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Une station à hydrogène pour les bus de la Stib à l'étude

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14 avr. 2022 à 14:32Temps de lecture3 min
Par Vird

Depuis l’automne 2021, la flotte de la Stib compte un véhicule roulant à l’hydrogène. Ce dernier va circuler dans les rues de la capitale pendant 2 ans afin de tester ses performances en conditions réelles. A chaque sortie, des essais seront effectués sur plusieurs lignes dans le but de voir si les consommations varient en fonction des distances, de la vitesse, de la déclivité des routes, du nombre de passagers, de l’utilisation du chauffage..."

Afin de déterminer si l’hydrogène vert sera une solution à la transition énergétique de la Stib, la Stib et l’ULB (liées par une convention depuis 2020) se penchent sur ces données. Au niveau des véhicules, les avantages semblent déjà clairement établis. "En toute saison, l’autonomie est bien plus élevée que pour un bus électrique classique. Surtout par temps froid, lorsqu’on peut utiliser la chaleur dégagée par la pile à combustible pour chauffer l’habitacle", explique Patrick Hendrick, professeur à l’école polytechnique de l’ULB.

L’hydrogène, qui n’existe pas comme tel à l’état naturel, nécessite une technologie de conversion. Sa production à partir d’hydrocarbures ou via l’électrolyse de l’eau, ainsi que le conçoit la Stib, consomme de l’énergie. Tout comme l’opération inverse pour reconvertir l’hydrogène en électricité à l’aide d’une pile à combustible dans le véhicule. "Mais déjà aujourd’hui, le rendement est plus élevé que pour un bus diesel", souligne Patrick Hendrick.

À cela s’ajoutent des gains au niveau du coût par rapport à l’électricité et une recharge de moins de dix minutes pour effectuer un plein, rappelle Brieuc de Meeûs qui trouve cette énergie "élégante" en raison de son faible impact environnemental.

Décision en 2026

Alors que le gouvernement bruxellois a décidé de bannir les moteurs thermiques à l’horizon 2035, la technologie hydrogène pourrait-elle s’imposer lors des prochaines commandes de bus? "Pour le remplacement des bus de norme Euro 5 en 2024 et des bus Euro 6 en 2028, la maturité ne sera pas suffisante pour la filière de l’hydrogène, donc on ira vers de l’électrification, répond le patron de la Stib. En revanche, la question se posera très sérieusement pour le remplacement des bus hybrides prévu pour 2032."

Pour cette génération de véhicules, la décision surviendra en 2026. Ce sont les enjeux de production, d’acheminement et de stockage de l’hydrogène qui seront alors déterminants. Ces questions sont d’ailleurs au cœur du groupe de travail mis en place entre la Stib et l’ULB.

"Avec des plans en 3D, on analyse dans le détail la manière d’incorporer des stations d’hydrogène dans les dépôts de la Stib en tenant compte du stockage, de la livraison aux bus, des distances de sécurité. C’est faisable dans plusieurs dépôts", fait savoir Patrick Hendrick. Selon lui, le système actuel de recharge par bombonne resterait gérable pour une quinzaine de bus.

Au-delà, une autre organisation logistique s’impose. "Pour suivre la piste de l’hydrogène, on regardera le contexte global en Belgique: y a-t-il assez de producteurs d’hydrogène vert? Ensuite, comment est-ce qu’on l’achemine? On peut imaginer que l’on produit de l’électricité en Mer du Nord, que l’on fasse l’hydrolyse à la Côte, que Fluxys achemine l’hydrogène vers la ville à l’aide de son réseau de pipelines existants et que Sibelga le mette dans son réseau pour le livrer entre autres à la Stib", schématise Brieuc de Meeûs.

"Il y a une voie d’entrée évidente à Bruxelles puisqu’un pipeline qui passe tout près de Hal pourrait être dérouté à cet endroit-là", précise Patrick Hendrick.

Sur le site Petite Île

Au travers de son projet de recherche H2GridLab implanté à Anderlecht, Sibelga étudie avec Fluxys et John Cockerill l’intégration de l’hydrogène au réseau gazier. "Sibelga pourrait utiliser ce terrain comme premier pôle de concentration d’hydrogène. Par chance, c’est à proximité du dépôt de la Petite Île, ce qui faciliterait une phase test élargie à une cinquantaine de bus", s’enthousiasme le boss de la Stib.

La nouvelle CEO de Sibelga, Inne Mertens, a confirmé la volonté d’installer une station de tankage sur le site de la Petite Île pour alimenter les véhicules de la Stib. "Nous sommes à l’aube de signer un accord pour réaliser une station-service hydrogène pour les bus articulés de la Stib. C’est une expérience avec Fluxys et la Stib que nous souhaitons vraiment faire, car exploiter un réseau hydrogène est différent d’un réseau au gaz."

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