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Jam

Unik Ubik : attitude punk déjantée et belgitude décalée

Humpty Duty pour la sortie de leur album :"I am Not Feng Shui"
05 mai 2022 à 07:263 min
Par Maxime Vandenplas

Venus directement de Tournai (et un peu de Bretagne), les gars déjantés d’Unik Ubik débarquent au Botanique avec leur humour loufoque. Groupe post-punk qui ne se prend pas au sérieux, et ça fait du bien, les 4 musiciens joueront sur la scène du Grand Salon ce jeudi 5 mai dans le cadre des Nuits 2022. On vous prévient, l’ambiance risque d’être électrique. En attendant leur live, on a pu discuter quelques instants avec Thomas Rasseneur (basse et voix). Rencontre.

Salut Thomas, votre dernier album s’appelle : "I am not Feng Shui". Le zen, ce n’est pas votre truc ?

En fait, on a choisi ce nom en réaction à tout ce qu’on entend dans les médias. Tu allumes la radio et tu n’as que des émissions qui parlent de recyclage, de comment faire l’amour avec un arbre ou encore comment maigrir en mangeant du quinoa (rires). C’était notre façon d’exprimer notre ras-le-bol. Nous en avions juste marre d’entendre la même chose partout. Ca bouffe beaucoup d’espace. J’adore la nature. Je vis à la campagne. Même si c’est vrai que je vais déménager parce que j’en ai marre (rires). Je veux bien embrasser un arbre mais 3 secondes quoi. Je ne vais pas y passer la journée. Ce n’est pas le principe même qui me dérange, c’est juste l’overdose de ce genre de sujets. Ce sont les petites gouttes d’eaux qui font la grande rivière mais là, ça ne suffit plus.

Sur le nouvel album, l’une de vos chansons s’appelle Maggie débloque. C’est quoi votre problème avec Maggie De Block ?

On a aucun problème avec notre ancienne Ministre de la santé. Le titre vient de deux rêves érotiques/alcooliques que j’ai fait avec elle. Ça m’a perturbé. Je les racontais en répétition aux autres membres du groupe. Ils étaient un peu choqués. C’était drôle, donc nous en avons fait un morceau. Les rêves incluaient certaines parties de son corps, la période romaine et de la bière d’Orval. Ce morceau est juste délirant. Il n’y a pas de message politique caché. C’est de la poésie débile. Nous ne nous prenons juste pas la tête. On aime se marrer avec des conneries.

Tu as eu un retour de Maggie De Block par rapport à votre titre ?

Malheureusement, non. En réalisant le clip, je suis tombé sur une interview d’elle à une expo de caricatures dans laquelle elle disait qu’elle aimait beaucoup le second degré. Je pense que ça devrait passer. On a eu quelques remarques tout de même par rapport au clip car dans ce dernier tu peux voir des étalages de bonbons. On nous a dit qu’on était grossophobe. Je tiens à préciser que cela n’avait rien à voir. Je trouvais juste que les plans vidéo étaient beaux. De toute façon, il y aura toujours des gens qui ne comprennent rien.

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On a toujours une image des groupes qui font du punk/post-punk un peu froide. Des formations qui font de la musique plus dure. Vous vous intégrez beaucoup d’humour à ce que vous faites. D’où cela vous vient ?

Je pense que la musique punk a pas mal évolué. Ce n’est plus forcément un truc super féroce. Nous, on y a inclus notre belgitude. Tu sais, ce côté un peu surréaliste. La base du groupe, c’est plus la musique qu’une certaine idéologie. Notre dernier album est selon moi beaucoup plus post-punk. Sur les deux premiers les cuivres avaient plus de place.

Justement, sûr : "I am not Feng Shui", il y a un côté beaucoup moins festif lié à moins d’utilisations des cuivres. C’était une volonté de votre part de prendre un autre tournant ?

En gros, il y a eu un remaniement dans le groupe. Le saxophoniste est parti habiter en Bretagne et du coup, la plupart des compositions, nous les avons faites à trois. Il a posé les parties de saxophones après. Pour les autres albums, c’était libre. Parfois, c’était lui qui venait avec des compos, parfois, c’était nous. En parallèle d’Unik Ubik, je m’occupe d’une salle de concert appelée Water Moulin à Tournai. Avant nos premières répétitions, on avait vu un groupe jouer là-bas qui comprenait deux saxos. Nous nous étions dit que ce serait pas mal pour remplacer le chant. D’ailleurs, cela s’entend sur le premier album qui est vachement plus instrumental. Puis, petit à petit, nous avons ajouté plus de voix. Nous étions plus à l’aise avec cela aussi. On a simplement éclairci le message musical.

Depuis que les salles ont réouverts, vous avez déjà beaucoup joué votre dernier album en live ?

Pas vraiment, l’album devait paraître en plein confinement. On a retardé sa sortie. Ceci dit, nous avons eu des bons retours du public pour les quelques dates où nous avons pu le jouer. Après, en concert, nous ne jouons pas que les morceaux de : "I am not Feng Shui". Je t’avoue que c’est aussi compliqué de trouver des dates. Tous les concerts ont été postposés de deux ans. Il y a un gros embouteillage. Nous avons tout de même quelques dates sur Tournai et Mouscron. Cela va vraiment reprendre pour nous en septembre avec une petite tournée en Hollande.

Pour "I am not Feng Shui", vous avez collaboré avec le chanteur de The Ex, G.W. Sok. Comment s’est passée votre collaboration ?

Je suis un gros fan de ce groupe. Je ne compte même plus le nombre de fois où je les ai vus. Il est venu jouer à Tournai au Water Moulin. On a créé des liens depuis tant d’années. C’était en plein confinement donc on a fait ça à distance. Par contre, on va jouer à Amsterdam et on aimerait qu’il vienne sur scène avec nous.

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