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Une taxe sur le tabac de la Province de Namur met le feu aux poudres chez les libraires et marchands

Une taxe sur le tabac de la Province de Namur met le feu aux poudres chez les libraires et marchands
02 sept. 2020 à 13:55 - mise à jour 02 sept. 2020 à 13:55Temps de lecture2 min
Par Mathieu Baugniet

Gérald Léonard gère avec sa compagne un magasin de détail à Hastière près de la frontière avec la France. Il vend, entre autres, du tabac. Et beaucoup de ses clients sont frontaliers. Il est d’accord de payer d’importantes accises sur ce produit qui est nocif. Mais l’invitation à payer venue de la province de Namur le révolte. "C’est une taxe qui existait déjà mais qui ne touchait que les grands commerces type supermarché", explique l’indépendant namurois. "Cette fois-ci, elle va toucher tout le monde et la crainte est que les petits commerces et librairies ferment car ils n’auront pas les reins assez solides pour payer cette nouvelle taxe".

Indépendant depuis plus de 25 ans, Gérald va devoir s’acquitter d’une taxe sur le débit de tabac de 5000 euros selon ses calculs. "C’est la première fois qu’on reçoit ce courrier. On est invité à payer 1% hors TVA sur les achats de tabac. Pour le moment, je ne dors pas beaucoup. J’ai déjà dû subir la période de confinement et maintenant il y a ce nouveau coup de massue. Les petits commerçants et libraires qui vendent ce type de produits risquent de disparaître. Je suis très en colère".

Même colère pour des chaînes de magasins namurois

Nicolas (un prénom d’emprunt) travaille pour une chaîne de magasin connue dans la région. "Je n’en reviens pas. Comment allons nous en sortir ? Le tabac est déjà surtaxé, et ce nouveau prélèvement de la Province de Namur va encore faire diminuer la marge de bénéfice qui était déjà très mince".

Du côté du Député-Président MR de la Province de Namur, Jean-Marc Van Espen, on assume. "Cette taxe existait depuis longtemps mais elle ne touchait que les grands commerces. Après un recours au Conseil d'Etat, nous avons dû faire marche arrière car la taxe a été jugée discriminatoire. Nous l'avons donc étendue à tous les vendeurs de tabac. Ceux-ci payent au prorata de leur taille mais aussi de leurs ventes. Cette taxe arrive au mauvais moment. C'est malheureux. Mais elle a été votée en décembre 2019 avant la crise du coronavirus, et nous ne comptons pas la supprimer"

Depuis la semaine dernière, de nombreux marchands et libraires manifestent leur colère. Ils réclament l'abandon de cette taxe supplémentaire qui pourrait provoquer selon certains la faillite de plusieurs établissements. 

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