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Politique

Vincent Van Quickenborne (Open Vld) : "Je n’ai pas attendu ce drame de Strépy-Bracquegnies pour me battre pour la sécurité routière"

Vincent Van Quickenborne (Open Vld) : "Je n’ai pas attendu ce drame de Strépy-Bracquegnies pour me battre pour la sécurité routière"
22 mars 2022 à 08:023 min
Par Daphné Van Ossel sur la base d'une interview menée par Thomas Gadisseux et François Heureux

L'invité de Matin Première: Vincent Van Quickenborne

Le Plan fédéral de sécurité routière est-il suffisant ?

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Le bilan est toujours de six morts après la collision entre un véhicule et un groupe de Gilles à Strépy-Bracquegnies.

Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne l’a confirmé ce mardi matin au micro de Thomas Gadisseux sur La Première : le conducteur a été placé sous mandat d’arrêt et inculpé pour homicide involontaire et coups et blessures involontaires, tandis que le passager a été inculpé de non-assistance à personne en danger et a été remis en liberté.

Les faits ne sont donc plus qualifiés de meurtres. Cela veut dire que le chauffeur risque une peine de 3 mois à 5 ans de prison. Il y a, notamment à La Louvière, une colère qui gronde, une incompréhension vu la gravité des faits. Ne va-t-il pas falloir gérer cette émotion, politiquement aussi ?

Je comprends le malaise.

Oui, absolument, répond le ministre. C’est une tragédie totale et je comprends bien évidemment les réactions, le malaise aussi. Ce gouvernement, dès le début, s’est montré très fort pour garantir la sécurité routière. Il faut que le parquet national soit installé au plus vite. Il faut qu’on augmente aussi nos actions, notamment au niveau des contrôles de drogue et d’alcool. Il faut que le monde politique augmente les chances d’être attrapé pour que les gens adaptent leur comportement, notamment en ce qui concerne la vitesse.”

“Vous savez, ajoute Vincent Van Quickenborne, moi, je me bats contre la criminalité. Il y a aussi la criminalité routière et pour moi cette criminalité est une criminalité importante sur laquelle il faut s’orienter.

Je me bats contre la criminalité. Il y a aussi la criminalité routière.

Qu’a donc mis en place le gouvernement, qui a fait de la sécurité routière une de ses priorités dans son plan national de la sécurité, adopté récemment ? Quelles sont les mesures derrière le slogan politique tolérance 0 ?

Je n’ai pas attendu ce drame pour me battre pour la sécurité routière, affirme le ministre, notamment avec mes collègues de la Mobilité et de l’Intérieur. En 2019, avant la pandémie, il y avait 68 personnes tuées sur les autoroutes en Wallonie et 50 en Flandre. On a donc décidé de créer un parquet national pour la sécurité routière, pour avoir des règles qui valent pour tout le territoire. La loi a été votée. On est en train d’engager les personnes. Le but, c’est que les radars tronçons puissent être actifs 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ça veut dire plus de marge de tolérance, plus de quotas.”

Il existe encore en Wallonie des marges de tolérance peu explicables.

En Flandre, on travaille plutôt avec des quotas, c’est-à-dire que le radar tronçon est activé une semaine sur deux, tandis qu’en Wallonie, on fonctionne plus avec des marges de tolérance, on met la vitesse maximale à 141 voire 145 km/h. Il existe encore en Wallonie des marges de tolérance peu explicables. On va les diminuer, et finalement les annuler. Le but c’est que la chance d’être attrapé augmente fortement. Il faut savoir que dans 30% des cas, la vitesse est responsable pour les accidents mortels. ”

Le ministre rappelle par ailleurs que le nombre de tests salivaires va être triplé.

Voilà pour la répression, mais qu’en est-il des peines ? Seront-elles plus sévères. Vincent Van Quickenborne rappelle que les sanctions ont été renforcées par son prédécesseur Koen Geens (Justice), avec François Bellot (Mobilité) : “La récidive en cas de conduite sans permis et punissable jusqu’à 4 ans. La récidive en cas de délit de fuite jusqu’à 8 ans.

Les peines alternatives ont plus d’effets sur la récidive.

Mais, ajoute le ministre de la Justice, une étude de Vias montre que des peines alternatives, comme des formations obligatoires, ont plus d’effets sur la récidive, notamment une diminution des récidives de 41%. Et je soutiens mon collègue Georges Gilkinet quand il plaide pour une formation éducative et de sensibilisation pour ce genre de personne.”

Quelles autres actions, justement, seront mises en place, en dehors de la répression, pour changer les comportements, changer cette culture de fascination de la vitesse ? Le conducteur impliqué dans le drame de Strépy-Bracquegnies a notamment posté sur les réseaux sociaux des vidéos de ses “exploits” de vitesse sur les routes. “Il faut savoir qu’une personne qui réalise des vidéos de son comportement dangereux au volant peut être sanctionnée. Il faut que la police et le parquet veillent plus systématiquement sur internet.”

86 personnes seront engagées.

Enfin, le système judiciaire aura-t-il les moyens de ses ambitions ? Y aura-t-il un vrai suivi ? Vincent Van Quickenborne promet que les moyens vont suivre : “Le parquet national que l’on va créer va décharger les parquets locaux des petites infractions, et en même temps, les parquets et tribunaux locaux de police seront renforcés : 86 personnes seront engagées.”

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