une figure incontournable d’Halloween. En 2007, Pierre Henry, le père de la musique concrète, compose Dracula, ou la musique troue le ciel, une fresque musicale en 8 tableaux, conçue comme un “film sans images”, et qui mêle extraits de la Tétralogie de Wagner et musique électronique. Rires sataniques, galops de chevaux, bruits de talons précipités, cris d’oiseaux, portes qui claquent, voix distordues, orages, bruitages étranges… Angoisse et frissons garantis !

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