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Une Table d’écoute sur la Symphonie "Du Nouveau Monde" d’Antonin Dvorak

Statue d'Antonin Dvorak au Château de Prague

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09 sept. 2022 à 12:03 - mise à jour 13 sept. 2022 à 06:32Temps de lecture2 min
Par Musiq3

Au menu de la Table de ce dimanche 11 septembre, la journaliste Martine Dumont-Mergay de La Libre Belgique, le chef d’orchestre Eric Lederhandler et la violoniste Shirly Laub confronteront leurs avis sur l’une des œuvres les plus célèbres et les plus populaires du répertoire : la neuvième Symphonie du compositeur tchèque Antonin Dvorak, aussi connue sous le nom de Symphonie "Du Nouveau Monde".

Dvorak est bien sûr ce chantre de la musique de Bohême, celui qui, à la suite de Bedrich Smetana, aura trouvé une identité à la musique de son pays, une identité qui passe notamment par un folklore réinventé. En effet, Dvorak ne parsème pas seulement sa musique – héritée de Brahms et du romantisme allemand – de thèmes ou de rythmes folkloriques, il réinvente ce folklore. Après avoir assimilé les particularités des musiques de Bohême, il crée de nouvelles danses et de nouvelles mélodies qui sont totalement de sa plume. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, à la toute fin du XIXe siècle, on fait venir Dvorak aux Etats-Unis en le nommant à la tête du Conservatoire de New-York. Celles et ceux qui suggèrent son nom pour occuper ce poste espèrent de lui qu’il pourra écrire une musique américaine, inspirée de ses paysages et de ses cultures, comme il l’avait fait pour la Bohême. L’Amérique est jeune, elle est multiple, métissée, elle a massacré les Amérindiens et avec eux leurs cultures et l’Amérique se rêve une nouvelle identité, forte, et notamment une identité musicale.

Dvorak écrira un Quatuor Américain, une série d’œuvres, et puis la Symphonie "Du Nouveau Monde" qui sera créée au Carnegie Hall le 15 décembre 1893. Celle-ci est souvent présentée comme LA grande œuvre américaine de Dvorak. Mais est-elle vraiment "américaine" ? Face à une œuvre qui regorge de polkas, la question se pose… Dvorak disait :

J’ai tout simplement écrit des thèmes à moi, leur donnant les particularités de la musique des Noirs et des Peaux-Rouges, et me servant de ces thèmes comme du sujet, je les ai développés au moyen de toutes les ressources du rythme, de l’harmonique, du contrepoint et des couleurs de l’orchestre moderne.

Si les rythmes pointés appartiennent à la musique afro-américaine de l’époque, ils appartiennent autant à la musique de Bohême. On perçoit dans la musique de Dvorak une grande nostalgie, la nostalgie d’un homme de Bohême exilé qui rêve de retrouver sa terre natale. Cette nostalgie se perçoit dans cette neuvième Symphonie, sous-jacente à ces immenses paysages sonores qui traduisent eux parfaitement l’immensité américaine.

Retrouvez l’intégralité de la Table d’écoute du 11 septembre 2022 à écouter ci-dessous

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