Val de Thines: le promoteur compte introduire un recours contre la décision de la ville de Nivelles

Le projet du Val de Thines est un nouveau quartier à aménager sur le site des anciennes papeteries Arjo Wiggins.
01 juin 2021 à 10:29 - mise à jour 01 juin 2021 à 10:29Temps de lecture3 min
Par Stéphanie Vandreck

Le point était sur la table du conseil communal de ce 31 mai. Les conseillers devaient se prononcer sur l'ouverture et la modification de voiries, dans le cadre du projet du Val de Thines, un nouveau quartier aménagé sur le site des anciennes papeteries Arjo Wiggins. La majorité MR-Ecolo a demandé un vote défavorable à cette modification de voiries. Telles qu'elles sont dessinées maintenant par le promoteur, Motown Thines, aujourd'hui aux manettes du projet, elles ne conviennent plus au collège communal. Ce dernier souhaite en réalité que l'école et la salle de sport prévues dans le quartier soient déplacées. Après la crise sanitaire, les autorités communales se sont demandé s'il ne valait pas mieux construire l'école sur un espace plus vaste. Elles expliquent aussi avoir voulu tenir compte de l'avis des riverains : "Dans le cadre de l'enquête publique, nous avons eu quelques réactions de citoyens, qui sont venus avec des propositions, dont celle de relocaliser l'école et la salle de sport. Cela a donc un impact sur les voiries, non seulement à l'intérieur du projet immobilier, mais également en périphérie", précise le bourgmestre Pierre Huart. Il faut donc trouver un nouvel emplacement, plus adéquat, pour les deux bâtiments, et redessiner l'ensemble des voiries du futur quartier. 

La majorité ne sait pas ce qu'elle veut 

Une position qui fait bondir dans les rang de l'opposition, et notamment le groupe PluS. "La majorité ne sait pas ce qu'elle veut. Elle change d'avis au gré des interventions particulières pour essayer de satisfaire quelques intérêts particuliers au mépris de l'intérêt général, qui consistait à privilégier dans une première phase la création d'une école communale, dans un quartier où il va y avoir des familles avec des enfants", réagit le conseiller André Flahaut. Nivelles se situe en effet dans une "zone en tension" au niveau du nombre d'écoles et un important subside de la Fédération Wallonie-Bruxelles lui a été promis pour construire cet établissement primaire, destiné à accueillir 475 élèves. L'élu socialiste, ancien ministre du budget de la Communauté Française, craint que ce subside n'échappe à Nivelles: "Si la ville n'utilise pas son droit de tirage, il y aura bien un collègue qui dira "dans ma région, il y a un dossier qui est prêt, il y a trois millions et demi d'euros qui restent en sommeil sur Nivelles car les gens changent tout le temps d'avis, Et, dans ces conditions là, on transfère les budgets et, pour Nivelles, on verra plus tard... ou jamais!", s'inquiète-t-il. Même si  la majorité se dit consciente de ce risque, elle ne souhaite pas faire marche arrière. Selon Pierre Huart,  il y a un tel manque d'écoles en Brabant wallon que le pouvoir subsidiant devrait se montrer compréhensif et patient.

Cette décision est surréaliste après 6 ans de travail et des avis positifs rendus en 2018 et 2019

Le promoteur du projet, lui, a déjà déclaré qu'il ne se montrerait, lui, pas compréhensif. Dans un communiqué, envoyé dès l'issue de la séance du conseil communal, la société Motown Thines, évoque une "énième volte-face de la majorité qui repousse une nouvelle fois le démarrage du projet d’éco-quartier du Val de Thines, laissant la friche industrielle de Nivelles en l’état". Le promoteur indique surtout son intention d'introduire un recours contre la décision de la commune auprès du ministre Wallon de l'aménagement du Territoire. "Cette décision est surréaliste après 6 ans de travail et des avis positifs rendus en 2018 et 2019. Les futures voiries et aménagements ont été pensés pour pouvoir se connecter à l’emplacement que la Ville avait choisi mais surtout conçus afin que notre projet puisse se développer de manière totalement autonome et indépendante par rapport à une implantation ou non d’une école", commente le promoteur Olivier Goldberg, toujours par voie de communiqué. Celui-ci précise néanmoins qu'aucun bras de fer n'est entamé contre la ville et qu'ils espèrent pouvoir continuer à travailler ensemble. Le bourgmestre ne lui ferme pas la porte non plus : "On verra ce que le ministre décidera au final et j'espère que le dialogue sera rouvert avec le promoteur de manière à repenser la localisation de l'école et la salle de sports", répond-il. 

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