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Vase de noces, le film mystique et subversif de Thierry Zéno sort en version restaurée

Thierry Zéno, Vase de noces

© Thierry Zéno

30 août 2021 à 10:29Temps de lecture2 min
Par Pascal Goffaux

Le mercredi 15 septembre, la Cinémathèque Royale de Belgique et la Cinémathèque de la Fédération Wallonie-Bruxelles publieront un coffret de deux DVD reprenant trois films restaurés de Thierry Zéno.  La Cinémathèque Royale proposera le vendredi 17 septembre une soirée de projection consacrée au cinéaste, en la salle Jacques Ledoux.

Thierry Zéno né à Namur en 1950 est décédé en  2017.Les trois films repris sont : Vase de noces. Il avait marqué les esprits en 1974. Des morts, en 1979, proposait un approche des rites funéraires, sur trois continents et dans six pays dont le Mexique, la Thaïlande et la Belgique.  Bouche sans fond ouverte sur les horizons est le portait d’un artiste de l’art brut, Georges Moinet. Il date de 1971.

Vase de noces, présenté à La Semaine de la critique" à Cannes avait défrayé la chronique. Un homme reclus à la campagne aime une truie. Des porcelets naissent. Il les pend. La mère  découvre les petits cadavres et dans un accès de désespoir se suicide. L’homme n’échapper pas lui non plus à la solution finale.

Le film aborde des tabous et les rend visibles : la zoophilie, l’infanticide, le suicide et la coprologie, car le personnage, joué par Dominique Garny, opère une étrange alchimie avec ses excréments.

Le personnage fait penser à la figure de Saint Antoine le Grand associée aux cochons. L'allusion à Pornocratès, la femme au cochon, de Félicien Rops peut traverser l'esprit. Thierry Zéno était un grand admirateur de l'œuvre de Rops.

Vase de noces est un film mystique, sombre par les thèmes abordés et lumineux par le traitement du noir et blanc. Une lumière douce baigne des scènes insoutenables où le récit flirte avec une forme de théâtre de la cruauté évoquant l’oeuvre d’Antonin Artaud. Le cinéma de Thierry Zéno semble vouloir "en finir avec le jugement de dieu".

Vase de noces est un film subversif à la narration assez classique.

Un film expérimental devenu un "classique" de notre cinématographie.

La bande son, inouïe dans les années ‘70, mêle aussi des sons extrêmes : la musique religieuse de Pérotin et de Monteverdi et des compositions électroacoustiques d’Alain Pierre.

Le cinéaste Guy-Marc Hinant, un ami de Thierry Zéno, a supervisé la colorimétrie des trois films réunis dans le coffret.

Il est au micro de Pascal Goffaux.

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