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Vincent Taloche, sur son ami Pierre Rapsat : "Un mec qui mélangeait talent et modestie"

Vincent Taloche, pour les 20 ans du décès de Pierre Rapsat

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Vincent Taloche était l'invité du 8/9 pour commémorer les 20 ans de la disparition de Pierre Rapsat. Il a évoqué ses souvenirs partagés avec son ami verviétois, aux côtés des analyses de sa carrière avec Bruno Tummers.

C'est incontestablement l'un des décès qui reste en mémoire de tous les Belges. Il y a tout juste 20 ans, Pierre Rapsat nous quittait, emporté par le cancer à l'âge de 53 ans.

Ses chansons sont à jamais gravées en nous et pour beaucoup, elles sont associées à des souvenirs marquants de nos vies : Illusions, Ensemble, Les rêves sont en nous, Passagers de la nuit, Elle m’appelle...

Vincent Taloche était ami avec Pierre Rapsat. C'est donc naturellement que Vincent a évoqué ses souvenirs aux côtés de notre chroniqueur musical, Bruno Tummers.

Un artiste d'une humilité incroyable

Vincent Taloche et Pierre Rapsat partageaient plusieurs points communs, le premier étant de résider dans ce véritable centre artistique fournisseur de grands talents qu'est la ville de Verviers.

L'humoriste est alors tout jeune quand il assiste à son tout premier concert au Grand théâtre de cette ville. Il vient admirer Pierre Rapsat. "J'ignorais à l'époque que j'allais devenir son ami (...) dans les dernières années (de sa vie)" confie-t-il. "Mon premier émoi dans une salle, c'était Pierre Rapsat. Puis après je l'ai vu souvent sur scène, j'ai même eu la chance de faire des duos avec lui. C'est l'homme qui m'a vraiment marqué".

Si le comédien de 52 ans se remémore très bien son amitié avec l'interprète de Judy & Cie, c'est tant sa musique que pour ses qualités personnelles. "C'est un des plus grands mélodistes belges qu'on ait connu, c'est évident vu le nombre de tubes" pointe-t-il. "Il avait beaucoup de sens de l'humour. Je lui faisais faire des sketchs parfois un peu improbables et il était toujours partant. C'était quelqu'un d'une humilité comme j'ai rarement rencontrée dans le métier. Malgré le nombre de tubes qu'il avait enchaînés, c'était quelqu'un qui s'intéressait à tout et tout le temps".

Vincent et Pierre sont même partis en vacances ensemble. "C'est là que j'ai découvert qu'on avait le même sens de l'humour" révèle-t-il.

Adulé en Belgique mais presque inconnu en France

Pierre Rapsat a considérablement marqué le public belge avec ses mélodies imparables et ses différents exploits sur scène. Mais une grande énigme entoure souvent sa carrière : comment n'a-t-il pas réussi à percer dans les autres pays francophones ? 

"Il a fait une carrière sur la Belgique, c'était un précurseur. Beaucoup font cela maintenant, c'est le cas de Typh Barrow, de Suarez et de Puggy qui arrivent à vivre de leur métier uniquement sur le côté francophone de la Belgique. (...) Il y a eu des concerts en France mais il n'a jamais réussi à y imposer des tubes" analyse ainsi Bruno Tummers.

Une question de génération sans doute. En effet, aujourd'hui, on ne compte plus le nombre de talents belges qui s'exportent à l'international. Mais ce n'est pas le seul élément de réponse selon le chroniqueur musical : "Il aurait dû partir à Paris, s'investir et peut-être faire partie du showbiz mais ce n'était pas sa nature".

Des propos corroborés par Vincent Taloche, dont le duo avec son frère était l'exception belge à Paris, grâce au sketch mythique sur J'ai encore rêvé d'elle. "Il y avait une sorte d'inquiétude parce que le Belge n'était pas à la mode à Paris comme c'est le cas maintenant. Il s'intéressait et posait plein de questions mais ce qui est fabuleux chez lui est qu'il n'y avait jamais une pointe d'aigreur ou d'envie. Il était content pour nous, s'intéressait comment le public parisien réfléchissait".

Cet 'échec' en France, Pierre Rapsat "ne le vivait pas mal du tout", preuve de son incroyable bienveillance :

C'était un mec humainement bien, qui est une leçon du mélange de talent et de modestie. J'ai rarement rencontré cela.

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Les dernières illusions

Preuve de son immense popularité en Belgique francophone, la scène principale des Francofolies de Spa a été rebaptisée scène Pierre Rapsat. L'artiste belge disparu à 53 ans était en fait à l'initiative du festival. Devenu membre du comité de programmation, il était le lien entre le créateur des Francofolies de La Rochelle et l'équipe directrice de Spa. "Il écoutait les nouveaux talents, s'intéressait beaucoup à la génération émergente" résume Bruno Tummers.

Son décès a résonné comme un choc pour plusieurs générations. Vincent Taloche garde en mémoire les derniers instants de sa vie et l'annonce de sa mort. "C'était un dimanche, je devais aller le lendemain chez lui. Quand on m'annonce cela, c'est comme si pour moi il n'avait même pas été malade alors qu'il l'était évidemment. Ses derniers concerts étaient très compliqués, on voyait quelqu'un d'affaibli. Il était venu faire un duo sur un Signé Taloche et on sentait qu'il était très fatigué".

Fatigué, il montera une dernière fois sur scène au Cirque Royal pour un concert mythique, et qui laisse, à jamais, ses rêves en nous.

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Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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