Jupiler Pro League

Union-Club Bruges (13h30) : les 7 datas-clés du choc au sommet

Brandon Mechele face à Deniz Undav en phase régulière

© BELGA

Et si on jouait le choc Union-Bruges avant même son coup d’envoi ? Quelle seront les zones-clés du jeu, les actions décisives et les acteurs en vue ? On tente d’entrer dans la tête des coaches, de deviner leurs options de jeu et d’anticiper leurs consignes à leurs joueurs sur base des datas-clés des deux équipes lors de 34 matches de phase classique.

Stéphane Medeiros est l'analyste data de l'Excel Mouscron, formateur à l'ACFF et consultant data de "Complètement Foot"

Voici, en compagnie de Stéphane Medeiros, analyste datas de l’Excelsior Mouscron, formateur à l’ACFF et consultant RTBF-radio sur Complètement Foot, les datas majeures issues de WyScout, la plate-forme de données vidéo et datas (jeu collectif et individuel) que la Pro-League met à disposition de tous ses clubs (et qui produit jusqu’à 80 valeurs par joueur). Ceci n’est évidemment qu’une approche théorique… mais elle traduit les récents comportements réels des deux formations.

+ 15 buts : l’efficacité chirurgicale de l’Union !

L’Union St-Gilloise est d’une redoutable efficacité offensive et défensive : sur le front des expected-goals (buts attendus en regard de la qualité des occasions), l’Union a marqué 8 buts de plus et encaissé 7 buts de moins que le profil de ses prestations lui laissait espérer !

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Cela fait une différence de 15 buts ! " analyse Stéphane Medeiros : " C’est énorme… et d’autant plus important qu’à Bruges, les valeurs réelles et attendues s’équilibrent autour de 0 ! C’est le reflet d’une certaine réussite et d’une forme de surrégime, mais aussi de l’application et du talent du duo Vanzeir-Undav de transformer une demi-occasion en but. En termes de consignes, il faut donc pour Bruges redoubler de vigilance, exercer un marquage strict mais aussi serrer les lignes car les goals bruxellois viennent également de la 2e ligne. Même constat sur le plan défensif : le travail défensif unioniste est remarquable. En expected-points, l’Union a gratté 8 points de plus que mérité sur base de ses prestations… mais le rendement est comparable à Bruges (+7 points). "

9 buts encaissés sur phase arrêtée : le point faible de Bruges

Un constat d’abord : sur les phases arrêtées, Union et Bruges font partie des meilleurs élèves de la classe, les deux équipes y puisent 20% de leurs buts marqués

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Mais c’est sur les buts encaissés que la différence se marque : 4 buts encaissés sur phase statique côté bruxellois, 9 côté brugeois.

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C’est une différence très importante et dans un match très fermé où l’on marquerait peu " reprend Medeiros : " Cela souligne l’importance cruciale de ces phases arrêtées. Sur base des statistiques récentes, il ne m’étonnerait pas que ce choc Union—Bruges se joue sur un seul coup franc ou un coup de coin. "

Charles De Ketelaere face à Casper Nielsen en phase régulière
Charles De Ketelaere face à Casper Nielsen en phase régulière © BELGA

25 % des buts de l’Union dans le dernier quart d’heure : le Mazzu Time existe toujours

À l’Union comme à Bruges, les moments les plus fréquents de buts se jouent aux extrêmes, et particulièrement en fin de mi-temps.

Le Felice Time existe toujours car l’Union a marqué 18 de ses 73 buts dans le dernier quart d’heure + arrêts de jeu. Cela souligne la force physique et mentale de cette équipe. C’est en revanche dans le 3e quart d’heure, juste avant la mi-temps, que Bruges se montre le plus prolifique (17 buts sur 72)."

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"Pour les buts encaissés, le point commun des deux équipes est d’encaisser surtout en fin de match : l’Union y encaisse 40 % de ses buts ! Mais pour Bruges, cette fragilité se marque aussi dans le 3e quart d’heure (49% des buts encaissés lors des deux fins de période). "

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Si les deux équipes poussent donc offensivement en fin de match, elles se relâchent aussi défensivement, conséquence probable de leur prise de risque... ou de leur fatigue.

