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Variole du singe en Belgique : pour la première fois en Belgique, une femme a été contaminée

10 août 2022 à 09:11 - mise à jour 10 août 2022 à 13:43Temps de lecture6 min
Par Lavinia Rotili

Durant un point presse organisé ce matin par le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke, le Dr Boudewijn Catry Chef du service Infections liées aux soins et antibiorésistance chez Sciensano a affirmé que pour la première fois en Belgique une femme a été contaminée à la variole du singe.

Parmi les autres personnes dont on connaît le sexe, il y a 541 cas qui concernent des hommes âgés entre 16 et 71 ans, avec une moyenne d’âge d’à peu près 37 ans. La plupart des patients ont contracté le virus par contact sexuel entre hommes (91%). Si les experts craignent des contaminations par contact avec les patients atteints, personne n’a été infectée ainsi.

Depuis le début de l’épidémie, 546 cas ont été détectés en Belgique, selon les derniers chiffres consolidés (donc fiables) de Sciensano, qui datent du 5 août. Plus de la moitié des cas (304) ont été repérés en Flandre, 187 à Bruxelles et 55 en Wallonie. Selon les spécialistes, le nombre de nouvelles infections semble atteindre un pic, mais il est également vrai que les chiffres des trois dernières semaines ne peuvent pas encore être pris en compte : ils confirmeront s’il y a une stagnation ou pas.

Pour l’instant, 96% des patients ont présenté des lésions cutanées à un moment de l’évolution de la maladie. Trois sur quatre présentaient aussi des symptômes grippaux comme de la fièvre, une sensation de malaise ou les ganglions lymphatiques enflés, mais il est également possible de développer les lésions cutanées sans avoir eu la fièvre. Quelques patients ont en revanche développé uniquement des symptômes locaux, comme des inflammations de la gorge ou de l’anus ou de l’urètre.

Au total, 28 personnes ont été hospitalisées, dont trois parce qu’elles ne pouvaient pas s’isoler chez elles et quatre hospitalisées sans qu’une raison précise soit indiquée. En revanche, il n’y a eu ni d’admissions en soins intensifs ni de décès.

La stratégie de vaccination

La Belgique avance également dans la vaccination contre la variole du singe : alors qu’il n’existe pas de vaccin spécifique pour cette maladie, le vaccin contre la variole est efficace pour protéger d’une forme grave. Les données sur l’efficacité et sur la protection contre la transmission sont toutefois limitées pour le moment.

Pour l’instant, selon le ministre Vandenbroucke, environ 300-400 personnes ont été vaccinées, mais l’objectif est de mettre un coup de boost à la vaccination entre cette semaine et la semaine prochaine.

"Nous avons demandé aux 12 centres de référence pour le VIH en Belgique d’inviter personnellement les groupes cibles et essayer de vacciner un maximum de personnes cette semaine et la semaine prochaine", explique le ministre. En revanche, si une personne est éligible mais n’a pas été contactée, elle peut se tourner vers l’un des 12 centres de référence. Ils s’occupent de la vaccination.

Par ailleurs, un décret royal publié aujourd’hui au Moniteur permettra la vaccination des travailleurs du sexe par l’intermédiaire de quatre organisations à but non lucratif destinées aux travailleurs du sexe (Ghapro, Pasop (avec Ghapro également connu sous le nom de Violett), Alias, Espace P). Le décret sera en vigueur dès demain.

Depuis le 11 juillet, certains groupes avaient déjà été indiqués comme prioritaires pour une "Vaccination Post-Exposition" : il s’agit des personnes ayant un contact à haut risque présentant des risques de développer une forme grave de la maladie. Ces personnes peuvent être vaccinées jusqu’à 14 jours après l’exposition. Il y a encore les personnes ayant eu un contact à très haut risque, comme un contact sexuel, mais dans les quatre jours depuis l’exposition pour prévenir l’infection, ou 14 jours pour en réduire la gravité. 500 doses sont réservées à ces deux catégories.

Plus récemment, le 29 juillet, il a été décidé également que d’autres catégories étaient prioritaires pour la vaccination : les travailleurs du sexe masculins et transgenres (800 doses leur sont réservées) ; les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes qui sont séropositifs ou sous thérapie VIH-Prep et qui ont eu au moins deux MST dans l’année écoulée (1500 doses leur sont réservées) ; les individus atteints de troubles immunitaires graves ; le personnel de laboratoire qui manipule les cultures virales.

