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Vincent Firelife, le Youtubeur français qui s’est immergé pendant 15 jours dans le quotidien des pompiers de Bruxelles

Vincent Firelife a 34 ans et rencontre les pompiers du monde entier.

"Dispatching, dispatching ! Les secours Delta sur place ! Dégagement de fumées deuxième étage !" La bande-annonce nous met immédiatement dans l’ambiance : celle, rythmée et chargée d’adrénaline, du quotidien des pompiers de Bruxelles. Une ambiance que rend parfaitement l’immersion réalisée par Vincent Firelife, de son vrai nom Vincent Guyard.

Cet ancien pompier de Paris, âgé de 34 ans, dispose d’une chaîne Youtube dans laquelle il présente le travail de plusieurs corps de pompiers, en France et dans le monde. Après Taiwan, l’Australie, la Californie, il a baladé ses caméras et son drone dans la caserne centrale de l’Héliport. "J’y avais ma petite chambre et j’y ai dormi 15 jours", raconte-t-il à la RTBF.

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Une présence longue et ininterrompue qui lui a permis de côtoyer en permanence les équipes du SIAMU, dans leurs sorties sur le terrain et dans leurs moments de repos. Départs en urgence, sauvetages, extinction de feux, petits et grands, et beaucoup témoignages, du deuil et de la douleur après la perte d’un collègue… Voilà le résultat proposé dans une série de vidéos que Vincent Firelife va mettre en ligne à partir de cette semaine sur sa chaîne.

C’est au début de Youtube, en 2007, que Vincent Guyard réalise ses premières vidéos. "Comme je viens de Lyon, et que je travaillais à Paris, cela me permettait de montrer mon travail à ma famille", explique Vincent. "Youtube à l’époque n’était qu’une plateforme de mise en ligne, pas encore un vrai réseau social." Son projet va ensuite prendre de l’ampleur pour devenir une vraie chaîne avec une communauté de suiveurs, principalement des gens du métier.

C’est vraiment mon mode de vie

Celui qui a fréquenté ses premières casernes à 11 ans et est devenu volontaire à 16 ans dans le Rhône, a adopté un mode de vie particulier. "C’est sac à dos, parfois vélo, avec toutes mes affaires dedans. Et je voyage un peu partout pour visiter les corps de pompiers et les services de secours. Cela me plaît ! C’est vraiment mon mode de vie."

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Au lendemain de la mort du sergent-major Spelmans

Les pompiers de Bruxelles, Vincent décide de s’y intéresser suite au décès, le mois dernier, de "Jeff", Jean-François Spelmans, sergent-major, lors d’une mission dans l’ancien hôtel Sheraton de la place Rogier. Mais les premiers contacts sont anciens. "J’ai rencontré des pompiers de Bruxelles, de la caserne de l’Héliport, il y a quelques années, en Chine, lors d’une compétition de secours sur corde. Et on s’était revu lors d’un défi français, "Flammes de la mémoire", en hommage aux sapeurs-pompiers morts au feu."

Lorsque survient la disparition de "Jeff", Vincent propose à ses connaissances bruxelloises de venir dans notre capitale pour filmer les hommages et les funérailles. Contacts sont pris avec la famille Spelmans et la hiérarchie du SIAMU, qui acceptent. "De là, je suis arrivé, avec mes bagages et mes caméras. La vidéo leur a plu." Elle fera près de 50.000 vues.

"Je leur ai alors dit que s’il voulait, je pouvais rester pour les accompagner quelques jours. Du coup, ils m’ont logé à l’Héliport et donner les autorisations pour partir sur les interventions."

Plus facile pour les accompagner

Vincent va donc immortaliser les lendemains du drame, la manière dont le personnel du SIAMU va tenter de s’en relever tout en poursuivant ses tâches. Le Youtubeur, rompu à l’exercice, sera donc aux premières loges pour rendre compte, au plus près, des risques pris par les pompiers bruxellois. "Ayant moi-même été pompier, c’était plus facile pour les accompagner, pour les filmer sans les déranger, pour s’effacer tout en leur permettant de mener à bien leurs interventions…"

Vincent et les pompiers bruxellois parlent le même langage, créant ainsi une proximité et une complicité. Vincent recueillera le témoignage du frère de Jean-François Spelmans, lui aussi pompier à Anderlecht. Rencontre touchante.

"J’ai réussi à m’intégrer dans la caserne. C’est comme cela que je fonctionne. Je remarque aussi que quand je braque ma caméra sur un pompier et comme on a beaucoup discuté avant, les gens me connaissent et ne s’aperçoivent même plus que je les filme. Ils discutent avec moi comme s’ils discutaient avec un ami. Mes vidéos sont plus intimistes. A Bruxelles, c’était vraiment une très belle expérience. C’est la première fois qu’on me faisait autant confiance, moi simple Youtubeur que je suis, et qu’on me laissait partir sur les interventions en toute autonomie."

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Comprendre la réalité de la profession

Vincent Firelife, Youtubeur, compte 37.000 abonnés. Mais il l’assure : "Je ne fais pas des vidéos pour faire des vidéos. Je fais cela parce que j’aime ça ! Les copains que je me fais lors de mes voyages sont contents de mes vidéos. Ils les montrent à leurs proches, à leurs enfants, pour leur dire : 'Regarde Papa ce qu’il fait comme travail'. Et comme je mets beaucoup de bienveillance dans mes films, tout le monde peut les visionner, la personne qui ne connaît le métier comme un jeune passionné qui veut devenir pompier. J’essaie d’être le plus grand public pour que les gens comprennent la réalité de cette profession."

Une réalité différente d’un pays à l’autre, d’une ville à l’autre. "J’essaie aussi d’expliquer dans mes vidéos comment fonctionner les différents corps de pompiers, d’un point de vue organisationnel et institutionnel."

Ce que Vincent, qui propose des formations sur le métier de pompier pour financer ses voyages, retiendra de son passage à Bruxelles : "Même si un pompier reste un pompier, même si tous les pompiers ont la même fibre, j’ai tout de même rencontré à Bruxelles des gens vraiment gentils, bienveillants, des passionnés, qui ont beaucoup de sang-froid, beaucoup d’humour…"

Il se voit aussi "comme un pont. C’est ça que j’aime, c’est puissant et ça me motive de faire plein de rencontres."

 

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