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Belgique

Une soixantaine d’étudiants et membres académiques manifestent contre les agressions sexistes à l’UCLouvain

15 févr. 2022 à 13:11Temps de lecture2 min
Par Anthony Roberfroid avec Martin Bilterijs et Isabelle Huysen

Remarques sexistes, mains aux fesses, abus de pouvoir ou encore sexisme ordinaire, les langues se délient au sein des universités francophones. Hier, le climatologue Jean-Pascal Van Ypersele faisait part notamment de nombreux témoignages qu’il a recueillis d’étudiants et membres académiques concernant des agressions sexistes au sein de l’UCLouvain.

Ces agressions et le sexisme ordinaire ont aussi été dénoncés dans une carte-blanche écrite par une centaine de professeurs de l’enseignement supérieur.

De nombreux collectifs ont décidé de réagir ce mardi. Une soixantaine d’étudiants et de membres d’universités manifestent sur la place Montesquieu à Louvain-la-Neuve pour dénoncer ces faits.

Une cinquantaine de personnes manifestent sur le campus de l’UCLouvain
Une cinquantaine de personnes manifestent sur le campus de l’UCLouvain Martin Bilterijs

"Il y a plusieurs cas d’agressions sexuelles. Par exemple, un doyen a forcé une femme à l’embrasser dans un couloir de notre université", dénonce Cloë Machuelle, présidente du Comac Louvain-la-Neuve, le mouvement étudiant du PTB.

Au lieu de punir l’abuseur, on préfère l’écarter et encore, c’est rare

Des faits qu’avait signalé le Professeur Van Ypersele et pour lesquelles la femme en question aurait quitté le milieu universitaire : "Cette femme est partie peu de temps après, comme d’autres qui ne se sont pas senties écoutées et entendues. Au lieu de punir l’abuseur, on préfère l’écarter et encore, c’est rare. Le plus souvent, on en arrive à dégoûter la victime qui finit par arrêter sa recherche ou sa thèse et par s’en aller. Il faut que ça s’arrête. Des conseillers confidentiels et autres instances ont été mis en place, mais apparemment, ils ne font pas leur travail de manière autonome", nous expliquait-il.

Martial Toniotti, assistant à l’UCLouvain, désire aussi dénoncer les abus qui se passent au sein de l’université : "Je rejoins tout à fait l’appel de mes collègues académiques. Je suis un homme, j’ai une copine, des amies et une sœur. Je pense qu’il est normal que les femmes se sentent bien et qu’il n’y ait pas d’abus contre elles, y compris dans le milieu universitaire".

Les manifestants réclament qu’une réelle cellule externe et indépendante soit mise en place au sein de l’université afin de traiter réellement ces cas d’agressions sexuelles.

Une enquête pour objectiver la situation

Valérie Glatigny, la ministre de l’Enseignement supérieur, se dit inquiète face à ces nouvelles allégations d’agressions sexuelles, "et en particulier par rapport à l’absence de suivi et de dépôt de plainte." Elle rappelle que, depuis le moins de septembre, une circulaire oblige notamment les institutions à désigner une personne de contact qui puisse renvoyer vers des services indépendants (les services d’aides aux victimes, les centres de prise en charge des victimes de violence sexuelle, Unia, le Centre pour l’Egalité des Chances), "afin d’éviter que les affaires ne soient étouffées".

L’UCLouvain dispose bien d’une cellule dédiée, baptisée "Together", mais de l’aveu même de l’université, elle n’est pas encore assez connue, et la victimologue qui la dirigeait s’en est allée.

Une vaste enquête sera par ailleurs lancée à l’échelle de la Fédération Wallonie Bruxelles pour "objectiver la réalité du harcèlement sexuel et des agressions sexuelles, et évaluer les dispositifs mis en place dans les établissements."

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