Toutes ces personnes vont recevoir une première dose maintenant et une deuxième après les livraisons de vaccins de l’automne. Seules les personnes atteintes d’un trouble immunitaire éligibles à la vaccination recevront leur 2e dose après 28 jours. Cela s’applique également à ceux qui ont eu un contact à haut risque avec un cas confirmé.

Les vaccins ne sont pas très nombreux

Le nombre de vaccins disponibles reste toutefois exigu. Au début de l’épidémie, la Belgique a acheté 200 doses de vaccin de troisième génération contre la variole (Imvanex) et a reçu 3040 doses supplémentaires du vaccin américain Jynneos via la Commission. Ensuite, 30.000 doses supplémentaires ont été commandées auprès de Bavarian Nordic, mais la livraison ne devrait arriver avant le quatrième trimestre, cet automne, donc. Pour s’assurer un nombre de vaccins plus importants, la Commission européenne est en train de négocier avec ce producteur de vaccins pour en augmenter la production d’ici 2023.

Un stock stratégique de vaccins traditionnels existe également, mais son chiffre ne peut être communiqué, car il s’agit d’un secret militaire, explique le ministre Vandenbroucke. Alors que dans certains pays on puise dans ce stock pour avancer dans la vaccination, en Belgique cela n’est pas possible, explique le ministre. "Les effets secondaires sont trop importants par rapport aux symptômes de la variole du singe. En France ou aux Pays-Bas, les stocks stratégiques avaient été alimentés juste avant l’apparition de la variole du singe par des vaccins de nouvelle génération", poursuit-il. Pourquoi la Belgique ne se serait-elle pas dotée de vaccins plus modernes ? Frank Vandenbroucke reste évasif sur ce point.

Même en ciblant des groupes, il n’y aura pas assez de vaccins, mais les autorités affirment qu’après la livraison de l’automne, seront vaccinés d’abord les membres des groupes prioritaires qui n’auraient pas encore reçu leur dose.

Dépistage : augmenter le nombre de laboratoires conventionnés pour un remboursement

Quant au dépistage, le ministre fédéral de la Santé a également rappelé que des accords ont été pris avec deux laboratoires pour le remboursement des tests. En plus de cela, le ministère est en train d’élaborer une convention INAMI permettant d’augmenter le nombre de laboratoires où le dépistage serait remboursé.

Aussi, une ligne verte sera bientôt mise en place : elle sera placée sous la coordination de chaque région.

Si l’on considère l’évolution de la maladie, presque tous les patients (96%) ont présenté des lésions cutanées à un moment donné de l’évolution de la maladie. Près de trois sur quatre présentaient également des symptômes généraux tels que de la fièvre, une sensation générale de malaise ou des ganglions lymphatiques enflés. Ces informations sont importantes pour que les personnes puissent évaluer correctement s’ils ont effectivement la variole du singe : si c’est le cas, elles doivent consulter leur médecin généraliste, qui pourra décider, sur la base des recommandations scientifiques, si un test est approprié.

Pour l’instant, la plupart des patients ont été contaminés lors de rapports sexuels, bien qu’en théorie, l’infection peut arriver même par les gouttelettes de salive ou parle partage de literie, essuies ou vêtements d’une personne contaminée. Les autorités conseillent donc de ne pas multiplier le nombre de partenaires et de s’isoler si on présente les symptômes, et ce, jusqu’au résultat du test.

Quant aux autres précautions, le préservatif reste conseillé, même si les autorités et les experts ne savent pas encore s’il est suffisant. Son utilisation reste recommandée aussi après la guérison de l’infection, par précaution. Il reste en effet plusieurs incertitudes : par exemple, on ne sait pas encore si on est contagieux avant d’avoir des symptômes. On conseille aussi de ne pas avoir de rapports sexuels dans les 21 jours qui suivent un contact avec une personne infectée.

Les dernières précautions s’appliquent si vous avez contracté la variole du singe : s’isoler, ne partager aucun vêtement, essuie ou drap, rester dans une pièce séparée et utiliser un masque lors des déplacements, tout en couvrant les lésions. Toutes ces mesures doivent être appliquées jusqu’à ce que les lésions aient séché et guéri, ce qui prend environ trois semaines.

Sujet JT du 10/08/2022

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