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Coronavirus

Vaccination des 5-11 ans : "C’est un choix éclairé qui incombe aux parents, s’ils le font c’est plus dans une visée sociétale"

L'invitée de Matin Première : Olga Chatzis

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20 déc. 2021 à 07:27 - mise à jour 20 déc. 2021 à 07:39Temps de lecture3 min
Par D'après l'invité de thomas Gadisseux

Pourquoi vacciner les enfants ? Quels sont les arguments médicaux ? Olga Chatzis est membre du Conseil supérieur de la Santé et de la Task Force Pédiatrique pour la gestion de la pandémie de Coronavirus. Pédiatre infectiologue aux Cliniques universitaires St-Luc, elle est l’invitée de Matin Première au micro de Thomas Gadisseux.

Forme sévère

Ce lundi matin, les ministres de la Santé se penchent sur la question de la vaccination des 5-11 ans. Les enfants ne sont pas immunisés naturellement contre le Covid-19 comme le rappelle Olga Chatzis : "Oui, ils tombent malades, ils peuvent développer des symptômes mais souvent ces symptômes sont mineurs qui n’amènent pas des enfants à l’hôpital. Un certain nombre, qui est faible, arrive dans nos unités. Dans les majorités des cas cependant ils quittent l’hôpital après deux trois jours. Parmi ces derniers certains cependant développent, après le coronavirus, une forme plus sévère, une maladie inflammatoire généralisée qui se développe après l’infection. Mais maintenant on connaît bien cette maladie, même si on ne connaît pas les mécanismes qui induisent cette maladie. Et on la prend en charge correctement avec des enfants qui guérissent dans la majorité des cas."

Les enfants sont cependant désormais présentés comme les moteurs de l’épidémie. Cependant, malgré les chiffres en hausse la pédiatre infectiologue n’a pas constaté d’augmentation du nombre d’enfants hospitalisés ces derniers mois, contrairement par exemple aux Etats-Unis souligne-t-elle.

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Diminuer les transmissions

Alors pourquoi vacciner les enfants de 5-11ans, quels sont les avantages de la vaccination ? Sur cette question qui fait débat, Olga Chatzis est claire:" C’est une question assez vaste. Le premier avantage est que le vaccin est efficace. Pour l’enfant, cela va le protéger contre la maladie. En médecine on préfère toujours prévenir que guérir. Par contre les enfants transmettent fortement et cela induit de nombreuses fermetures de classes, de mises en quarantaine et donc un impact sur leurs vies qui est assez compliquée. Un des espoirs en vaccinant les enfants c’est diminuer les transmissions du virus vers les adultes et personnes à risque."

C’est clair qu'on ne va pas les vacciner pour les protéger eux-mêmes

Vacciner les enfants pour protéger les adultes donc ? Oui, mais la priorité pour la pédiatre est d’abord de vacciner les enfants qui ont des problèmes de santé, comme ceux présentant des maladies neurologiques ou pulmonaires chroniques, mais aussi des enfants qui vivent avec une personne susceptible de développer des formes sévères du coronavirus.

Une catégorie mise en avant dans l’ensemble des rapports relatifs à la vaccination des enfants qui représente de l’aveu même d’Olga Chatzis un faible pourcentage des 950.000 enfants âgés de 5 à 11ans en Belgique.

Car Olga Chatzis n’en fait pas mystère : " C’est clair qu'on ne va pas les vacciner pour les protéger eux-mêmes puisqu’ils développent des formes mineures de la maladie. Par contre en les vaccinant on va aider le système scolaire à fonctionner mieux car il y aura moins d’impacts sur les fermetures." C’est donc l’avantage global et sociétal qui est mis en avant dans la vaccination des enfants. Et là "C’est un choix éclairé qui incombe aux parents, en sachant que s’ils le font c’est plus dans une visée sociétale."

"Personne ne va les obliger à vacciner leurs enfants"

Comment persuader les parents de faire vacciner leur progéniture ? "Cela ne doit pas être perçu comme une contrainte", répond d’emblée Olga Chatzis. "Personne ne va les obliger à vacciner leurs enfants, on n’oblige déjà pas les adultes, alors les enfants… Et aussi le fait qu’il n’y aura pas de pass sanitaire/CST pour les enfants."

Une campagne de vaccination basée sur la confiance donc. À ce propos, le ministre de la Santé évoquait le fait de passer par l’école. Une idée qui, à titre personnel, n’enchante pas la pédiatre infectiologue "Je me vois val faire cela sur un coin de table, avec un papier dans le journal de classe que les parents signent. En plus la médecine scolaire est assez surchargée pour le moment."

Parallèlement, faut-il demander leur avis aux enfants ? "Bien sur, je pense que même un enfant de 5 ans est capable d’avoir un avis, même s’ils ne veulent juste pas avoir de piqûre. D’autres plus âgés peuvent comprendre l’intérêt de la vaccination et ils veulent aussi parfois participer eux-mêmes à l’effort collectif."

L'inconnu Omicron

Sur le schéma vaccinal, même s’il est similaire à celui des adultes (deux doses mais à trois semaines d’intervalle) Olga Chatzis précise que le vaccin est cependant moins dosé, avec 1/3 de la dose. Ensuite ? Nul ne le sait actuellement même si le meilleur système immunitaire des enfants laisse espérer une protection plus longue espère la pédiatre.

Reste l’inconnue Omicron. Et là aussi, sans chiffres difficile pour Olga Chatzis d’anticiper les choses." Je ne sais pas promettre que le vaccin sera efficace contre ce variant. Moi mes craintes c’est qu’il y ait beaucoup d’enfants, et même d’adultes, qui vont attraper Omicron comme on le voit en Angleterre, avec la surcharge pour les médecins de première ligne. J’ose espérer qu’il n’y aura pas de pic au niveau des hospitalisations et des soins intensifs."

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