Attaques par les flancs : le duel de couloir Machida-Mitoma/Skov Olsen-Mata !

Flanc gauche, flanc droit ou percée par l’axe : on constate que les deux équipes procèdent par les 3 voies. Mais ce qui est frappant, c’est la plus grande qualité (en expected-goals) des attaques du flanc gauche unioniste et du flanc droit brugeois.

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Cela signifie que cette zone de terrain va concentrer une grande zone d’activité et surtout de danger " reprend Medeiros : " C’est le couloir du duo nippon Koki Machida-Kaoru Mitoma versus Andreas Skov Olsen-Clinton Mata, ce qui annonce donc un duel de haut niveau dans cette zone de terrain. La question est de savoir comment les coaches vont gérer cette donnée : vont-ils prendre le risque de capitaliser sur cette force offensive quitte à se dégarnir, ou au contraire demander à leurs joueurs de jouer avec le frein à main pour ne pas se faire prendre dans leur dos ? Ce sera une partie du jeu de poker. "

Duel(s) au(x) sommet(s)
Duel(s) au(x) sommet(s) © BELGA

Centres et duels aériens : la domination de Bruges

Par match, Bruges produit 20 % de centres de plus que l’Union (17 contre 14) : dans les deux cas, la plupart proviennent des flancs droits (8 et 9, Bart Nieuwkoop, Clinton Mata et Andreas Skov Olsen), alors que côté gauche des joueurs comme Noa Lang et Kaoru Mitoma ont tendance à s’infiltrer en dribble et en vitesse. Mais l’arrivée en janvier de Tajon Buchanan a rehaussé la production de centres à Bruges.

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Dans les duels aériens, Bruges et Union en disputent autant… mais Bruges a un pourcentage supérieur de duels gagnés (54% contre 49%) " poursuit Medeiros. " Les deux équipes ont de beaux bébés en défense, mais Bruges profite davantage en zone offensive de la taille des Charles De Ketelaere et Bas Dost… quand il joue. "

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Tirs à distance : mi-distance pour l’Union, aux seize pour Bruges

Bruges frappe au but 14 fois par match, pour 12 tirs côté unioniste. Mais surtout : l’Union frappe de plus loin, des 18 mètres, alors que Bruges attend la ligne du rectangle pour décocher.

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Les coaches investissent évidemment sur les profils de leurs joueurs : à l’Union, Casper Nielsen (total : 7 buts) a marqué plusieurs frappes de la 2e ligne sur des ballons renvoyés ou sur des coups de coin donnés en retrait. Alors que les Brugeois aiment frapper de plus près : c’est l’indice sans doute que le Club est plus souvent confronté à des blocs bas, des défenses renforcées et qu’il aime faire tourner le ballon avec patience avant de tenter sa chance. "

Felice Mazzù ou Alfred Schreuder : qui piègera l'autre ?
Felice Mazzù ou Alfred Schreuder : qui piègera l'autre ? © BELGA

25% de passes de plus : le jeu de possession de Bruges

C’est cette statistique qui reflète le plus la différence de plan de jeu entre Felice Mazzù et Alfred Schreuder (Philippe Clement jusqu’à Noël). Sur la possession de balle, l’Union n’est que… la 13e équipe de Pro-Ligue (47% de possession) alors que Bruges est 2e (57%) derrière Genk (58,5%).

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La différence sur le nombre de passes est phénoménale : 480 pour Bruges et 360 pour l’Union, c’est 25% de différence ! " poursuit Medeiros. " Cela confirme ce que tout le monde savait déjà : l’Union n’est jamais aussi forte que quand elle laisse le ballon à l’adversaire… alors qu’elle a connu ses revers quand l’adversaire lui laissait les clés du jeu. C’est tout le défi pour Schreuder ce dimanche : doit-il prendre le contre-pied de ses habitudes en laissant l’initiative à son opposant ? C’est un jeu très risqué car avec 3 points de retard au classement, Bruges doit provoquer quelque chose aujourd’hui… "

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Le décor data est planté : aux acteurs de faire leurs jeux…

 

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