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Regions Liège

Villers-le-Bouillet : des essais de culture de chanvre textile sur une parcelle pilote de trois hectares

Le chanvre textile

Le chanvre textile peut-il devenir une source locale de fibres écologiques en s’inspirant de la culture et du traitement du lin ?

La Wallonie finance des essais à l’échelle industrielle. ValBiom, une asbl active dans la valorisation de la biomasse, les coordonne.

Ces tests pour la production de fibres longues dédiées au textile ont débuté il y a trois ans. Des comparaisons de variétés ont été menées. Elles se poursuivent. L’an dernier, un test en grande culture a été réalisé sur un hectare à Villers-le-Bouillet en province de Liège. Cette année, la superficie de la parcelle pilote de chanvre a été portée à 3 hectares.

Les essais déjà menés ont apporté leur lot d’enseignements. "C’est prometteur.", annonce Valentine Donck, chef de projets chez ValBiom, "On arrive à produire une matière, déjà à ce stade-ci, qui n’est pas parfaite, mais il y a déjà une demande pour cette matière-là. Et on a encore une marge d’amélioration. On a réussi à mécaniser, c’est quand même aussi une grande première. Mais là aussi, il y a encore des marges d’amélioration."

Des produits tirés du chanvre
Des produits tirés du chanvre RTBF – Martial Giot

Le modèle est donc celui de la culture du lin. Quelles sont les différences ? "Il y a une grande différence entre le lin et le chanvre, c’est la taille.", répond Valentine Donck, "Les unités de transformation du lin sont calibrées pour traiter des pailles qui font un mètre. Le chanvre va facilement faire deux mètres. Donc on a déjà là une première difficulté. Aussi, au niveau qualité, il y a des différences. Le lin, à un moment donné, les fibres sont matures et puis la qualité ne va pas spécialement se dégrader. Avec le chanvre, après floraison, apparaissent ce qu’on appelle les fibres secondaires qui vont nuire à la qualité. Donc on doit encore apprendre quels sont les moments idéaux de récolte."

Valentine Donck détaille aussi les tests qui seront menés grâce aux trois hectares de chanvre semés à Villers-le-Bouillet : "On va tester les rendements en variétés, les pourcentages obtenus en fibres longues, les qualités. On va aussi prélever les parties supérieures des tiges et on va voir ce qu’elles comportent en molécules d’intérêt pour voir s’il n’y a pas un potentiel là aussi pour utiliser les molécules dans l’idée de vraiment valoriser un maximum la plante. On va tester différents moments de coupe pour voir aussi cette fameuse qualité textile, voir quand est le moment idéal. On a aussi le coproduit, la chènevotte, qui peut être utilisée dans une entreprise ici en Wallonie, Isohemp. Ils font des briques chaux/chanvre.".

En ce qui concerne le filage des fibres longues déjà obtenues sur la parcelle, Valentine Donck explique : "On est en attente. On a fait des fils en mélange, basés sur un autre principe. Ici, les fibres longues, on a donc notre stock de la culture de l’année passée. Maintenant on attend de filer ces fibres pour obtenir un fil et puis ensuite un tissu. On espère arriver à ça encore cette année."

La parcelle pilote de Villers-le-Bouillet
La parcelle pilote de Villers-le-Bouillet RTBF – Martial Giot

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