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Economie

Vendre à perte ou s'exposer à des amendes, ce pompiste liégeois a tranché : il vend au-dessus du prix maximum fixé par la loi

Vendre à perte ou s'exposer à des amendes, ce pompiste liégeois a tranché : il vend au-dessus du prix maximum fixé par la loi

C'est un téléspectateur qui nous a alerté après avoir fait son plein: dans cette pompe de Flémalle, le prix du litre de Super 95 est à 2,141 € le litre, alors que le prix maximum fixé par le gouvernement est de 1,951 ce mercredi 9 mars. 

"Comme si cela ne coutait pas cher assez, il faut qu'ils nous fassent payer encore plus cher", nous écrit Jean-Louis. "Lorsqu'on les contacte, ils disent que c'est le prix auquel ils achètent leur carburant et qu'ils ont le droit de vendre plus cher que le prix officiel! Alors que c'est interdit par la loi!"

Jean-Louis a raison... mais le pompiste a en partie raison aussi. Explication.

Le prix que les propriétaires de stations services et les négociants en combustibles doivent payer pour du diesel ou de l'essence est actuellement plus élevé que le prix maximum qu'ils sont autorisés à facturer aux clients. C'est d'ailleurs ce que dénonçait ce lundi la fédération belge des négociants en combustibles et carburant, la Brafco. Celle-ci demande que le prix maximum existant soit aboli et remplacé par un système de "prix recommandés".

Car en demandant un prix au litre supérieur à celui fixé par le contrat-programme, le pompiste enfreint effectivement la Loi, et s'expose à de solides amendes s'il y a un constat de l'infraction par le SPF Economie, nous confirme Olivier Neyrinck, porte-parole de la BRAFCO. "Mais le problème, c'est que s'il ne le fait pas, il vend à perte, ce qui est aussi interdit par la Loi"

Une augmentation immédiate mais un prix fixé avec retard

Le prix maximum ne s'applique en effet qu'au dernier maillon de la chaîne, c'est-à-dire les propriétaires de stations services et les négociants en combustibles. Mais le problème, selon la Brafco, est que ce prix maximum suit avec un certain retard l'évolution des prix du pétrole sur les marchés internationaux. Cela signifie que les premiers maillons de la chaîne - compagnies pétrolières, importateurs et grossistes - peuvent immédiatement répercuter l'augmentation des prix du marché mondial, tandis que le dernier maillon doit respecter les prix maximums.

Concrètement, les négociants en combustible et propriétaires de stations services vendent actuellement à perte, de l'ordre de 15 à 16 cents par litre, d'après la fédération. "Ils doivent maintenant soit respecter les prix maximums et donc vendre à perte - ce qui est interdit par la loi - soit vendre au-dessus du prix maximum officiel, mais cela non plus n'est pas autorisé", explique Johan Mattart, directeur général de la Brafco. Une troisième option consiste à fermer temporairement la station service, "j'ai entendu que plusieurs exploitations avaient placé des rubalises pour condamner l'accès à leurs pompes aujourd'hui", explique Olivier Neyrinck.

Pour l'organisation représentant les négociants en combustibles et carburant, il est temps d'abolir les prix maximums. Une négociation à ce sujet serait en cours au sein du gouvernement. Les cabinets des ministres fédéraux de l’économie et de l’énergie nous menconfirment que des réunions techniques ont lieu cette semaine afin de trouver une solution. "Mais la réponse est urgente car la situation est intenable", insiste Olivier Neyrinck.

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09 mars 2022 à 15:35
2 min

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