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Union : le rêve s’éloigne... même si le titre est encore mathématiquement accessible

Union Saint-Gilloise : Burgess et Teuma (à gauche)

La course au titre de champion de Belgique a probablement connu un tournant décisif ce mercredi au Stade Jan Breydel. Le succès du FC Bruges face à l’Union Saint-Gilloise et le scénario du match vont peser lourd. Même si mathématiquement tout est encore possible, les rêves de titres du promu s’éloignent.

Des Unionistes étendus sur la pelouse, des visages fermés, des yeux rougis par des larmes de déception, les images de fin de match ne plaident pas en faveur d’un retournement de situation. Le momentum a changé de camp. Avec trois points de retard, un arrondi défavorable et deux matches à disputer, la bande à Mazzu a perdu la main. L’histoire du promu qui a fait la course en tête pendant la phase classique était belle, rafraîchissante. Elle ne connaîtra vraisemblablement pas de Happy End.

Incapable de venir à bout du FC Bruges

Comme dans toutes les histoires, il y a un empêcheur de tourner en rond. Le FC Bruges a endossé ce rôle de "bête noire" avec délectation, mais non sans souffrir. En quatre confrontations cette saison, les Blauw en Zwart ont gagné à trois reprises. Ils ont concédé un partage et pas le moindre but. Aucune autre équipe ne peut se targuer d’un tel bilan contre l’Union. Ces 7,5 unités (si on divise les points acquis en phase classique) de différence vont évidemment peser lourd au décompte final.

Et pourtant dans aucun de ces duels, l’USG n’a été balayée. Loin de là. L’Union a même souvent eu les meilleures occasions. Ce qui a fait dire à Felice Mazzu : "mes joueurs peuvent être fiers d’avoir à nouveau été meilleurs que le futur champion".

Mignolet l’a rappelé, Bruges a axé sa préparation pour être au top quand ça compte : en play-offs. Lui-même a fait le choix de ne pas se faire opérer en début de saison pour être sûr d’être présent au moment crucial. Une logique plus facile à suivre quand on est un candidat au titre rompu à la Pro League que quand on est un promu dont l’objectif premier est le maintien.

Une efficacité en berne au pire moment

Autoritaire leader, l’Union a conjugué l’efficacité à tous les temps et à tous les modes au cours des 34 journées de la phase classique. Les Jaune et Bleu ont été redoutables tant offensivement que défensivement. Selon les datas, ils ont sur-performé (8 buts marqués en plus et 7 buts encaissés en moins selon les expected-goals). Chirurgicaux, les Unionistes.

Malheureusement, la lame du bistouri s’est émoussée en play-offs. On se souvient du rush final infructueux au Bosuil, du penalty raté par Vanzeir lors de l’acte 3 contre Bruges ou encore des occasions ratées mercredi soir au Breydel. Trop d’opportunités galvaudées et au pire moment. Une efficacité en berne symbolisée par le duo Undav-Vanzeir, beaucoup plus performant durant la compétition régulière (38 buts à eux deux, 1,11 but par match) qu’en play-offs (une seule réalisation, 0,25 but par match).

Le physique ? Le manque de fraîcheur ? La gestion des émotions ? Le manque d’expérience ? Difficile de pointer une raison et encore moins un coupable. On peut seulement constater que fin janvier-début février dans un enchaînement similaire et contre les mêmes adversaires, l’Union avait engrangé 7 points sur 9. Le contexte et l’enjeu ont changé, les résultats aussi (4/12).

L’improbable scénario favorable

Mathématiquement, l’Union peut encore espérer décrocher le titre de champion. Mais la logique du tableau noir ne cadre pas toujours avec celle du rectangle vert. Le FC Bruges affiche un viatique de 3 points, auquel il faut ajouter un demi-point ("perdu" lors de la division des points avant les play-offs) en cas d’égalité. En clair, les Bruxellois doivent compter sur un double faux pas de leur rival (à l’Antwerp et contre Anderlecht) et dans le même temps faire un carton plein (à Anderlecht et contre l’Antwerp). Hautement improbable mais théoriquement possible.

Encore faut-il y croire. Et cela ne semblait plus tout à fait le cas mercredi en fin de soirée. Loïc Lapoussin a concédé que l’Union avait "probablement perdu le titre". Anthony Moris a redirigé l’objectif vers "la 2e place". Vous avez dit résignation ?

Felice Mazzu devra se montrer inventif et persuasif pour remobiliser ses troupes pour les deux dernières sorties d’une saison qui restera mémorable, quelle que soit son issue.

FC Bruges - Union Saint-Gilloise : 11 mai 2022 (1-0)

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