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Regions Bruxelles

Une première belge : des citoyens interpellent leurs députés au Parlement bruxellois

Quatre citoyens ont interpellé les députés bruxellois au sujet du CETA
05 mars 2020 à 17:01 - mise à jour 05 mars 2020 à 17:01Temps de lecture2 min
Par Philippe Carlot

C'est la première concrétisation du droit de pétition créé par le Parlement bruxellois. Quatre citoyens ont interpellé les députés de la commission Affaires européennes ce jeudi. Pour y parvenir, ils ont dû préalablement réunir 5000 signatures de Bruxellois et venir les déposer au Parlement à l'appui de leur requête. Cela représente un investissement très important pour des citoyens non organisés en associations. Pour faciliter ce droit de pétition, le Parlement a décidé d'abaisser à 1000 le nombre de signatures nécessaire pour pouvoir interpeller les députés. 

Le CETA en débat

Cette première interpellation citoyenne portait sur le CETA, le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, déjà appliqué provisoirement mais non encore ratifié par l'ensemble des Parlements des états membres de l'UE. C'est notamment le cas du Parlement bruxellois. Pour les orateurs, les députés de la capitale ne devraient pas ratifier le CETA, et certainement pas sans avoir préalablement consulté les habitants de la Région bruxelloise. Kristien Pottie fait partie des orateurs du jour. Elle a réalisé un documentaire intitulé "CETA, un coup d'état silencieux". Pour elle, "un gouvernement devrait réguler et protéger. C'est incompatible avec le CETA, dont un ensemble de multinationales est à l'initiative."

Yuni Mertens milite au sein de "Students for Climate". Comme Kristien Pottie, son intervention devant les députés s'effectue dans les deux langues régionales. Pour le jeune homme, le CETA est purement et simplement "incompatible avec les Accords de Paris de 2015 sur le climat, et aussi avec les ambitions européennes et celles contenues dans l'accord de majorité bruxellois en matière de climat et d'environnement." 

Un exposé très construit

Laurent Bastin est le 3e orateur. Son intervention s'articule autour de l'économie, à grands renforts de "slides" projetés sur l'écran de la salle de réunion de la commission. Il tente de convaincre les députés du manque de pertinence des arguments économiques avancés en faveur du CETA : perspectives de croissance dérisoires, absence de lien entre croissance et augmentation des exportations...

C'est au tour des députés de prendre la parole. Tous saluent le travail effectué par les citoyens. Parmi les intervenants, le MR et la N-VA sont les seuls à se prononcer clairement en faveur de la ratification du CETA (Open VLD et CD&V ne se sont pas exprimés). Le CDH et DéFI "tournent autour du pot", selon l'expression de Yuni Mertens, tandis que le PTB, Ecolo-Groen, DierAnimal, le PS et One.brussels se prononcent avec plus ou moins de clarté contre le traité. 

Pour Rachid Madrane, président du Parlement bruxellois, cette première "mondiale" s'avère un grand succès. Il a permis un débat de fond de qualité et respectueux entre des citoyens et leurs représentants sur un dossier important. Pour l'instant, aucune autre pétition n'a été déposée auprès de l'assemblée régionale. 

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