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Vaux-sur-Sûre: les piscicultures wallonnes sont-elles vouées à disparaître ?

Le ministre wallon Willy Borsu en visite aux étangs de la Strange à Vaux-sur-Sûre
14 avr. 2022 à 09:08 - mise à jour 14 avr. 2022 à 13:11Temps de lecture2 min
Par Cathy Massart avec Nicolas Lefevre

En 1982, on comptait 120 piscicultures en Wallonie, aujourd’hui, elles sont moins de 40. Face à ce phénomène, le ministre wallon de la pêche, Willy Borsus, s’est rendu aux étangs de la Strange à Vaux-sur-Sûre. Il a visité la pisciculture de Freddy Dubois, à Hompré, qui produit 12 à 15 tonnes de truites chaque année, principalement au profit des consommateurs.

Le but était de faire le point sur l’avenir du secteur : la profession est vieillissante, les soutiens manquent pour faire face aux enjeux climatiques et aux pertes liées à la prédation.

Freddy Dubois (pisciculteur) : "Au niveau de la pisciculture cela reste de " l’agriculture " et nous n’avons aucun soutien. Si nous avons des pertes, nous ne recevons rien alors qu’en France il existe des subsides et les pisciculteurs sont aidés en cas, par exemple, de maladie des poissons. Si vous désirez, à l’heure actuelle, vous lancer dans la pisciculture et en vivre, vu le coût d’achat, ce n’est pas viable".

Willy Borsus a profité de cette visite pour annoncer que des mesures seraient prises par la Wallonie, en collaboration avec l’Union européenne.

"Il faut, tout d’abord, soutenir leurs productions. Faire connaître la truite et les débouchés de manière générale. Faire aimer ce produit par les consommateurs, par les transformateurs et par l’Horeca. Il faut aussi répondre à un certain nombre de défis et de problèmes qu’ils rencontrent. Cela peut être des problèmes techniques au niveau sanitaire ou encore des soucis au niveau des investissements et au niveau des formations. Ce sont tout ces volets-là que nous voulons traiter à travers notre nouvelle stratégie piscicole wallonne".

Les piscicultures wallonnes sont-elles vouées à disparaître ?
Les piscicultures wallonnes sont-elles vouées à disparaître ? rtbf.be

L’aquaculture subit les conséquences du réchauffement climatique

Plus les années passent, plus les pisciculteurs doivent s’adapter à différents facteurs que ce sont le réchauffement climatique et la concurrence des produits industriels.

"Nous mettons au moins 6 mois de plus pour faire un poisson par rapport à une pisciculture industrielle, précise Freddy Dubois. L’année passée tout s’est bien déroulé, cette année nous verrons bien. Mais pendant 3 ans, nous avons vécu le calvaire : plus d’eau, de la sécheresse et le réchauffement de l’eau".

L’oxygénation et le refroidissement de l’eau sont des solutions, mais impliquent, évidemment, un surcoût de production.

Les piscicultures n’échappent pas non plus aux conséquences de l’urbanisation qui appauvrit la biodiversité en général, d’où la nécessité d’agir.

Willy Borsus : "Il faut une plus grande préservation de la ressource eau ainsi que des efforts en termes de perméabilisation, de protection des sols, et de verdurisation du territoire ".

Des oiseaux de mauvais augure

La prédation des oiseaux joue, elle aussi, un rôle considérable dans la perte de la production, de – 10 à -15% par an selon l’association des aquaculteurs.

"Il n’y a pas que les cormorans, il y a aussi les hérons et les aigrettes, explique Jean-Marie Clément (pisciculteur). Il y a également ce magnifique oiseau qu’est la cigogne noire. Vu le faible niveau d’eau, n’importe quel oiseau piscivore a accès facilement aux proies aquatiques".

Le ministre wallon, Willy Borsus, a annoncé que des indemnités pourraient désormais être réclamées en cas de pertes et de surcoûts.

Les défis que le secteur doit relever n’en demeurent pas moins nombreux.

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