Verviers, Leuze, Beyne-Heusay… : des "hot zones" où les déplacements devraient être réduits selon l’avis du Celeval

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03 août 2020 à 10:48 - mise à jour 03 août 2020 à 12:48Temps de lecture4 min
Par Xavier Lambert

Après avoir tergiversé dans un premier temps, et s’être contenté d’une "pause" dans le déconfinement, le Conseil National de Sécurité a pris des mesures assez dures pour enrayer le rebond du coronavirus en Belgique. En fait, c’est bien simple, face à l’explosion des chiffres, le politique a décidé de suivre à la lettre toutes les recommandations du "Celeval", la cellule d’évaluation de l’évolution de l’épidémie chez nous.

Toutes sauf une, qui n’a pas vraiment été suivie d’effet : dans son rapport, le Celeval recommandait en effet une "sensibilisation maximale" de la part des autorités, afin de "limiter autant que possible les mouvements non essentiels à l’intérieur de la Belgique pour les habitants des villes et communes dont l’incidence hebdomadaire du Covid-19 est de 100 infections ou plus pour 100.000 habitants", sauf dans le cas où ces infections peuvent être réduites à un nombre limité de groupes bien définis (contaminations dans un home ou dans une prison par exemple).

Au moment de la recommandation, 4 communes affichaient cette incidence au-dessus de 1 cas pour 1000 habitant : Anvers, Lint, Borsbeek et Ranst… qui font toutes partie de l’arrondissement d’Anvers. Quelques jours plus tard, amené à donner son avis sur les mesures prises à Anvers, le Celeval estimait que "les mesures prises sont fortes mais cependant non suffisantes. Celeval recommande d’envisager une interdiction des déplacements non essentiels de et vers la zone la plus touchée".

Une recommandation qui rejoint l’avis exprimé par Emmanuel André, selon lequel les Anversois "ne devraient plus se rendre à la Côte" ni dans les Ardennes. Lequel précisait : "Nous dirons également cela d’ici quelques jours ou quelques semaines pour Liège, Namur ou Bruxelles".

Et lors de sa réunion du vendredi 31 juillet, le Celeval précise justement qu'elle "n'est pas favorable à des mesures de fermeture entre provinces ou communes", mais "souligne également la possibilité toujours croissante de contaminations en dehors de ces "hot zones" et lance un appel supplémentaire aux autorités locales pour qu'elles réagissent à temps et même de manière anticipée, en tenant compte de la saison touristique actuelle".

Nous avons toutefois voulu voir une semaine plus tard quelles communes seraient concernées par cette recommandation du Celeval. Et pour coller au plus près de l’actualité, nous nous sommes basés sur les calculs de la VUB, repris sur le site coronafcats.be, eux-mêmes basés sur les chiffres en open data de Sciensano. Et elles ne sont pas moins de 15 aujourd’hui…

Les communes "anversoises"

Outre Anvers, qui affiche un taux d’incidence de près de 200 sur 7 jours, une série de petites communes périphériques semblent atteintes par ce que certains appellent la "tache d’huile": les contaminations se répandent progressivement autour de la métropole, car les patients porteurs s’y déplacent.

On trouve ainsi Wijnegem avec une incidence de 214, Borsbeek avec 203, Boom avec 197 et Niel avec 105.

Les foyers liégeois

Le nombre de contaminations a grimpé en une semaine en province de Liège. Et ce notamment à cause d’une série de foyers dans des petites communes autour de Verviers.

Verviers où un foyer avait été identifié dans un home pour personnes handicapées, mais qui a encore enregistré 10 nouveaux diagnostics le 1er août, ce qui faisait 32 cas en 3 jours. Le taux d’incidence y était le 2 août de 113 cas pour 100.000 habitants.

Autour, Dison affiche un taux de 151 cas pour 100.000 habitants, et plus près de Liège, Beyne-Heusay (126 cas pour 100.000 habitants), et Saint-Nicolas (103 cas pour 100.000 habitants).

En Flandre orientale

La commune de Lokeren affiche une incidence de 109 cas pour 100.000 habitants sur une semaine. Plus proche de la frontière linguistique, la petite commune de Brakel (10.000 habitants) a en date du 3 août un des taux d’incidence les plus élevés du Royaume, estimé à 216 par la VUB.

Avec encore 6 nouveaux cas diagnostiqués ce 2 août, cela fait 16 cas en 3 jours, 32 sur une semaine !

Le bourgmestre avait toutefois décidé dès vendredi l’instauration de nouvelles mesures, "plus strictes qu’à Anvers", visant à ralentir la propagation du coronavirus sur son territoire. Les heures d’ouverture des établissements Horeca y sont raccourcies, les rencontres de football annulées et le port du masque rendu obligatoire presque partout.

Le long de la frontière linguistique

Plusieurs communes proches de la frontière linguistique affichent des taux d’incidence assez élevés, qui justifieraient des "mini-lockdowns", à l’instar de Brakel : c’est le cas de Gammerages (Galmaarden), avec 126 cas pour 100.000 habitants, mais aussi de Deerlijk (taux d’incidence de 100). Et côté wallon de Leuze-en-Hainaut, où on a enregistré 14 cas en une semaine, ce qui pour cette commune de 13.000 habitants, donne un taux d’incidence de 101

Quelques communes isolées en Wallonie

Dans les petites communes, un foyer important mais très localisé peut tout de suite donner un taux d’incidence très élevé.

C’est le cas par exemple à Montigny-le-Tilleul, où le taux d’incidence est estimé par la VUB à 148. Dans cette commune de 10.000 habitants, où seulement 59 cas ont été diagnostiqués depuis le début de l’épidémie, 15 l’ont été la semaine dernière, dont 11 sur les 3 derniers jours. Mais selon notre reportage, l'intégralité de ces derniers cas viennent en fait d'une maison de repos, où s'est développé un foyer. L'ensemble des résidents et des soignants ont été testés, et les trois maisons de repos de l'entité ont été confinées. Le foyer est donc a priori circonscrit.

Et à Etalle, le taux d’incidence a grimpé à 153, parce qu’on vient d’y diagnostiquer 9 cas au cours des 3 derniers jours. Mais il peut s’agir d’un seul dépistage dans cette commune proche de la frontière luxembourgeoise, tout comme un jour de diagnostic à Aubange avait fait grimper le taux d’incidence de cette commune voisine au sommet du pays. Le nombre de cas diagnostiqués y semble heureusement en baisse depuis.

Les communes sans cas

A l’inverse, 132 communes étaient "corona-free", soit avec zéro cas diagnostiqué sur deux semaines…

JT du 03/08/2020 : faut-il confiner Montigny-Le-Tilleul ?

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